Approche tissulaire de l'ostéopathie

De l'intention

livre_intentionpdf_button Je suis actuellement plongé dans la lecture d’un ouvrage de Lynne McTaggart La science de l’intention,1que je trouve passionnant. Cet ouvrage s’intéresse à l’influence que peut avoir l’intention sur la vie et le vivant, sur notre vie et la vie d’autrui. La réalité du pouvoir de l’intention n’est pour moi aujourd’hui sujette à aucun doute. Je l’utilise le plus consciemment possible dans ma vie courante, aussi bien personnelle que professionnelle. Avec la présence et l’attention, je la considère comme un des outils les plus fondamentaux de la conscience. Sa reconnaissance et son utilisation sont des éléments essentiels dans le fonctionnement d’un praticien d’approche tissulaire. Il en est sans doute de même pour tout praticien, qu’il en ait conscience ou non. Pour formuler son importance, j’utilise toujours cette phrase :

À l’intention, la vie répond – ou tente de répondre –, à la force, elle se soumet.

Ce qui m’a passionné dans l’ouvrage de McTaggart, c’est qu’elle ne se contente pas d’émettre des hypothèses sur la question, ni de relater des faits connus et probants semblant démontrer le réel pouvoir de l’intention. Son orientation est autre : elle a collationné un nombre important de recherches scientifiques dont l’objectif n’était pas de montrer la réalité et l’efficacité de l’intention, mais bien plutôt de déterminer si elle a réellement une efficacité. Et ce rassemblement de recherches (souvent effectuées par des sceptiques) est bel et bien probant.

Modus-operandi

Si la réalité des effets de l’intention semble bien réelle, une question demeure quant à son utilisation consciente : quelle manière de la mettre en œuvre est la plus efficace ? Une remarque pertinente (de mon point de vue...) soulevée par McTaggart est que bien souvent, pour aider une personne en difficulté, on utilise des intentions destructrices : il s’agit de mettre fin à des processus considérés comme pathogènes ou destructeurs. Et de cette remarque sont nées des recherches ayant comme objectif la détermination des stratégies les plus performantes dans l’utilisation de l’intention.

McTaggart évoque l’une de ces recherches, pour laquelle un biologiste américain, Glen Rein a recruté Leonard Laskow un gynécologue réputé, également guérisseur,2 afin d’étudier la stratégie de guérison la plus efficace pour freiner la croissance de cellules cancéreuses. À cet effet, Rein prépara cinq boîtes de Petri, contenant chacune un nombre identique de cellules cancéreuses et demanda à Laskow d’émettre une intention différente pour chacune d’elle, alors qu’il la tenait en main.

Pour la première, Laskow devait formuler l’intention que l’ordre naturel soit rétabli et que le taux de croissance des cellules revienne à la normale.

Pour la seconde, il devait utiliser une visualisation taoïste consistant à imaginer que seulement trois des cellules cancéreuses demeurent dans la boîte de Petri une fois le traitement terminé.

Pour la troisième, aucune intention ne devait être formulée directement. Seulement demander à Dieu de faire circuler Son énergie curative par l’entremise de ses mains.

Pour la quatrième, il devait offrir un amour inconditionnel aux cellules cancéreuses, ce qu’il faisait en méditant dans un état d’amour et de compassion.

À la cinquième boîte enfin, Laskow devait transmettre une intention destructrice, en visualisant la dématérialisation des cellules par leur entrée dans la lumière ou leur disparition dans le vide.

Pour évaluer l’efficacité de Laskow, Rein utilisa le mesurage de la quantité de thymidine radioactive absorbée par les cellules cancéreuses, un indicateur reconnu comme fiable du taux de croissance des cellules malignes.

« Les diverses intentions de Laskow eurent chacune des effets assez différents. La plus puissante fut la première intention demandant aux cellules de revenir à l'ordre naturel des choses, ce qui ralentit de 39 % la croissance des cellules cancéreuses. Le fait de consentir à ce que la volonté divine soit faite sans qu'une demande spécifique soit formulée fut environ moitié moins efficace, puisqu'elle freina par une marge de 21 % la croissance des cellules, ce qui correspond aussi au résultat obtenu avec la visualisation taoïste. L'acceptation inconditionnelle de l'état actuel des choses n'eut aucun effet, pas plus que l'idée d'imaginer que les cellules se dématérialisaient. Dans ces deux cas, le problème tenait peut-être au fait que la pensée n'était tout simplement pas assez focalisée.

Dans une étude subséquente, Rein demanda à Laskow de limiter tes efforts à deux possibilités : recourir à la visualisation taoïste et demander que les cellules retrouvent leur taux naturel de croissance. Cette fois, il obtint un résultat identique avec les deux intentions, et la croissance des cellules cancéreuses fut freinée par une marge de 20 %. L'effet le plus fort fut obtenu lorsqu'il combina les deux approches en associant une intention d'un retour à l'ordre naturel des choses avec la visualisation que seulement trois cellules demeuraient vivantes dans la boîte. Cette fois, le taux d'inhibition de la croissance cellulaire doubla à 40 %. Manifestement, demander à l'univers de ramener l'ordre naturel tout en imaginant un résultat précis exerçait un puissant effet. Rein demanda ensuite à Laskow de répéter cette approche combinée, mais cette fois en ciblant le substrat dans lequel les cellules cancéreuses se multipliaient plutôt que les cellules elles-mêmes. Laskow parvint alors au même résultat que lorsqu'il se concentrait directement sur l'ensemble des cellules.

Finalement, Rein donna pour instructions à Laskow de se concentrer sur chacune des cinq intentions initiales tout en tenant successivement dans ses mains chacune des cinq fioles d'eau qui seraient ensuite utilisées pour préparer le milieu de culture de tissus nécessaire à la croissance des cellules cancéreuses. Encore une fois, l'eau traitée avec l'intention d'un retour à l'ordre naturel donna les meilleurs résultats, favorisant une inhibition de la croissance de l'ordre de 28 %. Dans ce cas, l'eau avait apparemment ‘ emmagasiné ‘ les intentions reçues et les avait transférées au milieu de culture ainsi qu'aux cellules cancéreuses » (McTaggart, 228-229).

L'approche suivie par Laskow est instructive à maints égards. L'intention de guérison la plus efficace semble être celle qui a été formulée sous forme d'une requête, combinée à une visualisation très précise du résultat souhaité, mais sans chercher la destruction de quoi que ce soit.

« En guérison, l'approche la plus efficace ne consiste peut-être pas à vouloir détruire la source de la maladie mais bien plutôt, comme pour d'autres formes d'intentions, à se mettre en retrait, à ne pas s'attacher à un résultat prédéterminé, et à permettre à l'intelligence de la vie de rétablir l'ordre naturel des choses » (McTaggart, 229).

Et pour nous aussi, du même coup, cela peut être important, parce que cette recherche nous fournit une orientation pour formuler nos intentions de séances, qui doivent, évidemment, s’orienter vers la demande symptomatique du patient, mais également faire confiance à la sagesse de l’esprit d’organisation, bien mieux capable que nous de faire ce qui convient pour retrouver le chemin de la santé. Cela va finalement bien dans le sens de la philosophie de Still et des indications de Rollin Becker.


1 Lynne McTaggart, La Science de l’intention. Ariane, Outremont (Quebec) 2008. ISBN : 978-2-89626-034-8.
2 Leonard Laskow est également l’auteur d’un ouvrage traduit en français : L'Amour, énergie subtile de la guérison. Dangles, Saint-Jean de Braye, 1996. ISBN : 2-7033-0441-2.

 
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