Approche tissulaire de l'ostéopathie

Biologie des croyances

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livre_intentionpdf_buttonComme beaucoup d’ouvrages qui furent pour moi déterminants, ce livre m’est « tombé dans les mains » sans que je le cherche, recommandé par un ami. Pourtant, quel titre bizarre... Oser associer biologie et croyance, montre une prétention scabreuse, ou un sens de la dérision affûté, à moins qu’il ne s’agisse de révélations particulièrement sulfureuses... C’est essentiellement la qualité de cet ami, n’appartenant pas, selon moi, à la catégorie des « illuminés », qui a vaincu ma réticence et m’a poussé à le lire. De plus, la découverte de la qualité de l’auteur a fait s’évanouir les réticences qui demeuraient en moi. En effet, ce livre n’a pas été écrit par quelque auteur New Age comme il en fleurit tant ces dernières années, particulièrement aux USA, mais par un biologiste de haut niveau, réputé dans sa spécialité pour avoir publié dans les domaines de la biologie et de la microbiologie cellulaires, en son nom ou au sein d’équipes de chercheurs, nombre de travaux tout à fait reconnus par la communauté scientifique. Enfin, l’association de deux termes aussi contradictoires que biologie et croyancea attisé ma curiosité. Je me suis notamment demandé comment l’auteur allait négocier cette antinomie. Je n’ai pas été déçu...

La cellule n’est plus ce que l’on croyait...

Depuis l’origine de leurs études, les scientifiques considèrent les organismes du bas de l’échelle de l’évolution, comme « inférieurs, » non intelligents. Cela inclut évidemment la cellule. Pourtant, la cellule individuelle est capable, comme les organismes dits évolués, d’apprendre à partir de l’expérience vécue dans son milieu. Elle peut créer une mémoire cellulaire et la transmettre à ses descendants. « Par exemple, lorsque le virus de la rougeole infecte un enfant, une cellule immunitaire immature agit pour créer un anticorps protéique contre ce virus. La première étape de la génération d’un gène d’anticorps spécifique à la rougeole se déroule dans le noyau des cellules immunitaires immatures. En assemblant et recombinant de façon aléatoire ces segments d’ADN, les cellules immunitaires créent une grande collection de gènes différents, chacun fournissant une protéine d’anticorps de forme unique. Dans ce processus, la cellule a non seulement ‘ appris ’ sur le virus de la rougeole, mais elle a aussi créé une mémoire qui se transmettra et se propagera à sa descendance » (Lipton, 2006, 44).

Spécialisation + coopération + intelligence = organisation

Lipton pointe un fait intéressant : alors que les communautés cellulaires apparaissent macroscopiquement comme des entités individuelles – une souris, un chien un homme –, elles sont en fait (microscopiquement) des associations hautement organisées de millions et de milliards de cellules, conséquence de l’impératif biologique lié à la survie qui les pousse à se regrouper et se spécialiser pour mieux survivre face à l’environnement. Cet impératif est l’origine du processus évolutionnaire.

Spécialisation

Pour étayer son propos, Lipton évoque l’exemple de Henry Ford qui a compris que la spécialisation pouvait être un outil de productivité : elle lui a permis de produire une nouvelle automobile en 90 minutes plutôt qu’en quelques semaines.

Intelligence

Allons plus loin, les capacités des cellules à se regrouper et à se spécialiser démontrent également une remarquable intelligence organisatrice, mise au service de la survie de la communauté, plutôt que de l’individu.

Coopération

Alors que la théorie de l’évolution avancée par Darwin (la lutte sans merci pour la survie et la survie exclusive du plus fort) pointe sur l’individualisme, Lipton insiste sur le fait que c’est plutôt la coopération et l’union vers la réalisation d’un objectif commun qui domine l’organisation du vivant. Il n’oublie pas non plus de faire remarquer que bien que Darwin nous apparaisse aujourd’hui comme le plus éminent évolutionniste, le premier scientifique à avoir établi les fondements scientifiques de l’évolution est le biologiste français Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck (1744-1829).

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