Approche tissulaire de l'ostéopathie

Tenségrité

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Expérience palpatoire crânienne

Au début des stages de niveau 1 d’approche tissulaire, après avoir décrit les paramètres de palpation, nous demandons aux participants de contacter le crâne de leur patient et, doucement, très lentement, très progressivement, de commencer à le comprimer vers le centre et d’augmenter en même temps progressivement la tension (isométrique) dans leurs mains. Lorsque les participants le font de manière suffisamment progressive, ils parviennent à la perception d’une plasticité, c’est-à-dire la sensation d’avoir sous la main une boule qui bouge et se déforme sous la pression. Voilà, selon moi, une perception typique de tenségrité.

Le chemin : perception, puis la modélisation

Régressons. Imaginons les premiers contacts de Sutherland avec son propre crâne et avec celui d’autres personnes vivantes, avant qu’un modèle précis d’organisation n’ait été élaboré. On peut imaginer – et seulement imaginer, parce que nous n’avons aucun compte-rendu sur ces premières expériences – que sans modèle préconçu, Sutherland a pu obtenir ce type de perception.

Cette perception a conduit, selon moi, à deux changements paradigmatiques majeurs : outre l’idée d’un possible mouvement crânien, elle a obligé à considérer l’os non plus comme une structure rigide, mais comme une structure plastique (Sutherland parle de fluide). Comment, en effet, accepter l’idée d’un mouvement crânien, sans en même temps, accepter l’idée d’une déformation osseuse adaptant ce mouvement ? Et si l’os peut se déformer, c’est qu’il dispose d’une certaine plasticité. Cela n’a l’air de rien, mais c’est un changement capital dans la manière de concevoir et d’expérimenter la structure osseuse vivante.