Approche tissulaire de l'ostéopathie

Tenségrité

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Aujourd’hui, d’abord le modèle, puis la perception

Si nous réfléchissons aujourd’hui sur la manière dont est, la plupart du temps, expliqué et expérimenté dans les collèges, le système crânien, nous pouvons constater que l’on utilise la démarche inverse : le modèle (mécanique) est décrit en premier et l’expérience de palpation proposée en second. Et comme le modèle est celui de la rigidité de la mécanique leviers/axes, c’est lui que le jeune expérimentateur a tendance à emmener avec lui lorsqu’il se projette dans le crâne de son patient. Or, le crâne des patients n’a pas appris l’horlogerie et ne parle pas ce langage. Il a appris (ou plus exactement il vit) la tenségrité, la plasticité. C’est elle qu’il faudrait chercher en premier.

Pour être plus précis, les axes crâniens, notamment ceux qui sont décrits par Magoun, n’existent pas. Ils sont une tentative de représentation de ce qui se passe dans un crâne en mouvement, mais ils sont virtuels. Ils peuvent être utiles dès lors que l’étudiant a vraiment expérimenté la plasticité, mais autrement, ils sont une approximation particulièrement limitante, notamment lorsqu’on s’accroche à leur existence et à leur description précise, incompatible avec le concept de plasticité.

Pour peu que l’on se donne la peine de le contacter avec précaution, le crâne (et je crois bien quasiment toutes les structures du corps) nous dit qu’il n’est pas constitué de leviers articulés sur des axes, mais de structures agencées dans des schémas de tenségrité. Il nous dit qu’il ne fonctionne pas comme une mécanique de leviers articulés sur des axes, mais comme un système de fulcrums intriqués et intégrés. Et je crois bien, également, que pour s’en débrouiller vraiment, il faut l’aborder dans sa réalité, celle de la tenségrité et non pas dans une réalité approximative projetée par le praticien, celle des axes.