Approche tissulaire de l'ostéopathie

Tenségrité

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Tenségrité, réel mécanique des tissus

Bien que je ne l’ai pas su au moment où je les ai utilisés et institutionnalisés, les paramètres objectifs de densité et de tension me semblent correspondre à deux essentiels du concept de tenségrité qui sont compression et tension. Évidemment, j’ai fait cela de manière tout à fait empirique, parce que cela fonctionnait. Mais il est réconfortant de constater que cela correspondait à quelque chose de cohérent (raison sans doute pour laquelle cela fonctionnait !)

Pour expliquer pourquoi il me fallait utiliser densité et tension, j’en suis arrivé à parler de réalité tissulaire. Je concevais que ces paramètres correspondaient à ce que sont les tissus dans leur réalité. Si, comme semblent le montrer les recherches sur la tenségrité, elle est omniprésente dans la construction et l’organisation des systèmes vivants, elle fait donc partie de leur réalité. Pas étonnant donc qu’ils répondent lorsqu’on cherche à les rencontrer en les abordant dans ce qu’ils sont vraiment.

Mais, il y a plus...

En effet, imaginer la plasticité osseuse n’est pas suffisant pour la percevoir. Tant que j’aborde le système corporel avec un état de conscience de veille ordinaire, la perception que j’en ai est celle de solides. Toute une partie de l’ostéopathie se fonde sur cette perception. Et elle est juste, mais partielle (elle ne rencontre que la macro mécanique) et ne me permet pas de percevoir la plasticité, notamment de tissus denses comme l’os, ni, donc, de rencontrer la tenségrité (et, donc, leur micro mécanique).

Qu’est-ce qui me permet d’accéder à cette perception ? Je ne le savais pas lorsque j’ai commencé à enfin sentir quelque chose, mais cette perception n’est possible qu’en modifiant notre état de conscience, pour passer de l’état de conscience de veille ordinaire pour se rapprocher de l’état alpha.

Sutherland et les autres précurseurs ne le savaient pas non plus (en tout cas, ils n’en parlent pas), mais ils le vivaient. Et c’est sans doute parce qu’ils le vivaient implicitement qu’ils n’en parlèrent pas. Cela leur semblait naturel. Malheureusement, faute de préciser qu’il faut changer son état de conscience, la transmission du concept devient très problématique : je parle de plasticité, je parle de tenségrité et je ne donne pas la clé pour parvenir à sa perception... Cela devrait donc également faire partie de l’enseignement des bases du concept crânien.