Approche tissulaire de l'ostéopathie

Dain L. Tasker : Les bruits articulaires

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Dain-TaskerEn finir avec Wharton Hood

Le titre En finir avec Wharton Hood, ce médecin anglais du XIXe siècle qui a écrit sur le reboutement et qu'un récent article de Benoît Cauvin semblait considérer comme à l'origine de l'ostéopathie, pourrait laisser penser que j'ai une dent contre lui. Il n'en est rien ! Il se trouve simplement que B. Cauvin donne dans son article une information non référencée selon laquelle A. T. Still, le fondateur de l'ostéopathie, tenait constamment dans une poche de sa veste le livre de Wharton Hood. Même fondée, cette information ne signifie pas que le livre de Wharton Hood ait à lui seul servi à la formation de Still dans son activité de rebouteux. Pour en avoir le coeur net, j'ai cherché sur mon disque dur et sur Internet, espérant trouver l'origine de cette information. Je n'ai rien trouvé de tel, mais suis tombé sur un article intéressant d'un ostéopathe contemporain de Still, Dain L. Tasker (1872-1964) (photo ci-contre) qui, dans un livre écrit en 1913 et republié en 1916 Principles of Osteopathy, parle des bruits produits par les articulations. Dans ce chapitre, le XVIII, il évoque le livre de Wharton Hood et donne une réponse, avant la lettre, à l'article de B. Cauvin. J'ai donc traduit ce chapitre et vous le propose à lire ici ou à télécharger en format PDF. pdf button

Les articles originaux et traduits de Wharton Hood. pdf button gb fr pdf button gb fr  pdf button
Le livre de Wharton Hood A propos du Reboutement (Ainsi nommé) et Sa relation au traitement des articulationsestropiées par blessure rhumatisme inflammation, etc., etc. pdf button

Dain L. Tasker Principles of Osteopathy Chapitre XVIII – Sons produits par les articulations

Sons normaux. - Il n'est pas anormal d'entendre des sons bizarres accompagnant le mouvement normal d'articulations. En terme populaires, on dit que l'articulation a « craqué, » « croqué, » « pété. » Il est tout à fait courant d'entendre de tels sons, émis par notre propre corps ou par celui d'amis. Le plus connu est le craquement des doigts. On suppose communément que de telles agissements, lorsqu'ils sont répétés, risquent de distendre les articulations. Nous n'avons pas la moindre preuve de cela. Aucun doute non plus que la peur soit à l'origine de nos tentatives pour mettre en garde ceux chez qui ces phénomènes sont facilement produits. Les personnes aux articulations quelque peu lâches peuvent produire des sons dans beaucoup d'articulations, dès lors qu'elles poussent leur mouvement à ses limites. Plus rarement, toute articulation mobile dans laquelle ligaments et muscles sont normalement relâchés est susceptible de produire un son lorsque les muscles opposés sont contractés de manière inégale ou lorsque les fléchisseurs ou les extenseurs sont prédominants. Les surfaces articulaires glissent soudainement l'une sur l'autre, produisant alors le son. Une fois que le craquement s'est produit, il se répète rarement sans un temps de repos pendant lequel les muscles modifient leur tension. Le craquement de l'articulation temporo-mandibulaire peut être répété jusqu'à ce que les structures deviennent douloureuses parce qu'il est occasionné par le glissement du cartilage interarticulaire sur l'eminentia articularis. Le poignet et l'épaule sont capables de produire fréquemment des sons, compte tenu de la liberté de leurs mouvements et des nombreuses directions dans lesquelles la force est appliquée.
Son anormaux. - Un grand nombre de sons qui prennent leur origine dans les articulations sont anormaux, soit parce que l'articulation est anormale, soit parce que ces sons ne devraient pas être produits. Certains de ces sons sont familiers au médecin. Ils résultent de mobilisation active ou passive forcée, d'une articulation ayant des mouvements limités suite à une blessure ; où à des dépôts intra-capsulaires, consécutifs à une maladie. Une autre catégorie de sons est produite par des mouvements passifs forcés dans des articulations ayant perdu quelques unes de leurs relations normales au niveau de leur surface.