Approche tissulaire de l'ostéopathie

Fulcrum

pdf_button En traduisant et en relisant les textes de Still et notamment la manière dont il évoque ses traitements des maladies, on est souvent surpris par le peu de détails qu'il donne quant aux techniques utilisées.
La plupart de ses contemporains, ceux qui l'ont côtoyé de près, disent que c'était volontaire, parce qu'il voulait que les gens ne travaillent pas comme des robots, mais comme des praticiens réfléchissant avant d'agir.
La réflexion, pour un ostéopathe, ne peut se fonder que sur ses connaissances anatomiques, physiologiques, pathologiques et autres «...iques» et «...logies» et sur la compréhension de la manière dont s'organise et fonctionne un système hypercomplexe comme le corps humain.

Un praticien hors pair
Il ne fait aucun doute en lisant Still et ses contemporains, qu'il était un praticien hors pair.
Mais la seule habileté technique suffit-elle à expliquer cette expertise et ses résultats ?
Je ne le crois pas.
Je suis même certain qu'il y avait autre chose.
Difficile de dire quoi exactement, mais...

La détermination
Un élément tout de même m'apparaît vraiment évident : sa détermination.
Dans Philosophie de l'ostéopathie, à propos du traitement ostéopathique, il écrit : « Ce n'est pas le moment pour l'ostéopathe intelligent de brandir le drapeau blanc de la défaite et de la reddition. Ouvrez les portes de votre plus pure raison, ceignez la ceinture de l'énergie et délestez le vaisseau sombrant de la vie. Jetez par dessus bord tous les poids morts du fascia et réveillez les forces des émonctoires. Laissez tous les nerfs montrer leurs forces pour rejeter tout poids qui diminuerait ou réduirait les énergies de la nature. Donnez leur l'opportunité d'œuvrer, donnez leur tous les nutriments et la victoire sera du côté de l'ingénieur intelligent. Ne jamais capituler mais mourir dans le dernier carré. » Philosophie de l'ostéopathie Editions 2003 p. 93
Non seulement, dans ce très court texte, il donne les clés d'un traitement efficace (qui draine, nettoie et favorise les circulations), mais il nous montre aussi avec quelle détermination il abordait ses malades.
Et cela seul, indépendamment des autres moyens mis en oeuvre, fait toute la différence...
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'était pas un tiède !
Comment virus et bactéries n'auraient-elles pas pris peur devant une telle puissance ?

Fulcrum et puissance
Cette détermination le faisait fulcrum, point d'appui. Je connais une définition de la puissance qui me plaît beaucoup parce que je la crois très juste : la puissance, c'est la capacité à maintenir une position dans l'espace.
C'est donc mettre en place un fulcrum qui ne bouge pas. S'il ne bouge pas, c'est l'environnement qui bouge, autour de lui.
Je crois que l'on peut extrapoler cela du physique vers le mental et vers le spirituel.
Je crois aussi que Still était un tel sacré fulcrum...