Approche tissulaire de l'ostéopathie

Livre : Autobiographie

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Still et la médecine : c’est à travers l’impuissance à soulager son prochain, la souffrance consécutive à la perte d’êtres chers et à cause de son aversion naturelle pour les drogues que Still remit en cause le système médical de l’époque, élaborant peu à peu le nouveau concept qu’est l’ostéopathie.

Pour comprendre aujourd’hui son cheminement, sa sévérité vis à vis des médecins et des systèmes médicaux, il nous faut rapidement évoquer le contexte médical de l’époque. Dans les états pionniers, la pratique de la médecine n’est pas réglementée. Elle ne le sera que progressivement à partir des années 1870. Cette médecine est probablement plus proche des descriptions de Molière que de la médecine actuelle et, bien entendu, elle est le plus souvent impuissante. Il l’appellera lui-même médecine de l’à-peu-près, ou du viser-rater. Rappelons que c’est seulement à cette époque que Claude Bernard (1813-1878) jette les bases de la médecine expérimentale, fondement de la médecine actuelle.

Still apprendra la médecine auprès de son père, au contact des indiens shawnee et de leurs pratiques. Là encore, l’influence méthodiste semble avoir été déterminante : « Bien qu’Andrew se soit ultérieurement détaché de la religion organisée, il hérita du méthodisme une aversion pour l’alcool et l’esclavage, un intérêt pour l’aducation et une approche de la médecine priviligiant davantage la santé que la maladie. »

Son intérêt pour la mécanique le conduira à rapprocher ses trouvailles de l’organisation de la structure humaine et à se plonger dans l’anatomie, qu’il étudiera sur les squelettes indiens. Il sera ainsi révolutionnaire en émettant l’idée d’une relation entre l’anatomie et la fonction. Cette étude, lui fournissant un support réel de connaissance, lui permettra également de sortir de l’empirisme médical de l’époque.

Dans les années 1860, il voudra parfaire sa formation médicale : « ...Plus tard, il dira qu’en intégrant le Kansas City School of Physicians and Surgeons, immédiatement après la guerre de Sécession, il fut dégoûté par les enseignements et n’alla pas jusqu’au diplôme. Si ce n’est la possession d’un diplôme formel à accrocher au mur du cabinet, un diplôme d’école médicale ne signifiait évidemment pas grand chose dans les années 1860. Les exigences requises pour intégrer ces écoles essentiellement commerciales, dirigées par des médecins, étaient minimes. Il suffisait habituellement de pouvoir payer les frais de scolarité. L’étudiant devait assister à un cycle de conférences étalées sur deux ans, de novembre à février, la seconde année présentant les mêmes matériaux que la première, sans aucune pratique clinique. De plus, beaucoup d’étudiants étant illettrés, l’examen final se réduisait à une simple interrogation orale. »