Approche tissulaire de l'ostéopathie

Livre : Autobiographie

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Convaincre : Still veut convaincre. Il utilise pour cela les systèmes de son époque : « Dans les nombreuses pages dévolues à la philosophie évolutionniste, ses descriptions et ses comparaisons allégoriques semblent étranges et excentriques à qui n’est pas familier du prêche évangélisateur persuasif destiné aux réunions des camps du dix neuvième siècle. L’influence rhétorique subie par Still est particulièrement évidente dans son livre. Comme les évangélistes personnifiaient le démon en Prince des ténèbres, Still personnifie la maladie. Ainsi, le Josué de l’ostéopathie est-il envoyé pour combattre Oreillons, Diphtérie, Pneumonie et Scarlatine. Tout comme les prêcheurs méthodistes de la frontière exhortaient leurs congrégations à l’action contre le démon et le péché en utilisant des images guerrières comme la charge au son du clairon, le Vieux Docteur commande à ses généraux de brandir leurs sabres et leurs baïonnettes contre les ravages de la maladie. »

Enfin, le ton péremptoire qu’utilise souvent Still pourra agacer. Mais imaginons bien que comme tout novateur, il se heurte à l’incompréhension et à l’ostracisme. Ainsi, souvent affleure la souffrance de n’être pas compris. À nous de procéder aux ajustements qui s’imposent. En revanche, tout au long de cette Autobiographie, la pensée profonde, source même du concept ostéopathique est exprimée, et elle défie les époques et les lieux. C’est elle qui nous intéresse et elle émerge à chaque ligne de cette histoire, celle d’un homme dont on pourra tout dire sauf qu’il fut ordinaire.

Alors que l’ostéopathie se développe réellement en France depuis près de trente ans, aucune traduction des principaux ouvrages de son fondateur n’a été publiée, même pas son Autobiographie. On peut s’étonner d’un tel état de fait, alors que nous savons à quel point le lien à la source d’un savoir est capital pour en conserver l’essence, malgré l’évolution indispensable qu’il subit au cours de la vie.

Nous avions depuis longtemps conscience de ce manque, mais l’immensité de la tâche nous avait dissuadés d’entreprendre ce travail. Puis, la nécessité devint trop évidente pour atermoyer davantage. Nous sommes heureux et fiers de livrer cette traduction à nos amis francophones, en espérant qu’ils comprendront le formidable message d’amour, de bienveillance et de compassion que nous livre Still, qu’ils découvriront comme nous ses essentiels, comprendront et rejoindront ses exigences spirituelles et techniques, fondements trop souvent oubliés de notre art.
Pour terminer, nous tenons à remercier les membres de l’Académie d’Ostéopathie de France qui n’ont pas hésité à soutenir ce projet à nous aider dans sa réalisation.