Approche tissulaire de l'ostéopathie

La palpation profonde

Index de l'article

pdf_button Ce court article se propose de présenter succinctement les éléments essentiels qui sous-tendent l’approche tissulaire, notamment ce qui sont reliés à la palpation.

La première manifestation de la vie

La première manifestation de la vie est la communication, que nous pouvons définir comme un échange intentionnel. Au niveau de la cellule, l'échange le plus élémentaire est la nutrition. Cet échange génère un mouvement – le mouvement primaire de la vie évoqué par Sutherland –, expansion rétraction alternée du rythme respiratoire primaire. La cellule convertit la communication en mouvement, de sorte que la qualité du mouvement d'un tissu est le témoignage de la qualité de la communication cellulaire.


Nous constatons alors que dans l'enchaînement des causes et des effets, la communication se place en amont du mouvement tissulaire. C'est essentiellement en contrôlant la communication tissulaire que nous influencerons le mouvement. Essayons d'y voir plus clair.
Communication et mouvement appartiennent à deux univers différents. Le mouvement appartient au domaine de l'univers physique, matériel, objectif, alors que la communication est inhérente à la vie et appartient au domaine immatériel, subjectif. Certes, la communication peut utiliser des moyens purement physiques pour s'exprimer. Nous le constatons tous les jours. Cependant, l'origine même de la communication fait appel à une intention, un dessein, que seule la vie est capable de générer. Autrement dit, les flux de communication peuvent utiliser des moyens purement physiques pour s'exprimer, mais l'impulsion primitive fait appel à la vie, seule capable de la créer.

En ne nous intéressant qu'au mouvement, nous nous cantonnons à l'univers physique, nous sommes dans l'univers des effets, alors qu'en considérant la communication, nous nous intéressons à la vie et à l'univers des causes. Les vraies causes ne sont jamais vues. Elles sont immatérielles, subjectives.

A l'heure actuelle, la recherche en ostéopathie, tend à se cantonner à une démarche scientifique, demeurant dans l'univers objectif des manifestations. Elle se limite ainsi considérablement. La recherche des causes constitue un des fondements de notre art. Il est donc très important, dans notre démarche, de quitter le seul domaine des effets pour nous intéresser aux causes, à la vie. Cela ne nous empêche nullement d'observer les effets de notre action et, à la lumière d'une dé-marche scientifique, d'en tirer des conclusions objectives.

La vie en difficulté

Chaque fois que la vie rencontre une difficulté, elle a spontanément tendance à l'éviter. L'évitement le plus fréquent est l'attaque ou la fuite. Si l'évitement n'est pas possible, la structure vi-vante tente de s'isoler. Pour cela, elle réduit ses échanges, sa communication avec l'extérieur, en retenant de l'énergie. Ce faisant, elle se rétracte et se densifie. Lorsque l'évènement qui a provoqué cette tentative d'isolement est suffisamment fort ou s'il se répète de manière chronique, la structure vivante finit par adopter un mode de fonctionnement en rétraction. Ainsi, apparaît-elle à notre palpation comme plus dense, plus tendue, moins mobile.

Notre objectif, alors, est de la remettre en mouvement. Mais compte tenu de ce qui vient d'être dit, le mouvement de la structure ne réapparaîtra que si la communication avec l'extérieur s'est améliorée.