Approche tissulaire de l'ostéopathie

Biologie des croyances

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livre_intentionpdf_buttonComme beaucoup d’ouvrages qui furent pour moi déterminants, ce livre m’est « tombé dans les mains » sans que je le cherche, recommandé par un ami. Pourtant, quel titre bizarre... Oser associer biologie et croyance, montre une prétention scabreuse, ou un sens de la dérision affûté, à moins qu’il ne s’agisse de révélations particulièrement sulfureuses... C’est essentiellement la qualité de cet ami, n’appartenant pas, selon moi, à la catégorie des « illuminés », qui a vaincu ma réticence et m’a poussé à le lire. De plus, la découverte de la qualité de l’auteur a fait s’évanouir les réticences qui demeuraient en moi. En effet, ce livre n’a pas été écrit par quelque auteur New Age comme il en fleurit tant ces dernières années, particulièrement aux USA, mais par un biologiste de haut niveau, réputé dans sa spécialité pour avoir publié dans les domaines de la biologie et de la microbiologie cellulaires, en son nom ou au sein d’équipes de chercheurs, nombre de travaux tout à fait reconnus par la communauté scientifique. Enfin, l’association de deux termes aussi contradictoires que biologie et croyancea attisé ma curiosité. Je me suis notamment demandé comment l’auteur allait négocier cette antinomie. Je n’ai pas été déçu...

La cellule n’est plus ce que l’on croyait...

Depuis l’origine de leurs études, les scientifiques considèrent les organismes du bas de l’échelle de l’évolution, comme « inférieurs, » non intelligents. Cela inclut évidemment la cellule. Pourtant, la cellule individuelle est capable, comme les organismes dits évolués, d’apprendre à partir de l’expérience vécue dans son milieu. Elle peut créer une mémoire cellulaire et la transmettre à ses descendants. « Par exemple, lorsque le virus de la rougeole infecte un enfant, une cellule immunitaire immature agit pour créer un anticorps protéique contre ce virus. La première étape de la génération d’un gène d’anticorps spécifique à la rougeole se déroule dans le noyau des cellules immunitaires immatures. En assemblant et recombinant de façon aléatoire ces segments d’ADN, les cellules immunitaires créent une grande collection de gènes différents, chacun fournissant une protéine d’anticorps de forme unique. Dans ce processus, la cellule a non seulement ‘ appris ’ sur le virus de la rougeole, mais elle a aussi créé une mémoire qui se transmettra et se propagera à sa descendance » (Lipton, 2006, 44).

Spécialisation + coopération + intelligence = organisation

Lipton pointe un fait intéressant : alors que les communautés cellulaires apparaissent macroscopiquement comme des entités individuelles – une souris, un chien un homme –, elles sont en fait (microscopiquement) des associations hautement organisées de millions et de milliards de cellules, conséquence de l’impératif biologique lié à la survie qui les pousse à se regrouper et se spécialiser pour mieux survivre face à l’environnement. Cet impératif est l’origine du processus évolutionnaire.

Spécialisation

Pour étayer son propos, Lipton évoque l’exemple de Henry Ford qui a compris que la spécialisation pouvait être un outil de productivité : elle lui a permis de produire une nouvelle automobile en 90 minutes plutôt qu’en quelques semaines.

Intelligence

Allons plus loin, les capacités des cellules à se regrouper et à se spécialiser démontrent également une remarquable intelligence organisatrice, mise au service de la survie de la communauté, plutôt que de l’individu.

Coopération

Alors que la théorie de l’évolution avancée par Darwin (la lutte sans merci pour la survie et la survie exclusive du plus fort) pointe sur l’individualisme, Lipton insiste sur le fait que c’est plutôt la coopération et l’union vers la réalisation d’un objectif commun qui domine l’organisation du vivant. Il n’oublie pas non plus de faire remarquer que bien que Darwin nous apparaisse aujourd’hui comme le plus éminent évolutionniste, le premier scientifique à avoir établi les fondements scientifiques de l’évolution est le biologiste français Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck (1744-1829).


Les gènes ne contrôlent pas le vivant

Bruce Lipton rappelle que les cellules sont constituées à partir de quatre types de très grandes molécules : polysaccharides, lipides, acides nucléiques (ADN et ARN) et protéines. Bien que les cellules requièrent chacun des quatre types de molécule, la protéine est la composante la plus importante des organismes vivants : nos cellules sont essentiellement un assemblage de blocs de protéines. Lipton décrit succinctement la constitution et le fonctionnement des protéines de la cellule et notamment leurs réactions aux charges électromagnétiques qui leur confèrent une conformation changeante. Puis, il nous parle de l’ADN.

L’ADN

À partir de 1944, les scientifiques ont déterminé que l’ADN renferme l’information héréditaire. Cette découverte a permis de préciser la fonction des chromosomes. Puis, dans les années 1950, Watson et Crick ont élucidé la structure de l’ADN, constituée de quatre éléments chimiques azotés, ou bases (adénine, thymine, cytosine et guanine, ou A, T, C et G). Ils ont également explicité en quoi l’ADN est la molécule de l’hérédité. Malheureusement, « L’allégation que l’ADN contrôle sa propre reproduction et qu’il est la matrice des protéines du corps a mené au dogme central de la biologie de Francis Crick, c’est-à-dire à la croyance que l’ADN régit tout. Ce dogme est si fondamental en biologie moderne qu’il est pratiquement gravé dans la pierre ou, en quelque sorte, l’équivalent scientifique des dix commandements de Dieu. Ce dogme, qu’on appelle aussi ‘ primauté de l’ADN ‘, est un incontournable dans tous les textes scientifiques » (Lipton 2006, 74).

Le programme de génome humain

De ces découvertes a rapidement émergé l’idée de répertorier tous les gènes présents dans le corps humain. Selon la pensée classique, le corps aurait besoin d’un gène servant de matrice pour chacune des quelques 100 000 protéines du corps humain, auxquels il convient d’ajouter au moins 20 000 gènes régulateurs orchestrant l’activité des gènes encodant les protéines. Les scientifiques ont donc conclu que le génome humain devait contenir un minimum de 120 000 gènes, répartis dans les vingt-trois paires de chromosomes.

Mais les généticiens ont rapidement découvert que le génome humain entier compte non pas 120 000 gènes, comme il s’y attendaient, mais seulement environ 25 000 (Pennisi, 2003a et 2003b ; Pearson, 2003 ; Goodman, 2003). Plus de 80 % de l’ADN prévu et nécessaire n’existe pas ! Les gènes manquants se sont finalement révélés les plus embêtants. « Le concept d’un gène pour une protéine était un pilier de la doctrine du déterminisme génétique. Mais le programme du génome humain avait ébranlé ce concept et les théories courantes sur le fonctionnement du vivant devaient aller au rancart. Il n’est donc plus possible de croire que les généticiens puissent aisément régler tous nos dilemmes biologiques. Il n’y a tout simplement pas suffisamment de gènes pour justifier la complexité de la vie humaine ou de la maladie » (Lipton, 2006, 76-77).

Ainsi selon Lipton, « les résultats du Programme du génome humain nous forcent à chercher d’autres avenues pour découvrir de quelle manière le vivant est contrôlé. Comprendre ce qui nous confère cette complexité constitue le défi de l’avenir » (Lipton, 2006, 77).

La cellule et son environnement

Lipton évoque son professeur et mentor, Irv Konigsberg, l’un des premiers biologistes cellulaires à maîtriser l’art du clonage des cellules souche. Selon ses dires, lorsque les cellules étudiées en culture commencent à faiblir, il faut tout d’abord en chercher la cause dans l’environnement et non dans la cellule elle-même. La plupart des biologistes cellulaires ignorent pourtant la pertinence de cette remarque, et surtout ses conséquences, particulièrement depuis les travaux de Watson et Crick (années 1950) sur le code génétique de l’ADN qui ont conduit à sous-estimer l’importance de l’environnement et à surestimer l’importance de la « nature » des gènes pour finalement aboutir au dogme du déterminisme génétique, croyance selon laquelle les gènes contrôlent à eux seuls le vivant.

Mauvaise cause

Bien entendu, Lipton reconnaît volontiers que certaines maladies soient imputables à un gène défectueux (il cite la chorée de Huntington [maladie nerveuse appelée danse de Saint-Guy], la bêta thalassémie ou la fibrose kystique). Mais il fait également remarquer que les maladies causées par un seul gène affectent moins de 2 % de la population ! « La majorité des gens naissent avec des gènes qui leur permettent de vivre heureux et en santé. Ce sont les fléaux d’aujourd’hui – le diabète, les maladies cardiaques et le cancer – qui minent le bonheur et la santé des gens. Ces maladies ne sont toutefois pas imputables à un gène unique, mais à l’interaction complexe de plusieurs facteurs, génétiques et environnementaux » (Lipton, 2006, 61) [gras-italique ajoutés].

Confusion

Même si les scientifiques ont établi un lien entre certains gènes et certaines maladies ou traits différents, ils ont rarement découvert qu’un seul gène soit responsable d’un trait ou d’une maladie (Lipton, 2006, 62). Les médias qui annoncent fréquemment la découverte du gène de telle ou telle maladie amalgament sans cesse la signification de deux mots : corrélation et cause. Associer un gène à une maladie est une chose, mais faire de ce gène la cause de la maladie en est une autre, bien différente, puisque cela sous-entend un effet direct, un contrôle. Certains gènes spécifiques sont en corrélation avec le comportement et les caractéristiques d’un organisme, mais il faut, pour les activer des facteurs déclenchant.

Déclenchement

En 1990, dans un article de H. F. Nijhout intitulé Metaphors and the Role of Genes and Development [Métaphores et rôle des gènes et du développement], « démontre que l’idée voulant que les gènes contrôlent les fonctions biologiques nous a été serinée depuis si longtemps que les scientifiques ont oublié qu’il s’agissait en fait d’une hypothèse et non de la vérité. En réalité, l’idée que les gènes contrôlent les fonctions biologiques est une supposition qui n’a jamais été prouvée. Les dernières recherches scientifiques ont d’ailleurs tendance à la remettre en question. [...] Nijhout résume ainsi la situation : ‘ Lorsque le produit d’un gène est nécessaire, il est activé par un signal de l’environnement et non par une propriété du gène. ‘ Autrement dit, lorsqu’il s’agit du contrôle génétique, ‘ c’est l’environnement, gros bêta !’ » (Lipton, 2006, 62-63).


Le véritable « cerveau » de la cellule

Par définition, le cerveau est l’organe qui contrôle et coordonne la physiologie et le comportement d’un organisme. Si l’on admet que le noyau et la substance qui contient l’ADN sont le cerveau de la cellule, le retrait du noyau de la cellule (énucléation), devrait immédiatement entraîner sa mort. Or, après l’énucléation, de nombreuses cellules peuvent survivre sans leurs gènes pendant plusieurs mois. Les cellules énucléées demeurent capables d’intégrer et de métaboliser activement de la nourriture, de maintenir un fonctionnement coordonné de leur système physiologique (respiration, digestion, excrétion, motilité, etc.), elles sont capables de communiquer avec d’autres cellules, de se protéger et de croître de façon appropriée, en réaction aux stimuli de leur milieu. Ainsi, les résultats sont sans équivoque : « les cellules énucléées présentent toujours un comportement complexe, coordonné et viable, ce qui signifie que leur « cerveau » est toujours intact et fonctionnel » (Lipton, 2006-80).

Si le noyau et ses gènes ne constituent pas le cerveau de la cellule, quelle est donc la contribution de l’ADN à la vie des cellules ? Les cellules énucléées meurent non pas parce qu’elles ont perdu leur cerveau, mais leur faculté de se régénérer : elles ne peuvent ni se reproduire ni remplacer les protéines affaiblies dont elles sont composées. « Le noyau n’est donc pas le cerveau de la cellule, mais sa gonade » (Lipton, 2006, 80).

Epigénétique

Parallèlement au programme du génome humain, un groupe de scientifiques a inauguré un domaine nouveau et révolutionnaire de la biologie, l’épigenèse, terme qui signifie littéralement « contrôle au-dessus de la génétique. » Selon Lipton, cette science change profondément notre façon de comprendre la manière dont la vie est contrôlée : « Au cours de la dernière décennie, la recherche épigénétique a pu établir que les matrices d’ADN transmises par les gènes n’étaient pas coulées dans le béton à la naissance. Les gènes ne sont donc pas synonymes de destin ! Les facteurs environnementaux, notamment l’alimentation, le stress et les émotions, peuvent modifier ces gènes, sans toutefois en changer la matrice de base. Et les épigénéticiens ont découvert que ces modifications pouvaient être transmises aux générations futures aussi assurément que les matrices d’ADN se transmettaient par la double hélice (Reik et Walter, 2001 ; Surani, 2001) » (Lipton, 2006, 81).

Les signaux de l’environnement

L’épigénétique aboutit à la conclusion que ce sont les signaux de l’environnement qui contrôlent l’activité des gènes. Le schème illustrant la primauté de l’ADN est aujourd’hui dépassé. Le schème revu du flux d’information devrait s’intituler « primauté de l’environnement ». « Ainsi, le nouveau flux d’information en biologie est plus précis : il commence par un signal environnemental et passe ensuite à la protéine régulatrice et à l’ADN, puis à l’ARN, dont résulte une protéine. La science de l’épigenèse a aussi clairement établi l’existence de deux mécanismes par lesquels les organismes transmettent l’information héréditaire. Ces mécanismes permettent aux scientifiques d’étudier aussi bien la contribution de la nature (gènes) que celle de la culture (mécanismes épigénétiques) dans le comportement humain. En se concentrant uniquement sur les matrices de l’ADN, comme les scientifiques l’ont fait pendant des décennies, l’influence de l’environnement reste insondable (Dennis, 2003 ; Chakravarti et Little, 2003) » (Lipton, 2006, 84).

De nombreuses études ont établi que les mécanismes épigénétiques interviennent dans une variété de maladies, dont le cancer, les maladies cardiovasculaires et le diabète. « En fait, seuls 5 % des patients atteints de cancer ou de maladies cardiovasculaires peuvent imputer leur maladie à l’hérédité (Willett, 2002). Quand les médias ont annoncé tambour battant la découverte des gènes BRCA1 et BRCA2 du cancer du sein, ils ont omis de souligner que 95 % des cancers du sein n’étaient pas transmis génétiquement. La malignité chez bon nombre de patients cancéreux provient d’altérations épigénétiques d’origine environnementale, et non de gènes défectueux (Kling, 2003; Jones, 2001 ; Seppa, 2000; Baylin, 1997) » (Lipton, 2006, 87).


La membrane magique

Si l’on admet que la relation à l’environnement est l’élément essentiel dirigeant la vie de la cellule, l’interface entre l’intérieur de la cellule et son environnement, c’est-à-dire sa membrane, devient un sujet d’étude primordial. Bruce Lipton consacre un chapitre entier à la description du fonctionnement de la membrane cellulaire. Malgré sa qualité de scientifique de haut niveau et la complexité des mécanismes mis en jeu, il parvient à décrire ce fonctionnement très simplement et très clairement. Nous ne le détaillerons pas ici, nous contentant d’évoquer quelques points essentiels.

Les protéines membranaires intrinsèques

Il nous parle en particulier de protéine particulières, les protéines membranaires intrinsèques (PMI) qui existent en grand nombre, mais que l’on peut subdiviser en deux classes selon leur fonction : les protéines réceptrices et les protéines effectrices.

PMI réceptrices

Les PMI réceptrices sont les « organes sensoriels » de la cellule, l’équivalent de nos yeux, notre nez, nos papilles gustatives, etc. Ces récepteurs fonctionnent comme des « nano-antennes » moléculaires, syntonisées de façon à réagir à des signaux spécifiques du milieu ambiant. Certains récepteurs sont tournés vers l’intérieur de la surface membranaire pour surveiller le milieu interne de la cellule. D’autres protéines réceptrices sont tournées vers l’extérieur de la surface pour surveiller les signaux externes.

Les « antennes » des récepteurs peuvent également lire des champs d’énergie vibratoire, entre autres celle de la lumière, des sons et des fréquences radio. Les antennes de ces récepteurs d’« énergie » vibrent comme des diapasons. Si une vibration d’énergie dans l’environnement entre en résonance avec l’antenne d’un récepteur, elle modifiera la charge de la protéine ; ainsi, le récepteur changera de forme (Tsong, 1989). Et Lipton de faire remarquer : « Comme les récepteurs peuvent lire les champs d’énergie, la notion que seules les molécules physiques peuvent avoir des effets sur la physiologie d’une cellule est devenue désuète. Les comportements biologiques peuvent être contrôlés autant par des forces invisibles, dont la pensée, que par des molécules physiques, telle la pénicilline. C’est là un fait établi qui fournit un fondement scientifique en faveur d’une médecine énergétique dénuée de produits pharmaceutiques » (Lipton, 2006, 101).

PMI effectrices

Correspondant aux nombreuses tâches à accomplir pour le bon fonctionnement de la cellule, existent différentes protéines effectrices contrôlant le comportement cellulaire. Les protéines du transport, par exemple, comprennent une très grande famille de protéines canal qui transportent des molécules et de l’information d’un côté à l’autre de la barrière-membrane.

L’activité d’un type spécifique de canal, le sodium-potassium ATPase, ou pompe sodium-potassium, mérite notre attention. Chaque cellule compte des milliers de ces canaux intégrés à la membrane. Collectivement, leur activité consomme chaque jour près de la moitié de l’énergie corporelle d’un individu. Mais la pompe sodium-potassium ne fait pas que consommer beaucoup d’énergie, elle en génère également. En fait, l’activité génératrice d’énergie de la pompe sodium-potassium transforme la cellule en pile biologique qui se recharge constamment. À chaque révolution, la pompe sodium-potassium fait sortir plus de charges positives qu’elle n’en laisse entrer dans la cellule. Or, une cellule compte des milliers de ces protéines. Pendant que ces protéines effectuent des centaines de cycles par seconde, l’intérieur de la cellule se charge négativement, alors que l’extérieur se charge positivement. La charge négative sous la membrane est appelée potentiel de membrane. Cependant, les lipides ne laissent pas les atomes chargés traverser la barrière. La charge interne demeure donc négative. Les charges de la cellule, positive à l’extérieur et négative à l’intérieur, font d’elle une pile qui se recharge automatiquement et dont l’énergie sert aux processus biologiques.

Une autre variété de protéines effectrices, les protéines du cytosquelette, règlent la forme et la motilité des cellules. Une troisième variété, de type enzyme, rompt ou synthétise les molécules. « Lorsqu’elles sont activées, toutes les formes de protéines effectrices, y compris celles du cytosquelette, les canaux et les enzymes ou leurs dérivés, peuvent également servir de signal pour activer les gènes. Ces PMI et leurs dérivés produisent des signaux qui contrôlent les liaisons entre les protéines régulatrices des chromosomes formant une ‘manche’ autour de l’ADN » (Lipton, 2006, 86).

Importance de l’environnement

Ainsi, contrairement à l’opinion classique, les gènes ne contrôlent pas leur propre activité. Ce sont plutôt les protéines effectrices de la membrane, fonctionnant en réaction aux signaux de l’environnement captés par les récepteurs de la membrane, qui contrôlent la « lecture » des gènes, de sorte que les protéines épuisées peuvent être remplacées et de nouvelles, créées.

Ainsi, pour Lipton, « le vrai secret de la vie ne réside pas dans la fameuse double hélice, mais dans la compréhension des mécanismes biologiques de la membrane magique, mécanismes d’une élégante simplicité et par lesquels votre corps traduit les signaux de l’environnement par des comportements » (Lipton, 2006, 92) [gras ajouté].


Les apports de la physique quantique

« Je savais que les protéines membranaires intrinsèques s’ajustent aux signaux de l’environnement pour stimuler ou énergétiser la cellule. En cherchant à comprendre comment les mécanismes du corps sont ‘ contrôlés ‘, les chercheurs se sont appliqués à examiner une grande variété de signaux physiques, classés par familles chimiques distinctes, comme les hormones, les cytokines, les facteurs de croissance, les suppresseurs de tumeurs, les messagers et les ions. » (Lipton, 2006, 126). Cette manière de voir et d’étudier le fonctionnement cellulaire repose sur l’étude et l’utilisation de produits pondérables et sur l’idée que des substances chimiques administrées à partir de l’extérieur peuvent se substituer à des manques ou des déséquilibres intérieurs. En remplaçant l’élément fautif de la cellule par une pièce de rechange fonctionnelle, par exemple grâce aux produits pharmaceutiques, la partie défectueuse peut théoriquement être réparée et la santé, recouvrée. C’est cette hypothèse qui motive l’industrie pharmaceutique à rechercher des « médicaments miracle » et des gènes dernier cri.

Vers le subtil

« Toutefois, en raison de leur tendance newtonienne matérialiste, les chercheurs traditionnels ont complètement ignoré le rôle de l’énergie dans la santé et la maladie » (Lipton, 2006, 126). Dans la perspective quantique, l’univers est un ensemble de champs d’énergie interdépendants, tissés en un canevas d’interactions. La complexité des interactions entre matière et énergie, rend caduque l’approche réductrice et linéaire (A>B>C>D>E) qui ne pourra jamais expliquer la maladie avec précision et doit être remplacée par une compréhension d’interactions beaucoup plus complexes.

Et le complexe...

Par ailleurs, le flux d’information de l’univers quantique est holistique. Les composantes cellulaires sont tissées en un réseau complexe d’empreintes magnétiques et de boucles de communication à rétroaction et à action directe. Un dysfonctionnement biologique peut provenir d’une mauvaise communication entre n’importe laquelle des voies d’information. « L’ajustement chimique de ce système interactif complexe requiert bien plus de connaissances qu’il n’en faut pour simplement ajuster l’une des voies d’information à l’aide d’un médicament » (Lipton, 2006, 128). « Les recherches médicales classiques n’ont aucune compréhension des mécanismes moléculaires qui constituent réellement le moteur de vie » (Lipton, 2006, 137).

De nombreuses influences

Au cours des cinquante dernières années, des centaines d’études scientifiques ont constamment révélé que les « forces invisibles » du spectre électromagnétique ont un effet marqué sur toutes les facettes de la régulation biologique. Parmi ces forces invisibles figurent les micro-ondes, les très basses fréquences, les fréquences radio et acoustiques, le spectre de lumière visible et même une force reconnue depuis peu, les ondes scalaires.

Vitesse et efficacité

Pour survivre, les organismes vivants doivent recevoir et interpréter les signaux de l’environnement. De fait, la survie est directement liée à la vitesse et à l’efficacité du transfert des signaux. La vitesse de transmission des signaux électromagnétiques est de 300 000 kilomètres à la seconde, alors que la vitesse d’un élément chimique diffusible se situe bien en dessous d’un centimètre à la seconde. « Les signaux énergétiques sont 100 fois plus efficaces et infiniment plus rapides que les signaux chimiques physiques. Devinez un peu quel type de signal préfèrent les milliards de cellules dont chacun de vous est constitué ? » (Lipton, 2006, 138-139).

Énergies pourtant connues et utilisées

Paradoxalement, bien que la médecine traditionnelle n’ait toujours pas approfondi le rôle informatif joué par l’énergie dans les systèmes vivants, elle a tout de même adopté des technologies d’exploration lui permettant de lire les champs énergétiques. Les physiciens quantiques ont créé des appareils de détection d’énergie pouvant analyser les fréquences spécifiques émises par les éléments chimiques. Ces appareils (RMN, par exemple), grâce auxquels les scientifiques identifient la composition moléculaire des matériaux et des objets, ont été adaptés par les physiciens pour lire les spectres énergétiques émis par les tissus et les organes du corps. (Lipton, 2006, 141).

Interférences

On ne peut évoquer les manifestations énergétiques sans parler des interférences et des résonances, phénomènes consécutifs à la rencontre de deux ou plusieurs flux d’énergie. Les interférences peuvent être constructives (amplification de l’énergie), ou destructives (diminution de l’énergie). Il y a résonance constructive lorsque les ondes qui se rencontrent sont en phase, ce qui amplifie le phénomène vibratoire (résonance harmonique). On pourrait comparer cela au son d’instruments musicaux à l’unisson. Au lieu de plusieurs sont simplement juxtaposés, naît de ce phénomène un son unique aux caractéristiques amplifiées (le tout vaut plus que la somme des parties).

Mais il peut se faire que les ondes qui se rencontrent ne soient pas en phase, voire même en opposition de phase. Elles annulent alors mutuellement leurs effets et on parle d’interférences destructrices.

Il est alors facile de comprendre que selon la qualité des informations et de l’énergie émanant de l’environnement et des interférences (constructives ou destructives) qui en découlent au sein du système vivant, la relation puisse assister ou au contraire perturber la survie du système vivant.

Le langage des cellules

Lipton nous précise que les recherches scientifiques lancées dans ces domaines « confirmeront ce que ‘ savent ‘ déjà, sans l’avoir réalisé, le scientifique et le non-scientifique : tout organisme, y compris l’humain, communique avec son environnement et le décode en évaluant les champs d’énergie. Comme l’humain dépend étroitement des langages parlé et écrit, il a négligé ses senseurs d’énergie en tant que système de communication. Comme pour toute fonction, le non-usage mène à l’atrophie. Les aborigènes utilisent encore quotidiennement cette fonction hypersensorielle, et il n’y a pas chez eux d’atrophie ‘ sensorielle ’. Ainsi, ils sont capables de sentir l’eau enfouie profondément dans le sable. Quant aux chamans de l’Amazonie, ils communiquent avec l’énergie des plantes médicinales » (Lipton, 2006, 149).


Du système nerveux et du cerveau

Au cours de l’évolution, les cellules individuelles ont fini par s’assembler en communautés multicellulaires serrées, les communautés animale et végétale que nous connaissons aujourd’hui. Ces communautés fermées et plus évoluées se servent des mêmes signaux moléculaires de coordination que les cellules à l’état libre. En régulant étroitement l’émission et la distribution de leurs signaux moléculaires de contrôle, ces communautés parviennent à coordonner leurs fonctions pour agir comme une seule et même entité vivante.

Chez les organismes multicellulaires plus primitifs sans système nerveux spécialisé, la transmission de signaux moléculaires au sein d’une communauté sert de « cerveau » élémentaire, sous la forme d’une information coordonnée, partagée par toutes les cellules. Dans de tels organismes, chaque cellule décode directement les signes de l’environnement et y adapte son comportement.

Une nouvelle organisation

Le regroupement des cellules une communauté, a rendu nécessaire l’établissement d’une nouvelle politique. Dans une communauté, les cellules individuelles ne peuvent agir indépendamment et faire ce qui leur plaît. Le terme « communauté » sous-entend que tous les membres adhèrent à un plan d’action commun. Chez les animaux multicellulaires, même si les cellules individuelles sont capables de « percevoir » l’environnement autour de leur propre « peau », elles peuvent ne pas avoir conscience de ce qui se passe plus loin, notamment dans le milieu où vit l’animal. « Une cellule hépatique profondément enfouie dans le foie peut-elle avoir une réaction avisée devant la présence d’un voleur chez vous ? Le contrôle des comportements complexes nécessaires à la survie d’une organisation multicellulaire est intégré à son système centralisé de traitement de l’information » (Lipton, 2006, 161).

Système nerveux et cerveau

À mesure que les animaux plus complexes ont évolué, les cellules spécialisées ont pris la responsabilité de surveiller et d’organiser le flux des signaux moléculaires régulant leur comportement. Ces cellules se sont constituées en des réseaux de nerfs et un processeur central d’information, le cerveau. La fonction de ce dernier est de coordonner le dialogue des signaux moléculaires dans la communauté. « En conséquence, chaque cellule d’une communauté doit obéir aux décisions éclairées de son autorité consciente, le cerveau, lequel contrôle le comportement des cellules du corps. C’est là un point dont il faut tenir compte lorsque nous accusons les cellules de notre corps des problèmes de santé qui nous affectent » (Lipton, 2006, 161).

Instinct et évolution

Au fur et à mesure que le système interne de signalisation a évolué, son efficacité accrue a permis au cerveau d’augmenter de volume. Grâce à sa capacité à sentir et à coordonner le flux des signaux régulateurs du comportement au sein de la communauté cellulaire, le système limbique représente une percée majeure dans l’évolution. Chez les organismes multicellulaires, un nombre croissant de cellules s’est spécialisé pour réagir à une variété grandissante de signaux environnementaux externes. « Alors que les cellules individuelles réagissent à des perceptions sensorielles simples comme le rouge, le rond, l’aromatique et le sucré, la puissance cérébrale accrue des animaux multicellulaires leur permet de combiner ces simples sensations en ensembles complexes et de percevoir une pomme » (Lipton, 2006, 163).

« Les réflexes comportementaux élémentaires acquis au fil de l’évolution se sont transmis sous forme d’instinct génétique. L’apparition de cerveaux plus volumineux (ayant un plus grand nombre de neurones) a non seulement permis aux organismes de se fier à un comportement instinctif, mais encore d’apprendre de leur expérience. L’apprentissage de nouveaux automatismes est essentiellement le résultat du conditionnement » (Lipton, 2006, 163).

Le cerveau, système électrique

Le cerveau est depuis longtemps considéré comme un organe électrique. Cette propriété est à l’origine de certaines « thérapies, » notamment l’électrochoc, utilisé pour « traiter » certains cas psychiatriques et la dépression. Aujourd’hui, les scientifiques se servent heureusement d’appareils moins invasifs pour traiter l’électricité cérébrale. « Un récent article paru dans le magazine Science vantait les mérites de la stimulation magnétique transcrânienne (SMT), qui stimule le cerveau à l’aide d’un champ magnétique (Helmuth, 2001 ; Hallett, 2000). De nouvelles études indiquent que la SMT peut s’avérer une puissante technique thérapeutique. Adéquatement utilisée, elle peut traiter la dépression et améliorer la perception » (Lipton, 2006, 148).

Nous pouvons facilement extrapoler cette constatation et comprendre que notre cerveau est sensible à l’ensemble des influences électriques et électromagnétiques auxquelles il est confronté et y réagit (voir ci-dessus le concept d’interférence).


Le mental plus fort que le physique

Une série d’expérience réalisées par Lipton portant sur les commandes membranaires de perception qui contrôlent le changement de comportement cellulaire, l’ont amené à constater au niveau de la cellule, une vérité applicable aux organismes multicellulaires, à savoir que le mental (par le biais de l’adrénaline venant du système nerveux central) outrepasse le physique (signaux d’histamine locaux) et que les ordres venant du système nerveux central priment sur ceux émanant de niveaux inférieurs dans l’organisation du système.

« La commande que j’étudiais en particulier présente une protéine réceptrice qui réagit à l’histamine, molécule que le corps utilise un peu comme un système d’alarme d’urgence locale. J’ai découvert qu’il existe deux types de commandes, les H1 et H2, lesquelles répondent au même signal d’histamine. Une fois activées, les commandes ayant des récepteurs H1 d’histamine amorcent une réaction de défense, comme le comportement observé chez les cellules cultivées en milieu toxique. Quant aux commandes ayant des récepteurs H2 d’histamine, elles amorcent une réaction de croissance, comme le comportement observé chez les cellules cultivées en présence de nutriments. » (Lipton, 2006, 167).

Mais, dans le corps, l’adrénaline, système de réaction aux signaux d’urgence, dispose également de commandes activant deux types de récepteurs d’adrénaline, appelés alpha et béta provoquant exactement les mêmes comportements cellulaires que ceux de l’histamine. « Lorsque la commande d’une PMI comporte un récepteur alpha-adrénergique, le signal d’adrénaline suscite une réaction de défense. Lorsque la commande comporte un récepteur bêta-adrénergique, le même signal d’adrénaline entraîne une réaction de croissance » (Lipton & al., 1992).

« Néanmoins, lorsque j’ai ajouté à la fois de l’histamine et de l’adrénaline à mes cultures de tissus, je me suis rendu compte que les signaux d’adrénaline, émis par le système nerveux central, outrepassaient l’influence des signaux d’histamine, produits localement. C’est ici qu’entre en jeu la politique communautaire décrite plus tôt. Imaginez que vous travaillez dans une banque. Le directeur de la succursale vous donne un ordre, mais le grand PDG entre et vous dicte le contraire. A qui obéirez-vous ? Si vous tenez à votre emploi, vous exécuterez les ordres du PDG. Des priorités similaires sont intégrées à notre biologie ; ainsi, les cellules suivent les directives du grand patron, le système nerveux, même si ces signaux entrent en conflit avec les stimuli locaux » (Lipton, 2006, 168).

Deux réactions fondamentales

L’évolution nous a dotés de nombreux mécanismes de survie, lesquels se divisent grosso modo en deux groupes : la croissance et la défense. Ces mécanismes constituent les comportements fondamentaux nécessaires à la survie d’un organisme. « Chaque jour, des milliards de cellules de votre corps s’usent et doivent être remplacées. Par exemple, les cellules qui tapissent vos entrailles sont remplacées toutes les soixante-douze heures. Afin de maintenir ce roulement continu de cellules, votre corps doit déployer chaque jour une importante quantité d’énergie » (Lipton, 2006, 179).

Bruce Lipton évoque des expériences de laboratoire dans lesquelles il a constaté que des cellules endothéliales humaines en culture, fuient les toxines introduites dans la boîte de Pétri, « tout comme les humains fuient les couguars en montagne, ou les voleurs dans les rues sombres » (Lipton, 2006, 179), alors, qu’au contraire, elles s’agrègent autour des nutriments, « à l’exemple des humains attirés par les repas et l’amour » (179).

Ces mouvements opposés sont les deux réactions élémentaires d’une cellule aux stimuli de son environnement. L’attraction vers un signal favorable à la vie, telle la nourriture, caractérise une réaction de croissance ; la fuite devant un signal menaçant, telles les toxines, caractérise une réaction de défense. Certains stimuli environnementaux sont neutres et ne provoquent ni réaction de croissance ni réaction de défense.

Deux mécanismes antinomiques

Lipton indique également que ses recherches à Stanford ont démontré que ces comportements de croissance et de défense sont tout aussi essentiels à la survie chez les organismes multicellulaires comme les humains, qu’aux organismes plus élémentaires. De plus, ces deux mécanismes de survie opposés, qui ont mis des milliards d’années à évoluer ne peuvent fonctionner simultanément de manière optimale. « Autrement dit, les cellules ne peuvent à la fois avancer et reculer. Les cellules de vaisseaux sanguins que j’ai étudiées à Stanford étaient dotées d’une configuration anatomique microscopique pour la nutrition et d’une autre, totalement différente, pour une réaction de défense. En définitive, il leur était impossible de présenter les deux configurations en même temps » (Lipton et al., 1991).

Restriction de la relation

Le processus de croissance nécessite une communication ouverte entre L’organisme et son environnement. Par exemple, l’absorption de nourriture et l’élimination de déchets. En revanche, la défense nécessite la fermeture du système pour isoler l’organisme du danger. De plus, le processus de croissance ne fait pas que dépenser l’énergie. Il s’avère également nécessaire pour en produire. Par conséquent, une réaction de défense soutenue freine la production d’énergie vitale.

Tout comme les organismes plus simples, les humains, lorsqu’ils passent en mode de défense, restreignent leur comportement de croissance. La redistribution des réserves énergétiques dans la réaction de défense freine inévitablement celle de la croissance.

On pourrait penser qu’en supprimant simplement les facteurs de stress, donc en diminuant au minimum le mécanisme de défense, tout serait pour le mieux. Mais il n’en est pas ainsi. « Dans la séquence croissance-défense, l’élimination du stress vous amène seulement au point neutre. Pour vous épanouir, vous devez non seulement éliminer le stress mais aussi chercher activement à vivre dans la joie, l’amour et la satisfaction afin de stimuler le processus de croissance » (Lipton, 2006, 181).


Système nerveux, axe HPA et système immunitaire

Chez les organismes multicellulaires, les comportements de croissance et de défense sont contrôlés par le système nerveux qui surveille les signaux environnementaux, les interprète et détermine une réaction appropriée. Dans les communautés multicellulaires, le système nerveux agit comme un gouvernement dans l’organisation des activités de sa population cellulaire. Lorsque le système nerveux reconnaît un stress environnemental dangereux, il alerte la communauté cellulaire du danger imminent. Le corps est en réalité doté de deux systèmes de défense distincts, chacun étant essentiel au maintien de la vie, l’axe hormonal HPA et le système immunitaire.

L’axe HPA

Lorsqu’il n’y a pas de danger, l’axe HPA [1] est inactif et la croissance s’effectue normalement. Lorsqu’un signal de danger parvient à l’hypothalamus, il active l’axe HPA en envoyant un signal à la glande pituitaire, dont la responsabilité est d’organiser les milliards de cellules de la communauté en vue de réagir au danger imminent.

Pour Lipton, hypothalamus et glande pituitaire sont les équivalents du mécanisme de stimulus-réaction des protéines réceptrices-effectrices de la membrane cellulaire. À l’instar de la protéine réceptrice, l’hypothalamus reçoit et reconnaît les signaux provenant de l’environnement, alors que la fonction de la glande pituitaire est analogue à celle de la protéine effectrice : elle envoie un signal aux glandes surrénales, les informant de la nécessité de coordonner le mécanisme de défense urgente du corps, l’attaque ou la fuite.

Les hormones de stress sécrétées par la stimulation surrénale provoquent la constriction des vaisseaux sanguins du tube digestif, poussant le sang dans les membres, organes de l’action. Cette redistribution du sang des viscères vers les membres provoque une inhibition des fonctions de croissance : avec un apport de sang diminué, les viscères et les organes vitaux cessent leurs activités vitales de digestion, de métabolisation, d’excrétion et d’autres fonctions vitales à la croissance des cellules et à la production de réserves d’énergie. Les réactions de stress inhibent donc la croissance et compromettent la survie à long terme du corps puisqu’elles interfèrent avec la production de réserves d’énergie vitale.

Le système immunitaire

Le système immunitaire nous protège des dangers internes, notamment ceux causés par les bactéries et les virus. Lorsque le système immunitaire est mobilisé, il peut consommer une grande partie des réserves énergétiques du corps. Lorsque l’axe HPA mobilise le corps pour se défendre, les hormones surrénales empêchent directement le système immunitaire de conserver ses réserves d’énergie.

Cerveaux antérieur et postérieur

Les hormones surrénales de stress resserrent les vaisseaux du cerveau antérieur, réduisant ses capacités, et diminuent l’activité du cortex cérébral préfrontal, siège de la volonté et de l’activité conscientes. Ainsi, l’activation de l’axe HPA entrave la capacité à réfléchir rationnellement. Cet état de fait est utile en situation d’urgence, dans laquelle un traitement rapide de l’information est indispensable et parce que le traitement de l’information dans le cerveau antérieur, siège du raisonnement et de la logique, est considérablement plus lent que le traitement des réflexes, contrôlés par le cerveau postérieur. Mais, « s’il est nécessaire que les signaux de stress répriment l’activité consciente qui est plus lente, et ce, pour augmenter les chances de survie, c’est au prix d’une conscience et d’une intelligence réduites (Takamatsu et al, 2003 ; Arnsten et Goldman-Rakic, 1998; Goldstein et al., 1996) » (Lipton, 2006, 185).


Biologie et croyances

Lipton raconte l’histoire du Dr Albert Mason qui, en 1952, en utilisant l’hypnose, avait traité avec succès un garçon de quinze ans dont le corps était couvert de verrues. Or, il apprit que le garçon ne souffrait pas de verrues, mais d’une maladie génétique mortelle appelée ichtyose congénitale. À partir de ce moment, ses traitements sur d’autres cas ne fonctionnèrent plus. Il imputa son échec à sa croyance par rapport au traitement.

La question qui vient logiquement à l’esprit est de savoir comment il est possible que l’esprit soit parvenu à outrepasser la programmation génétique, comme dans ce cas ? En quoi la croyance de Mason en son traitement a-t-elle pu influer sur le résultat ? Selon Lipton, la nouvelle biologie fournit quelques réponses à ces questions.

Si nous admettons que matière et énergie sont enchevêtrées, il en découle logiquement que l’esprit (énergie) et le corps (matière) sont liés de façon similaire et ce, bien que la médecine occidentale ait vaillamment tenté de les séparer depuis des centaines d’années.

L’univers quantique réunit ce qui, depuis Descartes, a été séparé. « Notre nouvelle compréhension des mécaniques de l’univers nous révèle de quelle manière l’esprit immatériel peut avoir une incidence sur le corps physique. La pensée, cette énergie de l’esprit, affecte directement la façon dont le cerveau contrôle la physiologie. L’« énergie » de la pensée peut activer ou inhiber la production cellulaire de protéines par la mécanique des interférences constructives et négatives, déjà évoquée » (Lipton, 2006, 153).

Les croyances contrôlent la biologie

« Nos réactions aux stimuli sont contrôlées par les perceptions, mais les perceptions acquises ne sont pas toutes exactes » (Lipton, 2006, 166). La perception « contrôle » la biologie, mais les perceptions peuvent être vraies ou fausses, notamment parce que les réflexes comportementaux élémentaires acquis au fil de l’évolution se sont transmis sous forme d’instinct génétique. L’apparition de cerveaux plus volumineux (ayant un plus grand nombre de neurones) a permis aux organismes de se fier à un comportement instinctif, mais également d’apprendre de leur expérience. L’apprentissage de nouveaux automatismes est essentiellement le résultat du conditionnement. Malheureusement, un conditionnement (hérité du passé) n’est pas forcément adapté à ce qui se vit dans l’espace/temps présent. « Ainsi, il serait plus exact d’appeler ces perceptions de contrôle des croyances » (Lipton, 2006, 166).

« Les croyances contrôlent la biologie ! Réfléchissez au sens de cette information. Nous avons la capacité d’évaluer consciemment nos réactions aux stimuli et de changer nos vieilles réactions n’importe quand... après nous être occupés du puissant inconscient [...]. Dès lors, nous ne sommes donc pas esclaves de nos gènes ni de nos comportements autodestructeurs » (Lipton, 2006, 166). En effet, notre héritage de conditionnements est fort important et quasiment inconscient. Il convient donc de travailler sur cet inconscient, autrement plus complexe que l’inconscient freudien.

Perception et émotions

« Chez les formes de vie supérieures plus conscientes, le cerveau s’est spécialisé pour permettre à toute la communauté de se syntoniser sur ses signaux régulateurs. Le système limbique s’est doté d’un mécanisme unique qui convertit les signaux communicationnels chimiques en sensations que toutes les cellules de la communauté sont aptes à ressentir. Notre conscient ressent ces signaux en tant qu’émotions. Le conscient ne se limite pas à ‘lire’ le flux de signaux de coordination cellulaire qui constituent la ‘conscience’ corporelle. En réalité, il peut également générer des émotions sous la forme d’une émission de signaux régulateurs contrôlée par le système nerveux » (Lipton, 2006, 162).

Placebo, l’effet croyance

Alors que la médecine déprécie l’effet placebo et tente de le minimiser au maximum, Lipton l’appelle effet croyance et le célèbre comme preuve évidente de la capacité de guérison de l’esprit et du corps : « L’effet placebo devrait être un sujet d’étude majeur dans les écoles de médecine. Je suis convaincu que l’éducation d’ordre médical devrait former les médecins à reconnaître le pouvoir de nos ressources intérieures. Les médecins ne devraient pas juger le pouvoir de l’esprit comme étant inférieur à celui de la chimie et du scalpel. Ils devraient abandonner la conviction que le corps et ses parties sont fondamentalement stupides et nécessitent une intervention externe pour rester en santé. » (Lipton, 2006, 169). Voilà qui rejoint évidemment les préoccupations stilliennes...

Nocebo, l’effet des croyances négatives

Même si de nombreux professionnels de la santé sont conscients de l’effet placebo, peu considèrent et utilisent son potentiel d’autoguérison. En revanche, si la pensée positive peut nous aider à améliorer notre santé, on peut facilement imaginer les effets que peut produire la pensée négative. Si l’on donne au phénomène qui guérit par suggestion (consciente ou inconsciente) le nom de placebo, on peut donner à son contraire, le nom de nocebo. En médecine, mais également dans la vie, et en fonction de nos conditionnements, l’effet nocebo peut s’avérer aussi puissant que l’effet placebo...

Conditionnements

Lipton termine son ouvrage en évoquant l’importance de la programmation (conditionnement) consciente et inconsciente initiée par l’environnement éducatif, et ce, depuis la conception et sur le rôle essentiel des parents et de leur attitude face à l’enfant vivant.

Comme l’essentiel se joue de manière non consciente (parce que les influences positives ou négatives commencent avant que l’enfant ait développé une pleine conscience de ce qu’il vit), nous sommes bien souvent victimes de conditionnements acquis qu’il est essentiel de « déprogrammer » avant de pouvoir bénéficier d’un niveau de santé optimum.


Quelle utilité pour l’approche tissulaire ?

Les idées, schémas, modèles et hypothèses développées par Lipton croisent sans cesse les modèles et hypothèses proposées et mises en œuvre par l’approche tissulaire de l’ostéopathie.

Lipton nous parle de conscience cellulaire, d’intelligence, d’organisation, de mise au service de la communauté, etc., idées largement développées dans les niveaux 1 et 2 d’approche tissulaire.

Il donne une explication physiologique cohérente à des phénomènes que nous ressentons sous nos mains. Comment ne pas établir de parallèle entre les états de croissance/défense, par rapport à l’acceptation/refus de ce que vit une structure vivante ?

Il établit un lien cohérent entre nos croyances, conscientes et inconscientes et les réponses de nos systèmes corporels, toutes choses que nous expérimentons journellement avec les tissus des patients dans nos mains.

Il nous montre que nous ne sommes pas totalement prisonniers de nos gènes, ni de nos conditionnements et que nous pouvons commencer à prendre nos vie en main pour changer et aider nos patients à suivre les mêmes voies (l’effet croyance vaut autant pour le praticien que pour le patient).

Pour toutes ces raisons, je le considère comme un ouvrage fondamental à la compréhension et à l’explication de notre activité de praticien en ostéopathie tissulaire. C’est la raison pour laquelle je me suis attaché à le présenter en détails et j’encourage chacun à se procurer et à lire ce livre, vraiment passionnant.


[1] Axe HPA : de l’anglais hypothalamus-pituitary-adrenal, c’est-à-dire l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien.

 
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