Approche tissulaire de l'ostéopathie

Biologie des croyances

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Les gènes ne contrôlent pas le vivant

Bruce Lipton rappelle que les cellules sont constituées à partir de quatre types de très grandes molécules : polysaccharides, lipides, acides nucléiques (ADN et ARN) et protéines. Bien que les cellules requièrent chacun des quatre types de molécule, la protéine est la composante la plus importante des organismes vivants : nos cellules sont essentiellement un assemblage de blocs de protéines. Lipton décrit succinctement la constitution et le fonctionnement des protéines de la cellule et notamment leurs réactions aux charges électromagnétiques qui leur confèrent une conformation changeante. Puis, il nous parle de l’ADN.

L’ADN

À partir de 1944, les scientifiques ont déterminé que l’ADN renferme l’information héréditaire. Cette découverte a permis de préciser la fonction des chromosomes. Puis, dans les années 1950, Watson et Crick ont élucidé la structure de l’ADN, constituée de quatre éléments chimiques azotés, ou bases (adénine, thymine, cytosine et guanine, ou A, T, C et G). Ils ont également explicité en quoi l’ADN est la molécule de l’hérédité. Malheureusement, « L’allégation que l’ADN contrôle sa propre reproduction et qu’il est la matrice des protéines du corps a mené au dogme central de la biologie de Francis Crick, c’est-à-dire à la croyance que l’ADN régit tout. Ce dogme est si fondamental en biologie moderne qu’il est pratiquement gravé dans la pierre ou, en quelque sorte, l’équivalent scientifique des dix commandements de Dieu. Ce dogme, qu’on appelle aussi ‘ primauté de l’ADN ‘, est un incontournable dans tous les textes scientifiques » (Lipton 2006, 74).

Le programme de génome humain

De ces découvertes a rapidement émergé l’idée de répertorier tous les gènes présents dans le corps humain. Selon la pensée classique, le corps aurait besoin d’un gène servant de matrice pour chacune des quelques 100 000 protéines du corps humain, auxquels il convient d’ajouter au moins 20 000 gènes régulateurs orchestrant l’activité des gènes encodant les protéines. Les scientifiques ont donc conclu que le génome humain devait contenir un minimum de 120 000 gènes, répartis dans les vingt-trois paires de chromosomes.

Mais les généticiens ont rapidement découvert que le génome humain entier compte non pas 120 000 gènes, comme il s’y attendaient, mais seulement environ 25 000 (Pennisi, 2003a et 2003b ; Pearson, 2003 ; Goodman, 2003). Plus de 80 % de l’ADN prévu et nécessaire n’existe pas ! Les gènes manquants se sont finalement révélés les plus embêtants. « Le concept d’un gène pour une protéine était un pilier de la doctrine du déterminisme génétique. Mais le programme du génome humain avait ébranlé ce concept et les théories courantes sur le fonctionnement du vivant devaient aller au rancart. Il n’est donc plus possible de croire que les généticiens puissent aisément régler tous nos dilemmes biologiques. Il n’y a tout simplement pas suffisamment de gènes pour justifier la complexité de la vie humaine ou de la maladie » (Lipton, 2006, 76-77).

Ainsi selon Lipton, « les résultats du Programme du génome humain nous forcent à chercher d’autres avenues pour découvrir de quelle manière le vivant est contrôlé. Comprendre ce qui nous confère cette complexité constitue le défi de l’avenir » (Lipton, 2006, 77).

La cellule et son environnement

Lipton évoque son professeur et mentor, Irv Konigsberg, l’un des premiers biologistes cellulaires à maîtriser l’art du clonage des cellules souche. Selon ses dires, lorsque les cellules étudiées en culture commencent à faiblir, il faut tout d’abord en chercher la cause dans l’environnement et non dans la cellule elle-même. La plupart des biologistes cellulaires ignorent pourtant la pertinence de cette remarque, et surtout ses conséquences, particulièrement depuis les travaux de Watson et Crick (années 1950) sur le code génétique de l’ADN qui ont conduit à sous-estimer l’importance de l’environnement et à surestimer l’importance de la « nature » des gènes pour finalement aboutir au dogme du déterminisme génétique, croyance selon laquelle les gènes contrôlent à eux seuls le vivant.

Mauvaise cause

Bien entendu, Lipton reconnaît volontiers que certaines maladies soient imputables à un gène défectueux (il cite la chorée de Huntington [maladie nerveuse appelée danse de Saint-Guy], la bêta thalassémie ou la fibrose kystique). Mais il fait également remarquer que les maladies causées par un seul gène affectent moins de 2 % de la population ! « La majorité des gens naissent avec des gènes qui leur permettent de vivre heureux et en santé. Ce sont les fléaux d’aujourd’hui – le diabète, les maladies cardiaques et le cancer – qui minent le bonheur et la santé des gens. Ces maladies ne sont toutefois pas imputables à un gène unique, mais à l’interaction complexe de plusieurs facteurs, génétiques et environnementaux » (Lipton, 2006, 61) [gras-italique ajoutés].

Confusion

Même si les scientifiques ont établi un lien entre certains gènes et certaines maladies ou traits différents, ils ont rarement découvert qu’un seul gène soit responsable d’un trait ou d’une maladie (Lipton, 2006, 62). Les médias qui annoncent fréquemment la découverte du gène de telle ou telle maladie amalgament sans cesse la signification de deux mots : corrélation et cause. Associer un gène à une maladie est une chose, mais faire de ce gène la cause de la maladie en est une autre, bien différente, puisque cela sous-entend un effet direct, un contrôle. Certains gènes spécifiques sont en corrélation avec le comportement et les caractéristiques d’un organisme, mais il faut, pour les activer des facteurs déclenchant.

Déclenchement

En 1990, dans un article de H. F. Nijhout intitulé Metaphors and the Role of Genes and Development [Métaphores et rôle des gènes et du développement], « démontre que l’idée voulant que les gènes contrôlent les fonctions biologiques nous a été serinée depuis si longtemps que les scientifiques ont oublié qu’il s’agissait en fait d’une hypothèse et non de la vérité. En réalité, l’idée que les gènes contrôlent les fonctions biologiques est une supposition qui n’a jamais été prouvée. Les dernières recherches scientifiques ont d’ailleurs tendance à la remettre en question. [...] Nijhout résume ainsi la situation : ‘ Lorsque le produit d’un gène est nécessaire, il est activé par un signal de l’environnement et non par une propriété du gène. ‘ Autrement dit, lorsqu’il s’agit du contrôle génétique, ‘ c’est l’environnement, gros bêta !’ » (Lipton, 2006, 62-63).

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