Approche tissulaire de l'ostéopathie

Le 22 juin 1874

atsin Il y a 145 ans...

pdf_button Il y a vingt-deux ans aujourd’hui, à midi, je fus touché – non pas au cœur, mais au pôle de la raison. Ce pôle était alors dans une bien mauvaise condition pour recevoir une flèche chargée de principes philosophiques. Depuis, je me suis toujours souvenu de ce jour mémorable, et le célèbre comme l’anniversaire d’une naissance. Pendant une partie de cette journée, je me retire de la présence des hommes pour méditer sur cet événement, au cours duquel j’ai discerné par la force de la raison que le mot Dieu signifie perfection en toutes choses et en tous lieux. À partir de ce moment, à l’aide du microscope de l’esprit, j’ai commencé à enquêter attentivement pour prouver une affirmation souvent faite en votre présence : la perfection du Divin peut être prouvée par Ses œuvres.1

Les ostéopathes se fondent souvent sur cette citation pour affirmer qu’elle marque la naissance de l’ostéopathie. Cela ne me semble pas exact. Elle marque la prise de conscience soudaine par Still qu’il est en train de développer un système (qui deviendra l’ostéopathie) qui sera d’un grand service pour l’humanité. Mais l’ostéopathie n’est pas encore née. Il le dit d’ailleurs clairement : « À partir de ce moment, à l’aide du microscope de l’esprit, j’ai commencé à enquêter attentivement pour prouver une affirmation souvent faite en votre présence : la perfection du Divin peut être prouvée par Ses œuvres ». Elle naîtra d’un développement progressif associé aux expériences et études (anatomiques et philosophiques) que vivra Still entre cette date et les années 1890, époque où il parviendra à formaliser suffisamment cette approche pour désirer l’enseigner (la création du collège de Kirksville date de 1892) et lui trouver un nom.

Dans son Autobiographie, Still évoque à plusieurs reprises cette date du 22 juin 1874 et de ses propos émane l’idée d’une révélation soudaine, de source divine. Il nous est difficile aujourd’hui d’accepter sans réticence une telle évocation. D’autant plus difficile que nous sommes en France, pays du rationalisme dogmatique et que l’orientation actuelle de l’ostéopathie se voulant résolument scientifique, tend à écarter ce type d’affirmation. Pourtant, à celui qui connaît l’histoire de cet homme, il devient évident qu’il ne s’agissait pas d’un « homme ordinaire ». Pour un homme ordinaire, les propos tenus par Still pourraient laisser penser à de l’affabulation, voire à des symptômes psychiatriques.

Pourtant nombre de ses contemporains (notamment Arthur Hildreth et Elmer Booth) affirment à plusieurs reprises qu’il jouissait de dons particuliers, notamment ceux de claivoyance et de clairaudiance qui lui faisaient percevoir bien des choses que ses contemporains ne percevaient pas (y compris en anatomie).

Les motivations

De toute évidence, si cet instant est un aboutissement, il n’est pas une fin :

« Ma science ou ma découverte naquit au Kansas à l’issue de multiples essais, réalisés à la frontière, alors que je combattais les idées pro-esclavagistes, les serpents et les blaireaux puis, plus tard, tout au long de la guerre de Sécession et jusqu’au 22 juin 1874. Comme l’éclat d’un soleil, une vérité frappa mon esprit : par l’étude, la recherche et l’observation, j’approchai graduellement une science qui serait un grand bienfait pour le monde. »2

En 1874, la quête dure déjà depuis plus de vingt ans. Elle a été motivée par son insatisfaction en tant que médecin à soulager et guérir ses semblables.

Les choses ont commencé au Kansas dans les années 1850. À ce moment, une âpre lutte oppose partisans et opposants de l’esclavage. À cette époque les États-Unis ne comptent que 33 états, presque tous situés dans la partie Est du pays. Le Kansas s’apprête à voter pour devenir un nouvel état de l’Union, mais le pays est scindé en deux factions rivales : partisans et ennemis de l’esclavage. À cette époque, un fragile équilibre se maintient au sein de l’Union entre les états esclavagistes (essentiellement ceux du Sud) et les états anti esclavagistes (essentiellement ceux du Nord et de l’Est). Le même problème s’est déjà posé quelques années plus tôt (1821) lors du rattachement du Missouri. Une solution a été trouvée par l’élection d’un nombre égal de représentants pro et anti esclavagistes. Mais un tel système est trop instable pour persister.

Chaque camp essaie donc de faire nombre. « Avec en constante toile de fond le problème de l’esclavage, le Kansas devint en très peu d’années aussi explosif qu’une poudrière. Déferlant à travers la frontière pour faire valoir leurs droits au choix des terres, les missouriens, établirent les villes pro-esclavagistes d’Atchison et de Leavenworth. »3 Pour contrebalancer cela, le spéculateur de Nouvelle Angleterre Eli Thayer propose un plan consistant à « encourager l’établissement de nordistes dans les territoires du Kansas afin qu’ils rejettent l’esclavage de leur constitution. »4 C’est ainsi qu’arrivent en grand nombre des colons venus de l’Est et du Nord des USA. Still rencontre beaucoup de ces nouveaux venus, dont certains très cultivés, lui permettent de découvrir de nombreux courants scientifiques, philosophiques et spirituels de l’époque. Sa seconde épouse Mary Elvira qu’il épouse en 1860, est issue d’un de ces milieux intellectuels de la région de New York. Non seulement elle le soutiendra dans sa recherche et ses épreuves, mais elle lui fournira un lien constant avec ces milieux intellectuels, particulièrement avides de connaissances et de compréhension.

Sa détermination à trouver autre chose se renforce au cours de la guerre de Sécession (1861-65). Médecin et chirurgien aux armées, il se sent impuissant à soulager ses semblables :

« L’équipement de la trousse du chirurgien était complet lorsqu’elle contenait du calomel,5 de la quinine, du whisky, de l’opium, des chiffons et un scalpel. Si un patient avait un pied dans la tombe, et un demi-litre de whisky dans une bouteille, le docteur devait travailler aussi dur pour faire sortir le whisky de la bouteille que pour maintenir le pied hors de la tombe. »6

Rappelons également qu’au cours de cette guerre, la maladie, conséquence du manque d’hygiène, a été responsable d’un tiers des décès parmi les militaires.

À son retour de la guerre, il constate, étonné, que dans les régions où les médecins sont devenus plus rares, la mortalité infantile est moins forte :

« Au cours de la guerre civile, j’avais remarqué que dans les parties du Missouri et du Kansas où les docteurs avaient cessé d’exercer, les enfants ne mouraient pas. Nos pasteurs disent que Dieu nourrit les oiseaux et je pensais justement que si Dieu prenait soin d’eux, il avait également pris soin de ces enfants. Il les avait soutenus aussi bien l’été que l’hiver. La Nature pourvoit à un grand nombre d’urgences. »7

Enfin, juste après la guerre de Sécession, il constate la totale impuissance des médecins à soigner ses enfants atteints de méningite cérébro-spinale :

« C’est lorsque je me tenais là, regardant fixement trois membres de ma famille – deux de mes propres enfants et un enfant que nous avions adopté –, tous morts de la méningite cérébro-spinale que je me posai les sérieuses questions ‘Avec la maladie Dieu a-t-il abandonné l’homme dans un monde d’incertitude ? L’incertitude, qu’est-ce que c’est ? Que donner, et pour quel résultat ? Et une fois mort, savons-nous où il va ?’ Je décidai alors que Dieu n’est pas un Dieu d’incertitude, mais un Dieu de vérité. Et toutes Ses œuvres, spirituelles et matérielles, sont harmonieuses. Sa loi de vie animale est absolue. Un Dieu si avisé a certainement placé le remède au sein même de la demeure matérielle dans laquelle habite l’esprit de vie. »8

À ce propos Carol Trowbridge nous dit : « Andrew était si bouleversé, si totalement convaincu de l’inefficacité de toutes les drogues connues qu’il refusa dans un premier temps, de traiter, même les enfants de ses voisins.9 Finalement, il s’avoua vaincu et répondit aux demandes d’aide, mais à partir de ce moment il fut plus que jamais déterminé à trouver de meilleures méthodes de traitement. »10

Les grandes influences

Ainsi s’intensifie la recherche, exacerbée par toutes ces épreuves. Still recevra de multiples influences et, homme pratique par excellence, essaiera tout :

« Comme Paul, j’essayais tout, les bonnes choses et les mauvaises. »11

Nous connaissons aujourd’hui un certain nombre d’influences essentielles. Certaines sont reliées à son éducation et à sa jeunesse, d’autres viennent de ses contacts ultérieurs.

Le méthodisme

Son enfance et sa jeunesse ont baigné dans les valeurs essentielles du méthodisme,12 notamment, une grande exigence et une grande rigueur personnelles. « Bien qu’Andrew se soit ultérieurement détaché de la religion organisée, il hérita du méthodisme une aversion pour l’alcool et l’esclavage, un intérêt pour l’éducation et une approche de la médecine privilégiant davantage la santé que la maladie.13 » Dans cette foi il puisera également une certitude inaltérable en notre essence spirituelle et en la possibilité d’une amélioration continue.

Les Indiens Shawnees

Pour le protéger des esclavagistes devenant particulièrement menaçants, Abraham Still, le père d’Andrew « fut nommé comme missionnaire auprès des Indiens Shawnees dans le Kansas. Cela mit fin à son combat en Missouri. »14 Still raconte un peu son expérience avec eux :

« Ensuite, au cours de l’automne, je consultai les Indiens avec mon père. Érysipèles, fièvres, dysenteries, pneumonies et choléra étaient très fréquents. Le traitement des Indiens pour le choléra n’était pas plus ridicule que certains traitements soi-disant scientifiques utilisés par les docteurs en médecine. Les Indiens creusaient deux trous dans le sol, séparés approximativement par soixante-dix centimètres. Le patient reposait étendu entre les deux trous, vomissant dans l’un et se purgeant dans l’autre et mourait ainsi, étendu par terre, une couverture jetée sur lui. […] Comme curatifs, ils donnaient des thés fabriqués avec des racines noires, du gombo, sagatee, muckquaw, chenee olachee. Ainsi, ils étaient soignés, mouraient et partaient pour Illinoywa Tapamalaqua, ‘la maison de Dieu.’ J’appris vite à parler leur langue et leur donnai des drogues utilisées par les hommes blancs, guéris la majorité des cas que je rencontrai, et fus bien accueilli par les Shawnees. »15

Still ne nous donne pas d’autres informations sur son expérience avec les Shawnees. Nous n’en disposons pas non plus provenant d’autres sources, mais il serait étonnant qu’il n’ait pas appris avec eux quelques leçons essentielles sur la vie.

Phrénologie, mesmérisme et reboutement

Phrénologie16 et Mesmérisme17 sont deux grands courants considérés à l’époque comme scientifiques et qui ont grandement influencé les penseurs de l’époque non seulement aux USA, mais également en Europe.

« Depuis les années 1850, des conférenciers itinérants, bien fournis en littérature facile à lire et de prix abordable, parcouraient la campagne démontrant une science de loi naturelle appelée phrénologie. Pour illustrer la progression animale et humaine, les phrénologistes alignaient des rangs de crâne grimaçants et de moulages en plâtre de cerveaux. Ornant les étagères des écoles de campagne et des salles de conférences, avec des plateaux d’obstétrique, des schémas anatomiques plus vrais que nature, des squelettes montés sur fil de fer et parfois, de bizarres spécimens médicaux flottant dans des bouteilles de formol, ils donnaient une présentation vivante de ce qui serait appelé la science du cerveau. Les auditeurs entendaient les phrénologistes prêcher que leurs corps étaient des parties de l’univers, qu’ils étaient gouvernés par des lois universelles et les phrénologistes leurs promettaient qu’en suivant ces lois, à travers savoir et ménagement, la santé et l’intelligence de leurs auditeurs pourraient s’améliorer. [...] Comme attractions supplémentaires, les phrénologistes proposaient des analyses de caractère en examinant les bosses crâniennes des gens ; par des tableaux ou de véritables moulages en plâtre de crânes de personnages – certains formidables, d’autres infâmes –, les phrénologistes prétendaient révéler les raisons de leurs succès ou de leurs échecs. »18

De la phrénologie, Still a tiré une vénération pour le cerveau et le système nerveux qu’il exprime souvent dans ses écrits.19

En travaillant sur la relation de la forme à l’aptitude, les phrénologistes parlaient déjà de la relation structure/fonction. Un tel point de vue sur le corps vivant ne pouvait que plaire à Still, passionné de mécanique :

« En parlant de structure et de fonction, les phrénologistes comparaient le corps à une machine, de sorte qu’il était non seulement naturel, mais également attrayant pour les instituts de mécanique de proposer à leurs étudiants la phrénologie, science d’aide psychologique personnelle, dont la popularité ne cessait de grandir. Tout comme la majorité des Américains de la fin du dix-neuvième siècle, Andrew Still était fasciné par la technologie. Les orateurs des cercles culturels et un nombre sans cesse croissant de journaux et de livres popularisaient les sujets scientifiques. Still dira ultérieurement avoir étudié les machines à partir de 1855 et s’être inscrit à un cours d’instruction très intéressant sur l’exploitation pratique des mécanismes de meunerie. »20

Toujours dans sa quête, Still a utilisé le mesmérisme au cours d’une période de sa vie professionnelle. À la fin du chapitre 8 de l’Autobiographie, il décrit comment il utilisa une suggestion hypnotique (Mesmer est considéré comme l’inventeur de l’hypnose) pour guérir un alcoolique de son vice et comment il fut lui-même sidéré d’avoir pu provoquer un tel résultat.

Still incorpore également à sa pratique l’ancien art du reboutement.

« Avec cette combinaison de traitements manuels, Still pensait disposer de ce que tout le monde cherchait en tâtonnant  : un traitement spécifique destiné à influencer le fonctionnement physiologique, un système fondé sur des principes scientifiques et des lois universelles et un traitement individualisé ne dépendant pas de l’utilisation de drogues dangereuses ou inefficaces. Jusque vers 1890, Still se présenta comme ‘rebouteux éclair’ (lightning bonesetter), parcourant le pays avec ses fils, chacun trimballant un sac d’os servant d’aide visuelle pour l’instruction. Au commencement, il traita les patients sans but précis jusqu’à ce que petit à petit, une marche à suivre soit développée. »21

La source du savoir de Still concernant le reboutement est obscure. On rencontrait beaucoup de rebouteux itinérants dans la campagne américaine, mais l’art du reboutement n’avait pas encore été institutionnalisé. Ainsi, le savoir du rebouteux se transmettait-il dans les familles, de génération en génération. Still ne donne là-dessus aucune indication et aucune source n’a actuellement permis de savoir d’où il tenait ce savoir.

Les courants philosophiques

Tous ces essais laissent Still insatisfait. Il connaît parfaitement l’anatomie, notamment grâce aux dissections qu’il effectue depuis le début des années 1850 sur les corps déterrés des tumulus indiens. Il a acquis un savoir faire évident et reconnu dans l’art de soigner, mais il est à la recherche d’une compréhension plus générale. Les pièces du puzzle commencent à s’agencer, mais il est encore loin d’avoir une forme satisfaisante.

Au début des années 1860, il découvre le darwinisme. L’Evolution des espèces de Darwin22 est publiée en 1859. Nous savons que la doctrine de Darwin a marqué un grand tournant dans la démarche philosophique du dix-neuvième siècle et qu’elle a été vigoureusement combattue comme s’opposant aux dogmes religieux concernant notamment la création du monde et de la vie (la doctrine créationniste). Still fera remarquer que les conséquences pratiques des idées transformistes ne lui furent pas immédiatement évidentes : 

« Il y a quarante ans, j’ai trouvé un parchemin au Kansas ; j’ai essayé de le lire, sans y parvenir. L’écriture manuscrite était très lisible et la langue correcte, mais j’étais atteint des oreillons de l’ignorance… Je n’étais pas entraîné à raisonner au-delà de la coutume obsolète. »23 Cependant, il trouvera dans ces écrits de quoi alimenter son attitude naturellement non conformiste.

Selon Trowbridge, c’est grâce à Herbert Spencer24 que Still trouvera les réponses et la cohérence qu’il cherche désespérément. C’est d’ailleurs à Spencer que l’on doit le terme évolutionnisme et non pas à Darwin comme il est souvent dit. Alors que le transformisme de Darwin se centrait sur le domaine biologique, Spencer a désiré étendre le concept à tous les domaines de la vie. Tout en affirmant le caractère inconnaissable de la nature intime de l’univers, il a désiré donner une explication globale de l’évolution du monde à partir des lois ordinaires de la mécanique (à laquelle Still était particulièrement sensible). Selon Spencer, le monde se transforme et évolue de l’inorganique vers le biologique, le psychologique et le social : à chacun de ces stades se vérifie la loi de complexité croissante, par l’adaptation de plus en plus précise des fonctions aux conditions changeantes du milieu, par l’intégration toujours plus grande des parties au tout et par la diversification des relations sociales. Dans Premiers Principes (1862) et Principes de biologie (1864), Still trouvera les formulations des lois de cause et effet et surtout l’énoncé des notions de mouvement associé à la vie, de structure et de fonction ainsi que l’expression généralisée de leur relation mutuelle, pierre angulaire de la philosophie ostéopathique.

Selon Spencer, la loi fondamentale de l’évolution s’exprime comme suit :

« L’évolution est une intégration de matière accompagnée de dissipation de mouvement, pendant laquelle la matière passe d’une homogénéité indéfinie, incohérente, à une hétérogénéité définie, cohérente et pendant laquelle aussi le mouvement retenu subit une transformation analogue. »25

Cette loi générale permet à Spencer d’exprimer les phénomènes d’intégration/désintégration de matière :

« L’évolution sous sa forme la plus simple et la plus générale, c’est l’intégration de la matière et la dissipation concomitante du mouvement, tandis que la dissolution, c’est l’absorption du mouvement et la désintégration concomitante de matière. »26

Still comprendra ainsi la relation de la vie et du mouvement qu’il exprimera dans son célèbre :

« La première manifestation de la vie, c’est le mouvement. »

Notons par ailleurs que Spencer nous permet également de comprendre les phénomènes d’alternances reliés à la vie, qui ne peut jamais éternellement intégrer de la matière et doit également la désintégrer, d’où les mouvements alternés fondamentaux d’expansion et de rétraction.

Mais Spencer permettra également de généraliser, d’intégrer la relation de la structure à la fonction déjà présentée par la phrénologie : en effet, il définit l’individu biologique comme un

« tout concret possédant une structure qui lui permet, lorsqu’il se trouve placé dans les conditions convenables, d’accommoder constamment ses relations internes aux externes, de manière à conserver l’équilibre de ses fonctions. »27

La loi fondamentale de l’évolution telle que formulée par Spencer laisse Still avec les éléments fondamentaux que sont force, matière, mouvement. En effet, ces intégrations désintégrations ne peuvent se faire que parce qu’existe une force qui en est la source.

« la force dont nous affirmons la persistance est la Force absolue dont nous avons vaguement conscience comme corrélatif nécessaire de la force que nous connaissons. Ainsi, par la persistance de la force, nous entendons la persistance d’un pouvoir qui dépasse notre connaissance et notre conception. En affirmant la persistance de la force, nous affirmons une réalité inconditionnée sans commencement ni fin. »28

Cette Force absolue, Spencer se refusera toujours à la nommer ou à la considérer, estimant qu’elle échappe à notre appréhension :

« Étant donné que toute tentative de concevoir l’origine des choses est futile, je me contente de laisser la question en suspens, comme un mystère insoluble. »29

Ainsi forgera-t-il la notion d’ « Inconnaissable » (Unknowable).

Cette notion agace Still qui veut être un des « connaissants » :

« Lorsque j’examinai la question et essayai de me familiariser avec quelques-unes des œuvres de Dieu,  –  ou ‘l’Inconnaissable’ comme l’appellent certains, ‘Jéhovah’ comme disent d’autres ou ‘Illnoywa Tapamala-qua’ comme l’appellent les Indiens Shawnees, ce qui signifie la vie et l’esprit du Dieu vivant  –, je recherchai quelque bribe compréhensible pour mon esprit. Pour explorer les vérités de la nature, je commençai tout d’abord par étudier ce que je pouvais observer et le considérai comme fait scientifique. Par où commencer ? Voilà la question. Que retenir ? Quel chemin prendre ? Je découvris qu’à chaque jour suffit sa peine. Que l’on prenne la main d’un homme, le cœur, le poumon ou la combinaison dans son ensemble, cela nous conduit vers l’Inconnaissable. Je voulais être un des Connaissables. Ma première découverte fut celle-ci : chaque trait particulier de Dieu me parvenait comme inconnaissable. Le choc de la mort – que connaît-on là-dessus  ? Je ne sais rien, donc c’est inconnaissable. Je commençais à étudier et à expérimenter. »30

Ainsi, Spencer et l’évolutionnisme lui fournissent les éléments essentiels pour l’établissement d’une compréhension de la vie et des organismes vivants, et par conséquent de l’homme. Mais un maillon lui manque encore que Spencer refuse de toute évidence à considérer. Phrénologie, mesmérisme, évolutionnisme, excluant le recours au domaine spirituel pour expliquer la nature des choses, conduisent au matérialisme scientifique, source d’un grand dilemme pour les chercheurs de cette époque. Still, profondément religieux ne peut se contenter de cela. La quête continue donc, mais cette fois, Still se trouve plongé en plein paradoxe. Dans sa pensée se confrontent deux concepts apparemment contraires et inconciliables, générateurs de conflits intérieurs qu’il aura du mal à résoudre.31

Les courants spirituels

Le méthodisme ne peut apporter à Still les réponses qu’il recherche. Malgré toutes les qualités fondamentales inhérentes au mouvement et qui constituent un fondement d’éléments essentiels pour Andrew, la manière dont cette religion est prêchée, vécue et considérée par ses contemporains ne peut satisfaire ce non-conformiste né. Il déplore en particulier le manque d’authenticité de ses pratiquants et de ses clercs. À ses interrogations de fond ne répondent que des dogmes vides de substance. Still se tourne alors vers le Spiritualisme, mouvement particulièrement vivant à l’époque aux USA.

« Dès le milieu du dix-neuvième siècle, le matérialisme scientifique, la phrénologie, le mesmérisme (promus comme sciences), et la recherche de l’âme se mélangèrent aux quêtes plus spirituelles du swedenborgianisme et du transcendantalisme au sein d’un mouvement populaire américain appelé spiritualisme où beaucoup trouvèrent l’âme qu’ils avaient cherchée par ailleurs. […] La philosophie spiritualiste emprunte au transcendantalisme de Swedenborg un respect religieux pour la nature et le concept de la divinité de l’être humain et des pouvoirs intuitifs permettant à l’esprit de comprendre des vérités sans recourir à des sources extérieures. […] La transe mesmériste et la philosophie de la phrénologie, naturaliste, évolutionniste, orientée vers la réforme, se rassemblèrent sous l’apparence du spiritualisme qu’Andrew Taylor Still allait embrasser. »32

À partir de la fin des années 1860, Still traverse une période particulièrement difficile. Ses choix philosophiques (l’évolutionnisme) et spirituels (spiritualisme) déclarés, ajoutés aux « miracles » qu’il accomplit, le font considérer comme suppôt de Satan et rejeter des communautés religieuses, sociales et même familiales. Les choses deviennent pour lui tellement difficiles, qu’il décide de quitter le Kansas pour le Missouri. Si nous ajoutons à cela le dilemme non résolu naissant de l’opposition de ses choix philosophiques et religieux, il devient facile de comprendre les moments d’abattement qu’il évoque dans l’Autobiographie :

« Des questions comme celles-ci jaillissent parfois dans mon esprit : si un homme peut choisir la route qu’il suit dans la vie, pourquoi s’engage-t-il si souvent dans des voies qu’il regrette d’avoir empruntées ? Beaucoup de ces chemins, avant qu’on ne s’y engage se présentent comme des chemins d’agrément de paix et d’abondance. […] Nous sommes abandonnés, habitant pour des années sous la sombre nuée, sans même une étoile visible pour nous réconforter dans notre ennuyeux voyage de misère. Le faible éclair de la luciole n’est même pas là pour nous dire que la lumière existe. Nous cherchons des amis, en vain. Nous prions, espérons et pleurons sans jamais trouver le pain ni le repos. Nous lançons loin dans les airs les flèches de la détresse, mais aucun ami mortel n’aperçoit les signes de la misère. Nous sentons que la mort est le seul ami qui nous reste, et qu’elle nous accueillerait volontiers, mais les pleurs de nos enfants détournent nos pensées de la drogue mortelle et du glaive suicidaire. »33

Le 22 juin 1874

Que s’est-il passé le 22 juin 1874 ? Évidemment, nous ne le savons pas exactement. Nous n’avons pas non plus de certitude absolue nous indiquant que la révélation dont parle Still est directement reliée à la lecture de Premiers Principes, mais la relation qu’il fait de ce moment peut nous le suggérer  :

« Il y a vingt-deux ans aujourd’hui, à midi, je fus touché – non pas au cœur, mais au pôle de la raison. Ce pôle était alors dans une bien mauvaise condition pour recevoir une flèche chargée de principes philosophiques. Depuis, je me suis toujours souvenu de ce jour mémorable, et le célèbre… »34

Il semble que ce jour-là, le conflit profond qui le rongeait se soit résolu. Il a réussi à intégrer la dimension spirituelle à laquelle il tient particulièrement, et la cohérence matérialiste que lui ont apporté la phrénologie, le mesmérisme, le darwinisme et surtout l’évolutionnisme de Spencer.

Il semble que ce jour-là, Still ait soudainement pris conscience de la cohérence unissant tous les éléments de sa quête. Cela correspondrait donc à la compréhension soudaine des liens organiques unissant tous les éléments jusque-là patiemment rassemblés qui s’intègrent en un tout maintenant indivisible, d’une magnitude qui nous échappe sans doute. Nous pouvons imaginer que la réalisation soudaine de cette intégration a été suffisamment forte et impressionnante pour le laisser avec ce respectueux souvenir.

Parvenu à la cohérence tant souhaitée, il pourra ultérieurement formuler sa définition de l’ostéopathie dont Viola Frymann dit qu’elle « est la définition, la seule définition, que donna A. T. Still pour les principes et la pratique de ce qu’il découvrit et nomma ostéopathie. »35 et dans laquelle l’Esprit est venu remplacer la Force de Spencer :

« L’ostéopathie est la loi de l’Esprit de la Matière et du Mouvement »36

Après le 22 juin

Ce 22 juin 1874, Still prend donc conscience qu’il est en train de développer un système qui sera d’un grand bénéfice pour l’humanité. À partir de ce jour, l’ostéopathie se développera progressivement en une entité à part entière, cohérente, insécable. C’est beaucoup plus tard qu’il trouvera le nom pour la désigner :

« Un professeur de l’université Baker, le Dr. Sweet, vint à Kirksville en 1885 pour y être traité par Still. S’appuyant alors sur une combinaison du grec osteon, signifiant os et pathein, signifiant souffrance, Still demanda l’opinion de Sweet sur le nouveau nom qu’il venait de choisir. Immédiatement après être rentré à Baldwin City, Sweet écrivit : ‘C’est le meilleur nom que vous puissiez lui donner. Il couvre le sujet beaucoup mieux que les mots allopathie, homéopathie et éclectisme.’ »37

L’ostéopathie représente donc le résultat d’une intégration de principes fondamentaux que Still a puisés dans la médecine, la phrénologie, le mesmérisme, le reboutement, l’évolutionnisme, le spiritualisme et bien d’autres sans doute et qu’il a intégrés dans un nouveau corpus. Bien que résultant de l’assemblage de différents corpus, Still finira par considérer l’ostéopathie comme une entité à part entière, présentant sa propre cohérence. Tous les éléments qui ont servi à la constituer n’ont plus lieu d’exister séparément. Bien qu’il ait exercé phrénologie, mesmérisme, reboutement et médecine, il finira par refuser de considérer ces pratiques comme faisant partie de l’ostéopathie. Pour lui désormais, l’ostéopathie est une  :

« Certains pensent que l’ostéopathie est un système de ’massage’, d’autres qu’il s’agit de ’guérison par la foi’. Pour ma part, je n’ai aucune ’foi’, je désire seulement que le fondement soit la vérité. D’autres pensent qu’il s’agit d’une sorte de chamanisme magnétique. Elle n’est rien de tout cela ; elle est fondée sur des principes scientifiques. »38
Également : « Si, parce que je dénonce les drogues, vous me prenez pour un scientiste chrétien39 retournez chez vous, prenez une dose de raison et débarrassez-vous de telles notions. Si vous me considérez comme mesmériste, une grande dose d’anatomie pourrait chasser cette pensée. »40

On pourrait penser qu’il s’agit de trahison, qu’il oublie ce qu’il a été. Nous ne le pensons pas. Pour nous, il s’agit de cohérence :

« On utilise des filets pour attraper les poissons ; mais lorsque les poissons sont pris, ou oublie les filets. On utilise des pièges pour attraper les lièvres  ; mais lorsque les lièvres sont pris, on oublie les pièges. Les mots sont utilisés pour transmettre les idées ; mais quand les idées sont saisies, les hommes oublient les mots. »41

Cette compréhension nous permet également de mieux saisir le sens de certaines citations :

« Nous croyons que notre maison thérapeutique est juste assez grande pour l’ostéopathie et que si d’autres méthodes y pénètrent, beaucoup d’ostéopathie devra en sortir. »42

La cohérence de l’ostéopathie est sans doute l’élément majeur qui lui a permis de traverser les quelque cent années écoulées tout en demeurant bien vivante, malgré les oppositions violentes, les mauvaises interprétations, les malversations dont elle a été victime, malgré les ostéopathes eux-mêmes. Cette cohérence est un formidable fulcrum, un point d’appui d’une stabilité à toute épreuve. Au cours de l’histoire ont existé de nombreux systèmes qui ont aidé les hommes à vivre et à se soigner. Aucun ne s’est maintenu, sans doute parce qu’aucun n’a présenté une telle cohérence, une telle fidélité par rapport aux essentiels de la vie, ou bien parce que ceux qui en avaient la charge n’ont su maintenir la cohérence du système qu’ils utilisaient. Cela devrait nous servir de leçon. Tant que nous demeurons dans cette cohérence, nous pouvons nous épanouir et prospérer. Notre survie aujourd’hui en tant qu’individus et en tant que groupe dépend étroitement de notre fidélité et de notre attachement à cette cohérence. Still l’indiquait déjà :

« N’ayez pas peur des ennemis qui ont attaqué chaque progrès que nous avons entrepris. Ils ne peuvent nous nuire, leurs coups ne sont que bénédictions déguisées. Notre plus grand danger, le seul danger qui peut en fait menacer le futur de l’ostéopathie réside dans les erreurs de ceux qui se prétendent nos amis. »43

En même temps, cette cohérence rend l’ostéopathie difficile à expliquer et à comprendre, même et surtout aujourd’hui, pour quelqu’un d’extérieur. Le témoignage du Dr Smith44, dont parle Still dans son Autobiographie est à ce propos très intéressant. Après s’être fait soigner par Still, Smith lui demande d’expliquer l’ostéopathie :

« Ce qu’il me dit semblait tellement éloigné de tout ce qu’on m’avait enseigné dans les écoles médicales, si complètement absurde et chimérique que je lui demandais des preuves de ce qu’il avançait. Les preuves me furent données par les quelque seize patients qui témoignèrent de leur condition lors de leur arrivée à Kirksville et de leur état consécutif au traitement. [...] Laissez-moi vous dire que l’ostéopathie ne peut être évaluée que par un esprit clair et sans préjugé. Si un homme, un médecin, vient à Kirksville et entend ce qu’il entendra tout en raisonnant à partir de ce qu’il a appris dans une école médicale, la seule conclusion possible pour lui est que l’ostéopathie est une tromperie et une illusion, une gigantesque foutaise destinée à extorquer tous les mois des centaines de dollars aux malades et aux affligés. Mais, si l’investigateur se donne la peine d’approcher le problème comme s’il n’y connaissait rien (et quatre années d’expérimentation de l’ostéopathie, me permettent d’affirmer que les docteurs n’y connaissent pas grand-chose), de ne rien accepter pour acquis, de n’accepter aucune déclaration pour ou contre l’ostéopathie, mais de se contenter d’interroger une douzaine de patients en les considérant comme des hommes et des femmes sensés et non comme des hystériques, prêts pour l’asile d’aliénés ou comme des menteurs patentés, alors, s’il est homme honnête, il devra conclure, comme je le fis, qu’il existe encore des choses dans l’art de guérir qui ne sont pas connues de la profession médicale. »45

Pour les mêmes raisons, l’ostéopathie est difficile à transmettre. C’est un des problèmes majeurs que Still eut à confronter sur la fin de sa vie. D’ailleurs, en 1891, alors qu’il commençait à penser à la création de son école, il envoya son fils Charles auprès du juge Ellison, chargé d’accorder les statuts pour ce genre d’organisme. Celui-ci refusa, répondant :

« Ne vous faites pas d’illusions. Votre père a un don, mais lorsqu’il mourra, ce système disparaîtra avec lui. »46

Still fit ce qu’il put compte tenu de la conscience des gens qui l’entouraient et de la sienne propre. Aujourd’hui, le flambeau est entre nos mains. Tout n’a pas été transmis, et de loin. C’est à nous de poursuivre. Et nous rencontrons la même difficulté : transmettre un tout indivisible. Nous ne pouvons faire autrement que de le morceler. Ce morcellement est aggravé par la vertigineuse multiplication des données concernant notre monde et la vie, intervenue depuis cent ans. Transmettre l’ostéopathie est aujourd’hui une gageure ! Le morcellement, même s’il est obligatoire, va dans une direction résolument opposée à la direction stillienne. Le risque est de voir le concept ostéopathique se diluer, perdre la cohérence qui fait sa puissance. Les difficultés des ostéopathes américains nous montrent ce qu’il ne faut pas faire.

Nous devons donc être particulièrement attentifs à retrouver nos sources, à nous y relier, à tenir le fil d’Ariane qui nous unit aux fondements essentiels de l’ostéopathie et de la vie. C’est le seul moyen de pouvoir réintégrer les données et de retrouver la cohérence, l’intégrité, gages de notre survie.

Nous croyons sincèrement que les ostéopathes, en France et ailleurs, ont largement sous estimé l’héritage transmis par A. T. Still. La prise de conscience de l’immensité de son travail doit nous faire comprendre que la médiocrité nous est interdite. Puisse le contact renoué avec leurs sources aider les ostéopathes à comprendre enfin le joyau qu’ils ont entre les mains.

 

La démonstration procure le fait qui sous-tend l’assertion.
Donnez-moi ce que vous voulez, mais pas de théorie que vous ne puissiez démontrer.47

 

Bibliographie

Booth, Rutledge, 1905-2011. History of Osteopathy and Twentieth-Century Medicine. Lightning Source, Milton Keynes UK, 480 p., ISBN : 978-1-149408-28-5.
Frymann Viola : Motion - the difference between life and death : Thomas L. Northup Lecture, November 8, 1977. In Collected Paper of Viola Frymann, AAO Editor, 1998.
Hildreth, Arthur.G : The Lengthening Shadow of Dr. Andrew Taylor Still,
Schnucker, R. V., 1991. Early Osteopathy in the Words of A.T. Still. The Thomas Jefferson University Press, Kirksville, Missouri, 382 p., ISBN : 0-943549-11-6.
Spencer, Herbert, 1885. Premiers Principes. Félix Alkan, Paris, , ISBN : .
Still, Andrew Taylor, 1998. Autobiographie. Sully, Vannes, 362 p., ISBN : 2-911074-08-4.
Still, Andrew Taylor, 2017. Autobiographie Édition révisée. Sully, Vannes, 464 p., ISBN : 978-2-35432-207-6.
Still, Andrew Taylor, 2001. Ostéopathie, recherche et pratique. Sully, Vannes, 314 p., ISBN : 2-911074-29-7.
Still, Andrew Taylor, 2003. Philosophie de l'ostéopathie. Sully, Vannes, 320 p., ISBN : 2-911074-64-5.
Still, Andrew Taylor, 2009. Philosophie et principes mécaniques de l'ostéopathie. Sully, Vannes, 370 p., ISBN : 978-235432-037-9.
Still, Charles, 1991. Frontier Doctor, Medical Pioneer. The Thomas Jefferson University Press, Kirksville, Missouri, , ISBN : 0-943549-13-2.
Talbot, Michael, Mysticisme et physique nouvelle, Le Mail – Mercure de France, Paris, 1984.
Tort, Patrick, 1996. Spencer et l'évolutionnisme philosophique. PUF Que sais-je ?, Paris, 130 p., ISBN : 2-13-048034-9.
Trowbridge, Carol, 1999. La Naissance de l'ostéopathie. Sully, Vannes, 292 p., ISBN : 2-911074-16-5.

Références

1 A. T. Still : Autobiographie, p. 237 Discours de Still dans le Memorial Hall du collège de Kirksville, le 22 juin 1895.
2 A. T. Still : Autobiographie, p. 73-74
3 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 47.
4 Ibd. p. 48.
5 Calomel : Protochlorure de mercure (Hg2Cl2). Poudre blanche très fine, très dense, insoluble dans l’eau. Utilisée en interne pour son action sur le tractus digestif (antiseptique doux, vermifuge, décongestionnant du foie, cholagogue) et en pommade comme antiseptique. L’utilisation du calomel provoquait l’intoxication au mercure.
6 A. T. Still : Autobiographie, p. 167-68.
7 Ibid. p. 242.
8 Ibid. p. 76.
9 A. T. Still, Osteopathy, Research and Practice, p. 341.
10 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 94.
11 A. T. Still : Autobiographie, p.113.
12 Méthodisme : doctrine d’une église évangélique protestante, fondée en Angleterre, au début du XVIIIème siècle sur les principes de John et Charles Wesley. La doctrine privilégie l’expérience personnelle de la conversion, de l’engagement et de la sanctification. Elle se caractérisée par une quête incessante vers la perfection et par un intérêt actif pour le bien-être social et la moralité publique.
13 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 3.
14 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 26.
15 A. T. Still : Autobiographie, p. 51.
16 Phrénologie : Discipline fondée par l’autrichien F. J. Gall (1758-1828) vers les années 1780, selon laquelle toutes les facultés et inclinations ont leur siège sur les saillies cérébrales sur lesquelles se moulerait la calotte crânienne, d’où la possibilité de connaître ces facultés et inclinations en inspectant les bosses du crâne. Cette approche influença beaucoup de chercheurs de l’époque tels les Français Broussais, Broca, Compte et des Anglais comme Charles Darwin, Herbert Spencer, ou le biologiste H. Russel Wallace.
17 Mesmérisme : Système de guérison développé par un médecin autrichien Franz Anton Mesmer (1734-1815), fondé sur le magnétisme animal. Mesmer traitait des patients névrosés en utilisant des aimants et l’hypnose qu’il inventa.
18 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 97.
19 Voir à ce propos le chapitre 10 de L’Autobiographie.
20 A. T. Still, " Quelques unes des circonstances et des expériences personnelles qui conduisirent à traiter les maladies corporelles sans recourir aux drogues, " (manuscrit original, non daté), Still National Osteopathic Museum, Kirksville. In C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 113.
21 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 136.
22 Charles Darwin (1809-1890) : Naturaliste anglais, auteur de la théorie de la sélection naturelle, explication partielle du renouvellement des faunes et des flores et du caractère adaptatif de l’évolution. Cette théorie est pour la première fois présentée dans son ouvrage De l’origine des espèces par voie de sélection naturelle, publié en 1859.
23 A. T. Still : Autobiographie p. 127.
24 Herbert Spencer (1820-1903) Philosophe anglais, fondateur de la philosophie évolutionniste. Ses étude furent surtout consacrées au processus de différenciation, au passage de l’homogène à l’hétérogène, loi de tout développement organique. Il tenta d’élargir le concept d’évolutionnisme à tous les domaines des activités humaines, notamment la psychologie, la sociologie, l’éthique, etc.
25 Herbert Spencer : Premiers Principes, p. 355 de l’édition française.
26 Ibid., p. 257.
27 Herbert Spencer : Principes de biologie, p. 74.
28 Herbert Spencer : Premiers Principes p. 173.
29 Extrait d’une lettre de Spencer à son père, citée par Patrick Tort in Spencer et l’Evolutionnisme philosophique, p. 14.
30 A. T. Still Autobiographie, p. 221.
31 Voir Moore, Post-Darwinism Controversies, 111. Moore utilise la théorie de Leon Festinger sur la dissonance cognitive ou la réponse humaine pour se forger une opinion dans les situations de crise pour expliquer le traumatisme que beaucoup d’évolutionnistes expérimentèrent. Still correspond parfaitement à ce schéma. Beaucoup de ceux qui se trouvent confrontés à la nécessité de décider et de choisir entre deux idées irrésistibles et cependant conflictuelles souffrent de frustration et d’anxiété jusqu’à ce que, au moins dans leur esprit, le conflit soit résolu. Selon Festinger, les phases du trauma sont  : (1) un état de tension  ; (2) la personne s’en remet à l’une des alternatives  ; (3) alors s’ensuit une dissonance ou une persistance de la tension à cause du choix effectué  ; (4) ensuite vient la réduction de la dissonance, là où s’exerce une pression pour harmoniser sa pensée. Cette résolution demande du temps.
32 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 106.
33 A.T. Still  : Autobiographie, pp. 105-106.
34 Ibid., p. 237 Discours de Still dans le Memorial Hall du collège de Kirksville, le 22 juin 1895.
35 Viola Frymann : Motion - the difference between life and death : Thomas L. Northup Lecture, November 8, 1977. In Collected Paper of Viola Frymann, AAO Editor, p. 251.
36 A.T. Still  : Autobiographie, p. 208.
37 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 140.
38 A. T. Still : Autobiographie, p. 252.
39 Christian Science : Église et système religieux fondés par Marie Baker Eddy, enseignant que la réalité objective de l’existence est sous tendue par l’amour divin et mettant l’accent sur la guérison à l’aide de moyens spirituels. Egalement appelée Eglise du Christ, Scientiste.
40 A. T. Still : Autobiographie p. 213-14.
41 Tchouang-tseu, un des pères du taoïsme, cité par M. Talbot dans Mysticisme et physique nouvelle, p.  93.
42 A. T. Still : Osteopathy, Research and Practice § 22.
43 Arthur.G. Hildreth: The Lengthening Shadow of Dr. Andrew Taylor Still, p. 211.
44 Il s’agit du Dr William Smith d’Edimbourg. Il avait en fait parié avec certains médecins de Kirksville qu’il parviendrait, grâce à un interrogatoire serré, à confondre Still, considéré comme un charlatan. Il devint enseignant d’anatomie au collège de Kirksville (source : Frontier Doctor, Pionnier Doctor, Charles E. Still Jr., pp.139-140.)
45 R. V. Schnucker, Early Osteopathy, p. 75. Il s’agit du récit par le Dr Smith de la première visite qu’il fit à A. T. Still.
46 C. Trowbridge : A. T. Still 1828-1917, p. 141.
47 A. T. Still : Autobiographie, p. 257.

 

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