Approche tissulaire de l'ostéopathie

Notre ancêtre méconnu

Inconnu-03Théodore Vacherin (1835-1913)

Contrairement à ce qui a été proposé dans un récent article, ce n'est pas à Wharton Hood que l'on peut (et doit) attribuer la véritable paternité de l'ostéopathie, mais à un rebouteux français de la fin du XIXe siècle, Théodore Vacherin.
Je ne puis m'empêcher aujourd'hui d'évoquer sa mémoire, puisqu'il est décédé voilà tout juste 100 ans, le 1er avril 1913. C'est en fait lui qui est le principal inspirateur de ce qui est devenu l'ostéopathie. S'il est aujourd'hui méconnu, c'est qu'il n'a laissé aucun ouvrage publié. J'ai eu la chance de découvrir plusieurs carnets de notes manuscrites dans lesquels Vacherin à consigné l'ensemble de sa démarche, de ses réflexions et de ses techniques.

Dans les années 1850, il reçut la visite d'un américain, Larry-Belin CRACKER, venu en Normandie pour y étudier la fabrication du cidre, du calvados et du pommeau, afin de l'exporter aux USA. Ce Larry B. Cracker s'étant fait un tour de rein, il fut amené à Vacherin qui le sauva. Cracker décida alors d'étudier les techniques de Vacherin pour les exporter, elles aussi aux USA.
Il oublia simplement de mentionner l'origine de son savoir lorsqu'il revint aux USA et enseigna à ses compatriotes ce qu'il avait découvert en France.

Un praticien émérite
Vacherin exerça toute sa vie dans son village et c'est sans doute la raison pour laquelle il n'est pas connu car la campagne n'est pas propice au rayonnement des grands hommes. Il fut pourtant durant de longues années le maître incontesté des concours de "Crakboum". Ces concours organisés dans les villages entre praticiens et rebouteux consistaient à déterminer qui serait capable d'effectuer les meilleurs craquements. Il y avait trois épreuves, la puissance, la célérité et le fond.
La puissance consistait à faire le plus fort crac sur une articulation. Mais les moyens techniques de l'époque ne permettant pas de déterminer avec certitude qui avait effectivement été le plus puissant, ce concours dégénéra en chicanes, luttes d'influence et pots de vins. Il fut abandonné après trois ans d'existence.
La célérité consistait à effectuer le plus de craquements articulaires possibles dans le temps imposé d'une minute. Vacherin tint longtemps le record avec 4895 craquements. Il a été détrôné depuis, mais les progrès de notre temps sont tels que cela n'a rien d'étonnant. Il fallut cependant attendre, si l'on en croit le Livre Guiness des records 1987 pour voir l'américain Larry Bulding atteindre 4899. Un doute plane cependant, car il fut suspecté de dopage, sans que cela puisse être prouvé.
Le fond consistait à craquer sans interruption le plus longtemps possible un patient. La encore Vacherin se montra grand maître avec un temps de 5 heures 25 minutes et 35 secondes. Ce record n'a jamais, à ce jour, été égalé.

Par ailleurs, il étudia très précisément la colonne vertébrale et ajouta aux connaissances de l'époque d'intéressantes études complétant heureusement le savoir sur cette partie du corps. Il est le premier à avoir décrit le Machinchose syndrome pourtant très fréquent au niveau de la colonne vertébrale (voir schéma).

Machin-chose
Le politicien
En 1859, il fut en effet élu maire de son village. Grisé par ce succès, il se présenta aux élections cantonales deux ans plus tard mais fut battu par un autre rebouteux du village voisin, Mézydon-La-Pognasse, un nommé Napoléon Bougnaplat. Ce personnage, pourtant brute notoire, avait eu la chance de guérir quelques personnes influentes et cela lui servit de publicité.
Il faut dire que les deux villages, se livraient à une guerre ouverte depuis longtemps. La Pognasse et la Manip sont deux petites rivières qui se jettent dans le Lucre. Le village de Vasydon était à cette époque le plus vivant, le plus commerçant, mais Mézydon était le chef lieu de canton, d'où cette rivalité.
Une autre chose attisait la hargne des politiciens et de leurs administrés, c'est que depuis la nuit des temps, le conseiller général de Mézydon était élu député de Bourg Largent, la sous préfecture locale construite sur le Lucre. Cela était tellement traditionnel, que dans ce milieu paysan, souvent constitué de gens peu instruits, à cette époque, on votait automatiquement pour le conseiller général en titre lors de l'élection du député.
Théodore Vacherin vit ainsi lui échapper une carrière politique qu'il espérait longue et brillante. Il ne se remit jamais de cet échec et abandonna à jamais la politique, mais pas le regard acerbe sur les politiciens.
Je vous invite tous, vous qui avez compris la portée de son œuvre à nous retrouver ce 1er avril à Vasydon-La-Manip pour l'inauguration de la statue et du monument commémoratif que la région Normande a grandement contribué à ériger à la mémoire de Théodore Vacherin, notre grand génial ancêtre méconnu.

Peter Woolmark.

 Concours-Crackboum