Approche tissulaire de l'ostéopathie

Pourquoi ces concepts spiritualistes ?

Ces concepts très spiritualistes me dérangentfleche-h

Cela est compréhensible. Il serait peut-être important de déterminer pourquoi, l'abord de ces choses à un niveau spirituel vous dérange. Est-ce à cause de convictions personnelles qui se trouvent dérangées, à cause du « qu'en dira-t-on ? » relativement à la reconnaissance officielle ou par le monde scientifique, ou parce que vous avez vécu des expériences ou rencontré des personnes qui vous en ont donné une mauvaise image ?

Le concept ostéopathique dit s'intéresser à la globalité. La question se pose de savoir où s'arrête la globalité ou plus exactement, où je m'arrête dans la manière d'envisager la globalité. Je peux l'envisager au niveau du système corporel seul, ce qui est déjà, par rapport à l'approche médicale classique, une belle avancée. Mais un être humain se cantonne-t-il à un corps physique ? Question de croyance, sans doute.

Still, dans sa considération de l'être humain et de l'ostéopathie, incluait l'aspect spirituel : « ... notre raison nous oblige à conclure à l'existence d'un être supérieur qui conduit l'homme matériel, le soutient, le supporte et le protège du danger  ; et après toutes ces explications, nous devons décider que l'homme, lorsqu'il est complet, est trinitaire. En premier, le corps matériel, en second, l'être spirituel, en troisième, un être de pensée de loin supérieur à tous les mouvements vitaux et aux formes matérielles, dont le devoir est de diriger sagement ce grand mécanisme de vie. » (Philosophie de l'ostéopathie, p. 49). Alors, vouloir aujourd'hui se débarrasser de l'aspect spirituel de l'ostéopathie, quelles qu'en soient les raisons, revient à l'amputer d'une dimension que je considère comme essentielle.

Concernant l'approche tissulaire, passant par l’expérimentation, j’ai essayé d’interpréter des phénomènes à la lumière de ma conscience personnelle actuelle et de ce que disent d’autres praticiens. Mon objectif n’est pas d’imposer une philosophie, mais de formuler un modèle destiné à nous servir de référentiel et qui présente l’avantage d’être en accord avec les philosophies de Still, de Sutherland et de bien d’autres sources, même plus traditionnelles.

L’utilité du modèle se démontrera (ou non) par la meilleure compréhension qu’il permet d’apporter à notre expérimentation, et les résultats que nous obtiendrons dans notre pratique.

Peut-être faudrait-il envisager ce modèle comme un outil avant de le voir comme l'adhésion obligatoire à quelque croyance. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'adhérer à une croyance pour expérimenter l'outil. Il convient de placer les choses à un niveau beaucoup plus pragmatique : lorsque je j'utilise (honnêtement) cet outil, que se passe-t-il dans mon traitement, dans la relation qui s'établit alors avec le patient et son système corporel ?

Si la mise en oeuvre de l'outil s'avère performante, alors je le conserve dans ma « boîte à outils. » S'il n'est pas performant, je ne le conserve pas.