Approche tissulaire de l'ostéopathie

Le partenaire silencieux de Rollin Becker - L'ordinaire

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Dans la pratique, 99% des cas que vous recevez souffrent de trucs ordinaires, ce qui vous fait dire : « Pourquoi dois-je m’occuper de ça ? » Ce sont des plaintes du genre : « Je me suis tordu le petit doigt » ; « j’ai mal à la nuque » ; « Ma fille a une amygdale un peu rouge. » Voilà le genre de truc ordinaire qui constitue la pratique courante et qui vous rend indolent, disant : « Voyons ça rapidement. Maintenant, au-revoir. » Mais en travaillant ainsi, vous allez seulement vous prouver que vous pouvez être indolent. Il faut que vous vous mettiez en contact avec votre Partenaire Silencieux, que vous vous abandonniez à lui et au leur. Donnez-lui cette petite attention supplémentaire. Peut-être ça ne prendra que quelques minutes pour vraiment le contacter, pour réellement le percevoir, pour entendre réellement ce qu’ils essaient de vous dire à travers lui.
Que faites-vous ? Vous n’allez pas devenir psychologue. Et pourtant, automatiquement, vous déchargez ce qui se trouve là. Vous déchargez une partie des saletés qui ont permis au problème d’exister là. Le service que vous donnez vient du dedans, même lorsque la plainte du patient est mineure. Et le faire heure après heure, de manière continue demande beaucoup de travail. Cela demande beaucoup d’efforts conscients, pendant un certain temps, jusqu’à ce que ça devienne une habitude. Non, ce n’est jamais complètement une habitude. Vous en arrivez seulement à un point où il vous faut moins de temps pour vous rappeler de le faire.

Une pratique courante, même la mienne, n’a rien d’enthousiasmant ; pourtant j’attire probablement à moi plus de cas étranges que n’importe qui en ville. Je pense qu’il est important de se sentir aussi responsable pour les cas mineurs qui viennent vous voir que pour ceux qui éveillent réellement votre intérêt. Mais c’est difficile à maintenir continuellement, et il y a des jours plus difficiles où cela semble impossible. Nous avons tous nos hauts et nos bas. Ne dramatisons pas, toute pratique comporte son lot de satisfaction parce qu’il y a tellement de gens différents, que cela entretient l’intérêt.

Ce dont nous parlons ici n’est pas spécifique au monde des médecins. Les règles sont les mêmes partout. Lorsque j’étais au Michigan, je côtoyais un amis ingénieur qui avait 30 ingénieurs sous ses ordres au sein de son entreprise. Il eut une attaque cardiaque et j’allais le traiter chez lui. En réfléchissant à son travail, il se rendit compte qu’il avait, au sommet, trois ingénieurs vraiment excellents. Il savait que s’il mourait, grâce à eux, son travail se poursuivrait comme avant. Puis, au milieu, il y avait un groupe d’ingénieurs simplement bons et, à la base, il semblait y en avoir trois qui n’étaient pas bons. Le point important, c’est que si vous voulez jouer un jeu et vous trouver dans les premiers 10%, vous devez fonctionner en utilisant toutes vos aptitudes ; il en faut simplement plus pour le faire. Et peu importe le jeu que vous considérez.
En tant que médecins, nous passons quatre années de notre vie à la poursuite d’un parchemin, du plus bel effet une fois accroché au mur. Alors, nous sommes libres de pratiquer égoïstement et de gagner des millions de dollars : « Voilà le Dr Brown dans sa nouvelle voiture de sport. » Est-ce vraiment satisfaisant ? Très médiocre à mes yeux – je ne m’y intéresse pas du tout. J’ai utilisé la formation médicale et le parchemin obtenu, comme excuse me permettant de pratiquer de la manière que j’ai choisie. Le truc, c’est que la médecine, aussi bien que n’importe quelle profession honorée, c’est seulement la possibilité de travailler. C’est tout ce que c’est.