Approche tissulaire de l'ostéopathie

L'iDEST Ostéo

livre LeMoal

Luc LE MOAL

Sauramps Médical ISBN : 979-10-30301-33-5
Une méthode d'évaluation pour les ostéopathes

L'iDEST Ostéo est une méthode d'analyse tactile qui permet d'objectiver les dysfonctions corporelles inscrites dans la globalité.
Couplé avec une approche intersubjective originale, le diagnostic ostéopathique gagne ainsi en fiabilité.
Avec ce système, il devient bien plus facile de représenter ces dysfonctions de façon imagée et de rendre compte de l'évolution des soins.
Quelle que soit la méthode d'évaluation ou de soin utilisée, l'iDEST peut se déployer pour expliquer aux patients ce que l'ostéopathe fait et garder une trace de son travail ; c'est un devoir professionnel minimum et il est possible d'en rendre compte d'une manière intelligible par tous, y compris à l'occasion d'une expertise.

Introduction

Introduction

Depuis que j'ai découvert l'ostéopathie, je dessine rapidement ce que mes mains perçoivent des tissus de mes patients. Comme une bande dessinée, ces images toutes simples reflètent un invisible de leurs corps qui évoluent en même temps que leurs progrès ; cela les étonne !

Bien sûr, pour un ostéopathe, dire, écrire ou dessiner ce qu'il perçoit n'est pas indispensable. Il lui suffit d'écouter, d'observer, de percevoir et de soigner ! La fine approche tactile de l'iDEST y suffit complètement. Mais quelle que soit la méthode d'évaluation ou de soin utilisée, l'iDEST peut se déployer pour expliquer à nos patients ce que nous avons fait et garder une trace de notre travail ; c'est un devoir professionnel minimum et il est possible d'en rendre compte d'une manière intelligible par tous, y compris à l'occasion d'une expertise.

L'iDEST Ostéo est une méthode d'analyse tactile qui permet d'objectiver les dysfonctions corporelles inscrites dans une globalité. Couplée avec une approche intersubjective originale, le diagnostic ostéopathique gagne ainsi en fiabilité. Il est alors possible de représenter ces dysfonctions de façon imagée et de rendre compte de l'évolution des soins.

Dans les années 2008, au cours de ses études, un ami élève à la British School of Osteopathy m'a suggéré de venir transmettre les bases de ma méthode d'évaluation ainsi que celles de ma pratique à des étudiants de son école. En Grande-Bretagne, les étudiants peuvent faire venir des enseignants à titre privé dans les locaux de leur collège. Ainsi, pendant quelques années, j'ai pu entrer à Londres dans la plus vieille école d'ostéopathie d'Europe. Les questions en toute langue de ces étudiants m'ont interpellé. Cet ouvrage en reformule notamment les réponses et son contenu s'ouvre maintenant à tous.

La variété des stagiaires que j'ai rencontrés a contribué à la mise en forme de ce travail. Tous se sont montrés des ostéopathes attentifs à des patients uniques. Ils savent que leur toucher au sein des différentes structures dures, molles ou liquides du corps, interagit sur une systémique dont certaines altérations de la mobilité peuvent être source de perturbations de tout ordre, voir de maladie. Si préventivement ou pour restaurer la santé, tous cherchent à résoudre les restrictions de mobilité1, leurs méthodes de soins sont très nombreuses.

Ainsi, pour résoudre les restrictions de mobilité, il existe, pour simplifier, deux manières de procéder : les méthodes « directes » et « indirectes. » L'image d'un enfant accompagné d'un adulte qui hésite pour traverser la rue peut nous aider à comprendre.

  • les méthodes « directes »1 sont un peu comme si l'adulte décidait de faire traverser l'enfant en le tirant soudainement, par la main. Ainsi, ces méthodes ajustent directement la zone en restriction à l'aide de manipulations rapides pour faire jouer un réflexe de détente. La mise en œuvre de ces manipulations se voit et parfois une articulation peut émettre un craquement.
  • les méthodes « indirectes » sont un peu comme si l'adulte éloignait l'enfant du bord du trottoir pour attendre de le sentir prêt, avant d'accompagner sa traversée. Ainsi les méthodes « indirectes », se servent des dysfonctions des tissus pour les résoudre. La mise en œuvre de ces manipulations se devine et les tissus ne font pas de bruit.

Bien sûr, en fonction des besoins, toutes ces manières de procéder peuvent être utilisées au cours d'un même soin et il existe de très nombreuses sous-branches.
Pourtant, visionnaire, le Dr Still écrivait déjà :

« Et lorsqu'un praticien n'utilise pas la même méthode qu'un autre, cela ne démontre aucunement l'ignorance criminelle de la part de l'un ou de l'autre, mais simplement deux moyens différents pour obtenir un même résultat. »2

Il me faut encore dire que les recherches faites, a posteriori, pour élaborer ce document m'ont permis, grâce à de fidèles confrères et amis de comprendre que je n'avais fait que redécouvrir ou dire avec des mots adaptés un certains nombre de réalités que nos maîtres et en particulier J.E. Upledger avaient parfois déjà exprimées autrement.

Alors que l'essentiel de la rédaction de ce travail était accompli, ma participation au tout nouveau Diplôme Universitaire de philosophie de l'ostéopathie de l'UCLY de Lyon a été précieuse pour donner du sens à mes intuitions, nommer mes pratiques empiriques, découvrir que j'utilisais sans le savoir, depuis longtemps, une forme d'intersubjectivité et que cette manière de faire a une valeur scientifique.

Puisse ce travail contribuer à mieux comprendre des incompris de la microphysiologie et faciliter l'accès à un diagnostic ostéopathique original.

Luc Le Moal, Montpellier, mars 2017

1. Parmi les méthodes indirecte, la méthode « biodynamique », est à l'image de ce que l'enfant ressent de la présence de l'adulte ; elle lui permet de traverser seul la rue. Ainsi dans les méthodes « biodynamiques », les mains du praticien Induisent un non agir-réceptif qui permet la résolution de la dysfonction. La mise en oeuvre de ces manipulations est discrète.
2.  Still A.T., 2009, Ostéopathie, recherche et pratique, trad. Pierre Tricot, Vannes, Sully, p. 44.