Biologie des croyances - La membrane magique

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La membrane magique

Si l’on admet que la relation à l’environnement est l’élément essentiel dirigeant la vie de la cellule, l’interface entre l’intérieur de la cellule et son environnement, c’est-à-dire sa membrane, devient un sujet d’étude primordial. Bruce Lipton consacre un chapitre entier à la description du fonctionnement de la membrane cellulaire. Malgré sa qualité de scientifique de haut niveau et la complexité des mécanismes mis en jeu, il parvient à décrire ce fonctionnement très simplement et très clairement. Nous ne le détaillerons pas ici, nous contentant d’évoquer quelques points essentiels.

Les protéines membranaires intrinsèques

Il nous parle en particulier de protéine particulières, les protéines membranaires intrinsèques (PMI) qui existent en grand nombre, mais que l’on peut subdiviser en deux classes selon leur fonction : les protéines réceptrices et les protéines effectrices.

PMI réceptrices

Les PMI réceptrices sont les « organes sensoriels » de la cellule, l’équivalent de nos yeux, notre nez, nos papilles gustatives, etc. Ces récepteurs fonctionnent comme des « nano-antennes » moléculaires, syntonisées de façon à réagir à des signaux spécifiques du milieu ambiant. Certains récepteurs sont tournés vers l’intérieur de la surface membranaire pour surveiller le milieu interne de la cellule. D’autres protéines réceptrices sont tournées vers l’extérieur de la surface pour surveiller les signaux externes.

Les « antennes » des récepteurs peuvent également lire des champs d’énergie vibratoire, entre autres celle de la lumière, des sons et des fréquences radio. Les antennes de ces récepteurs d’« énergie » vibrent comme des diapasons. Si une vibration d’énergie dans l’environnement entre en résonance avec l’antenne d’un récepteur, elle modifiera la charge de la protéine ; ainsi, le récepteur changera de forme (Tsong, 1989). Et Lipton de faire remarquer : « Comme les récepteurs peuvent lire les champs d’énergie, la notion que seules les molécules physiques peuvent avoir des effets sur la physiologie d’une cellule est devenue désuète. Les comportements biologiques peuvent être contrôlés autant par des forces invisibles, dont la pensée, que par des molécules physiques, telle la pénicilline. C’est là un fait établi qui fournit un fondement scientifique en faveur d’une médecine énergétique dénuée de produits pharmaceutiques » (Lipton, 2006, 101).

PMI effectrices

Correspondant aux nombreuses tâches à accomplir pour le bon fonctionnement de la cellule, existent différentes protéines effectrices contrôlant le comportement cellulaire. Les protéines du transport, par exemple, comprennent une très grande famille de protéines canal qui transportent des molécules et de l’information d’un côté à l’autre de la barrière-membrane.

L’activité d’un type spécifique de canal, le sodium-potassium ATPase, ou pompe sodium-potassium, mérite notre attention. Chaque cellule compte des milliers de ces canaux intégrés à la membrane. Collectivement, leur activité consomme chaque jour près de la moitié de l’énergie corporelle d’un individu. Mais la pompe sodium-potassium ne fait pas que consommer beaucoup d’énergie, elle en génère également. En fait, l’activité génératrice d’énergie de la pompe sodium-potassium transforme la cellule en pile biologique qui se recharge constamment. À chaque révolution, la pompe sodium-potassium fait sortir plus de charges positives qu’elle n’en laisse entrer dans la cellule. Or, une cellule compte des milliers de ces protéines. Pendant que ces protéines effectuent des centaines de cycles par seconde, l’intérieur de la cellule se charge négativement, alors que l’extérieur se charge positivement. La charge négative sous la membrane est appelée potentiel de membrane. Cependant, les lipides ne laissent pas les atomes chargés traverser la barrière. La charge interne demeure donc négative. Les charges de la cellule, positive à l’extérieur et négative à l’intérieur, font d’elle une pile qui se recharge automatiquement et dont l’énergie sert aux processus biologiques.

Une autre variété de protéines effectrices, les protéines du cytosquelette, règlent la forme et la motilité des cellules. Une troisième variété, de type enzyme, rompt ou synthétise les molécules. « Lorsqu’elles sont activées, toutes les formes de protéines effectrices, y compris celles du cytosquelette, les canaux et les enzymes ou leurs dérivés, peuvent également servir de signal pour activer les gènes. Ces PMI et leurs dérivés produisent des signaux qui contrôlent les liaisons entre les protéines régulatrices des chromosomes formant une ‘manche’ autour de l’ADN » (Lipton, 2006, 86).

Importance de l’environnement

Ainsi, contrairement à l’opinion classique, les gènes ne contrôlent pas leur propre activité. Ce sont plutôt les protéines effectrices de la membrane, fonctionnant en réaction aux signaux de l’environnement captés par les récepteurs de la membrane, qui contrôlent la « lecture » des gènes, de sorte que les protéines épuisées peuvent être remplacées et de nouvelles, créées.

Ainsi, pour Lipton, « le vrai secret de la vie ne réside pas dans la fameuse double hélice, mais dans la compréhension des mécanismes biologiques de la membrane magique, mécanismes d’une élégante simplicité et par lesquels votre corps traduit les signaux de l’environnement par des comportements » (Lipton, 2006, 92) [gras ajouté].