Biologie des croyances - Système nerveux, axe HPA et système immunitaire

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Système nerveux, axe HPA et système immunitaire

Chez les organismes multicellulaires, les comportements de croissance et de défense sont contrôlés par le système nerveux qui surveille les signaux environnementaux, les interprète et détermine une réaction appropriée. Dans les communautés multicellulaires, le système nerveux agit comme un gouvernement dans l’organisation des activités de sa population cellulaire. Lorsque le système nerveux reconnaît un stress environnemental dangereux, il alerte la communauté cellulaire du danger imminent. Le corps est en réalité doté de deux systèmes de défense distincts, chacun étant essentiel au maintien de la vie, l’axe hormonal HPA et le système immunitaire.

L’axe HPA

Lorsqu’il n’y a pas de danger, l’axe HPA [1] est inactif et la croissance s’effectue normalement. Lorsqu’un signal de danger parvient à l’hypothalamus, il active l’axe HPA en envoyant un signal à la glande pituitaire, dont la responsabilité est d’organiser les milliards de cellules de la communauté en vue de réagir au danger imminent.

Pour Lipton, hypothalamus et glande pituitaire sont les équivalents du mécanisme de stimulus-réaction des protéines réceptrices-effectrices de la membrane cellulaire. À l’instar de la protéine réceptrice, l’hypothalamus reçoit et reconnaît les signaux provenant de l’environnement, alors que la fonction de la glande pituitaire est analogue à celle de la protéine effectrice : elle envoie un signal aux glandes surrénales, les informant de la nécessité de coordonner le mécanisme de défense urgente du corps, l’attaque ou la fuite.

Les hormones de stress sécrétées par la stimulation surrénale provoquent la constriction des vaisseaux sanguins du tube digestif, poussant le sang dans les membres, organes de l’action. Cette redistribution du sang des viscères vers les membres provoque une inhibition des fonctions de croissance : avec un apport de sang diminué, les viscères et les organes vitaux cessent leurs activités vitales de digestion, de métabolisation, d’excrétion et d’autres fonctions vitales à la croissance des cellules et à la production de réserves d’énergie. Les réactions de stress inhibent donc la croissance et compromettent la survie à long terme du corps puisqu’elles interfèrent avec la production de réserves d’énergie vitale.

Le système immunitaire

Le système immunitaire nous protège des dangers internes, notamment ceux causés par les bactéries et les virus. Lorsque le système immunitaire est mobilisé, il peut consommer une grande partie des réserves énergétiques du corps. Lorsque l’axe HPA mobilise le corps pour se défendre, les hormones surrénales empêchent directement le système immunitaire de conserver ses réserves d’énergie.

Cerveaux antérieur et postérieur

Les hormones surrénales de stress resserrent les vaisseaux du cerveau antérieur, réduisant ses capacités, et diminuent l’activité du cortex cérébral préfrontal, siège de la volonté et de l’activité conscientes. Ainsi, l’activation de l’axe HPA entrave la capacité à réfléchir rationnellement. Cet état de fait est utile en situation d’urgence, dans laquelle un traitement rapide de l’information est indispensable et parce que le traitement de l’information dans le cerveau antérieur, siège du raisonnement et de la logique, est considérablement plus lent que le traitement des réflexes, contrôlés par le cerveau postérieur. Mais, « s’il est nécessaire que les signaux de stress répriment l’activité consciente qui est plus lente, et ce, pour augmenter les chances de survie, c’est au prix d’une conscience et d’une intelligence réduites (Takamatsu et al, 2003 ; Arnsten et Goldman-Rakic, 1998; Goldstein et al., 1996) » (Lipton, 2006, 185).