William Smith - Imbroglios juridiques

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Départ de Kirksville... Et retour

William Smith reçoit le premier diplôme d’ostéopathie en 1893. Mais il a rapidement envie de pratiquer l’ostéopathie qu’il vient d’apprendre et décide de quitter Still et Kirksville cette même année pour aller s’installer à Kansas City et y créer une clientèle d’ostéopathe. Les liens avec l’ASO ne seront pas pour autant rompus. Après son départ, l’enseignement de l’anatomie sera confié à la première femme diplômée d’ostéopathie, Jenette Hubbard Bolles (1863-1930).

Il semble n’avoir là non plus été très heureux, ce qui le décide à revenir à Kirksville en 1896. Il y enseignera jusqu’en 1910, avec plusieurs interruptions. Pendant cette période, il assurera plusieurs cours sur différents sujets, sauf la chimie. Naturellement, l’anatomie demeurera jusqu’à la fin sa matière de prédilection.

Imbroglios juridiques

Dans le Journal of Osteopathy de juin 1897, Smith énumère ce qu’il considère comme les trois sujets les plus importants pour tout praticien dans les arts de la guérison : à savoir, l’anatomie, la physiologie et la symptomatologie. Dans ce contexte, il cite le cas d’un certain Benjamin White de Macon dans le Missouri qui, prétend-il, a été « abandonné » par les médecins réguliers :

White était arrivé à Kirksville porteur d’un diagnostic de cancer incurable de l’estomac. Smith diagnostiqua avec justesse la « tumeur » de White comme étant une vessie énormément dilatée, qu’il « guérit » par un simple sondage qui rendit plus de deux litres d’urine viciée. D’autres sondages réalisés dans les trente heures qui suivirent rendirent encore neuf litres. Le total dépassait dix neuf litres d’urine en deux jours. Smith expliqua cette considérable quantité comme résultant du « fait » que White n’avait pas uriné pendant les trois mois précédant sa venue à Kirksville.
On lui demanda rapidement des explications concernant cette énorme anurie. Dans le numéro de juillet 1897, du Journal of Osteopathy, il admit maladroitement qu’il avait seulement répété l’affirmation du patient. Et il ajouta que White survécut à trois révolutions lunaires uniquement en dégouttant (débordant) d’urine.
Dans un éditorial du Medical Age (publication interne du laboratoire pharmaceutique de Detroit Parke, Davis & Co.) du 26 juillet 1897, William Mathew Warren (1864-1903) mit en doute les qualifications médicales de Smith, déclarant que n’existait aucune organisation s’appelant Collège Royal de Médecine et de Chirurgie à Édimbourg, ni à Glasgow. Le 16 juillet 1898, Smith poursuivit Warren et Parke, Davis & Co. devant la cour du comté demandant 25 000 dollars de dommages et intérêts pour diffamation.
Dans le même temps, White était mort de complications urinaires, mais ce n’est pas là qu’était le problème, ni dans l’affirmation de Smith relativement à l’anurie gargantuesque de White. Le point principal était que Warren aurait dû enquêter plus sérieusement avant de dénier l’existence de la plus honorable des institutions médico-chirurgicales de l’ancienne Écosse, dans le mesure où une telle dénégation ternissait la réputation de Smith. Cependant, le 27 août 1900, la poursuite fut abandonnée, sans pénalité pour aucune des deux parties (Grigg, 1967, 171-172).