Dain L. Tasker : Les bruits articulaires - Reboutement

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« Reboutement. » - Il a été avancé que l'essentiel du travail de l'ostéopathe consisterait en la rupture d'adhérences qui seraient suffisamment simples pour ne pas être remarquées par les chirurgiens. Il y a grand risque de mal interpréter le travail des ostéopathes dans la réduction des subluxations. Les hommes de la médecine des écoles établies n'ont pas su analyser précisément la condition structurale des articulations avant et après manipulation, ce qui les a fait sauter sur la conclusion que l'essentiel de notre travail ressortissait à celui du « reboutement » faute de terme plus adéquat pour le décrire. Cette appellation de « reboutement » est très populaire, d'abord utilisée en Angleterre pour décrire le travail d'individus généralement non formés qui traitaient les patients par manipulations d'articulations prétendument démises. Des mouvements énergiques dans la direction de l'action normale de l'articulation provoquaient souvent un son de craquement. Lorsque cela se produisait, le rebouteux estimait que son travail était terminé.

Référence historique. - À côté des adhérences existent des conditions limitant les mouvements articulaires qui sont les subluxations. Wharton P. Hood, M.D. M.R.C.S. a proposé dans The Lancet une description de ce qui était communément appelé « reboutement. » Ses articles ont été publiés dans les numéros de mars et d'avril 1871. La même année, ils furent proposés sous forme d'un livre intitulé À propos du reboutement (Ainsi nommé) et sa relation au traitement des articulations estropiées par blessure rhumatisme inflammation, etc., etc. Le Dr Wood eut l'occasion d'observer attentivement un rebouteux de l'époque, M. Hutton. Cet homme chercha à lui apprendre son art en reconnaissance de soins qu'il avait reçus du Dr Peter Hood, le père de Wharton. Dans les pages de ce livre, j'ai trouvé une exposition claire et concise de l'art du rebouteux, ainsi que des compte-rendus d'observations faits par l'auteur, lui-même très au fait des arts médicaux. Dans mon esprit n'existe aucun doute quant à la similitude existant entre ceux que nous reconnaissons comme « rebouteux » et ceux qui ont constitué les bases de l'avancée réussie de l'ostéopathie. La différence tient essentiellement dans les qualifications acquises par l'étude. Le Dr Wood note que les manipulations étaient faites sans aucune connaissance en physiologie et en anatomie, mais étaient néanmoins étonnamment efficaces et il appelle l'attention sur le fait que les plus grands succès, avec probablement le moins de blessure, doivent résulter de ces manipulations, une fois la véritable pathologie de l'articulation bien comprise ; à savoir, lorsque l'opérateur est en fait un chirurgien entraîné, très versé dans les détails de l'anatomie. À l'évidence, alors même qu'il s'en approche beaucoup, comme nous allons l'observer ci-dessous, le Dr Hood ne reconnaît pas les conditions que nous identifions comme subluxations des côtes et des vertèbres. Son attention s'est principalement fixée sur les conditions suivant des degrés plus ou moins importants d'inflammation articulaire, résultant en adhérences ou contractions intra-articulaires. Dans le cas d'adhérences, leur rupture provoque un son qui ne peut se reproduire, alors que des subluxations peuvent se produire de manière répétée dans la même articulation, chaque réduction provoquant un son.