Approche tissulaire de l'ostéopathie

Héritiers dans l'être ou dans l'avoir ?

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L’espace intérieur, un concentré d’informations

Au cours de l’évolution, en amalgamant la matière pour constituer le vivant et en se complexifiant en tant qu’organisme, la conscience, de ponctuelle, est devenue volume. Elle s’est dotée de limites matérielles, une première limite étant la membrane cellulaire. Dans le corps, chaque structure individualisée possède donc un dedans et un dehors séparés par une membrane. Le corps lui-même possède un dedans et un dehors, séparés par la peau.

Le modèle tissulaire postule que dans l’espace ou monde intérieur d’un système vivant existent toutes les informations le concernant. Pour aider ce système de consciences, il faut pouvoir accéder à ces informations, puis trouver celles qui sont déterminantes par rapport à sa difficulté d’être et enfin travailler avec elles pour libérer ce qui doit et peut l’être.

L’information d’une rétention

Une structure vivante qui résiste ou refuse de communiquer parce qu’elle sent sa survie menacée, vit une situation contenant de l’information, plus ou moins riche, plus ou moins complexe, selon la situation vécue. En résistant ou refusant de communiquer, une structure vivante retient de l’énergie, donc de l’information, en relation avec l’événement même qui a produit le refus. Une zone de rétention peut donc contenir différentes informations, relatives aux flux d’énergie impliqués dans sa création ; par exemple :

Décision, considération, refus. Pour qu’une chose existe chez le vivant, il faut une décision qui la fasse exister (un je suis en quelque sorte). Au niveau tissulaire, nous avons du mal à imaginer ce que peut être la décision ou la considération, parce que nous projetons dans les tissus le même concept de conscience que celui qui nous anime. Il faut être beaucoup plus simple. La conscience tissulaire est une conscience élémentaire, presque exclusivement fondée sur le je/non-je, de la pensée quasiment binaire donc. Les réponses à ce niveau seront donc également basiques, fondées sur le type de réponse associée, c’est-à-dire le oui/non. La décision sera donc non pour refuser de communiquer. Il y a peu de place ici pour le peut-être…

La non-communication est la conséquence directe du refus. Elle entraîne une diminution de la conscience d’exister de la zone en refus, qui s’individualise de l’organisme auquel elle appartient. Celui-ci en retour perd la conscience de son existence. La zone en rétention sort peu ou prou du schéma de conscience du système auquel elle appartient, et proportionnellement de son contrôle. Pour cette raison, le patient ne sait pas où se trouvent ses rétentions. Il est seulement conscient des inconforts qui en résultent.

Le mouvement peut faire partie de l’information retenue dans une zone de rétention, notamment si l’incident qui a produit le refus contenait beaucoup d’énergie cinétique. La libération se fera alors essentiellement dans et par le mouvement. Ce type de libération est assez caractéristique du whiplash.

La douleur fait souvent partie de l’information retenue dans les tissus. Elle est même très probablement à l’origine de ce qui a motivé la résistance et le refus. Au moment de la libération d’une rétention, le patient verbalise souvent une douleur, différente toutefois de la douleur inflammatoire apparaissant immédiatement au contact ou à la mobilisation d’une zone corporelle. Celle-là, apparaît au cours du processus, progressivement, et n’est quasiment jamais intolérable, même si elle peut parfois être forte. Le patient verbalise souvent une douleur qui fait du bien, signifiant par là qu’elle correspond à un processus de libération.

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