Approche tissulaire de l'ostéopathie

De la conscience à la matière - Grain de conscience

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"Grain" de conscience

Le « grain de conscience » est donc animé d’un dynamisme antagoniste Je/Non-Je. Mais il n’est pas seul. Il existe au milieu d’autres grains de conscience, de sorte que des relations se tissent entre eux et que le dynamisme antagoniste se transforme pour devenir non seulement Je/Non-Je, mais également Je/Autrui. Ce dynamisme est probablement à l’origine de la tendance qu’ont les grains de conscience à s’agréger pour créer des systèmes, puis des systèmes de systèmes, chacun possédant et manifestant des qualités spécifiques consécutives aux choix d’actualisation/potentialisation des « grains de conscience » qui le constituent, mais également certaines qualités de base fondamentales reliées à ce qui est leur est commun.

Tout et partie, le holon

Arthur Koestler nomme le « grain de conscience » holon. Ce mot est constitué à partir du grec holos, « tout », associé au suffixe « on » désignant une particule, une partie, comme dans proton ou neutron. Il précise que les holons sont à la fois tout et partie et se comportent « partiellement comme une totalité ou totalement comme une partie, selon la manière dont on les regarde. » (Koestler, 1968, 51). Voilà qui renvoie au dynamisme antagoniste, au concept quantique de l’onde et du corpuscule, et rejoint la pensée lupascienne. Koestler insiste également sur l’ambiguïté des termes tout et partie : une « partie », dans l’acception commune, désigne quelque chose de fragmentaire et d’incomplet n’ayant pas d’existence autonome, le « tout » s’envisageant comme quelque chose de complet en soi, n’ayant besoin d’aucune explication. Or, en observant l’univers en général et le vivant en particulier on ne peut s’empêcher de remarquer que des parties, tout en étant englobées par des ensembles plus vastes, peuvent avoir une existence propre, et englober des parties plus petites ayant elles aussi une existence propre, etc. :

« En réalité ’touts’ et ’parties’ au sens absolu n’existent nulle part, ni dans le domaine des organismes vivants, ni dans celui des organisations sociales. Ce que l’on rencontre, ce sont des structures intermédiaires sur une série de degrés dans un ordre croissant de complexité : des sous-ensembles qui révèlent, selon le point de vue, des caractéristiques communément attribuées aux totalités, et d’autres communément attribuées aux parties. [...] Les membres d’une hiérarchie ont, comme le dieu Janus, deux faces qui regardent en sens opposés : la face tournée vers le niveau inférieur est celle d’un tout autonome ; la face tournée vers le haut, celle d’une partie subordonnée. Visage du maître, visage du serviteur. Cet ’effet Janus’ est une caractéristique fondamentale des sous-ensembles dans tous les types de hiérarchies. » (Koestler, 1968, 50-51).

Naissance de l’espace

Selon notre modèle, l’acte être, outre la conscience, produit l’espace. En effet, par la décision ‘Je suis’, Je, conscience, se crée centre, immobile par rapport à une périphérie extérieure qu’il décide être Non-Je. Il fait l’expérience de ce qui s’appelle espace, c’est-à-dire de la distance entre deux points, notamment lui et ce qu’il considère comme extérieur à lui. Cette constatation conduit à une déduction déroutante quoique logique : à chaque conscience son espace. Et si nous transposons cela aux agrégats ou systèmes de consciences, que l’on peut considérer eux-mêmes comme des consciences, chaque agrégat est conscient (mais pas forcément conscient de sa conscience), crée, expérimente et gère (la plupart du temps à son insu) son espace.

Naissance du temps

En se créant Je, par rapport à une périphérie extérieure qu’il décide être Non-Je, le « grain de conscience » expérimente l’espace, mais également le temps. En effet, il vient de créer « quelque chose » un événement, disent les physiciens d’aujourd’hui (lui et ce qu’il expérimente), qui existe dans un maintenant, par rapport à un avant où cela n’existait pas. De plus, pour cette conscience, il ne suffit pas d’avoir décidé d’exister, il lui faut maintenant le vérifier, c’est-à-dire expérimenter qu’elle existe. Elle a besoin pour cela de modifier sans cesse l’état de différence entre elle et son environnement (ce qu’elle considère comme Non-Je). Elle le fait en échangeant avec lui, ce qui crée sans cesse de nouveaux maintenants, différents d’avants. L’expérience que fait la conscience de ces instants successifs constitue le temps. Il est fait de cycles ininterrompus d’échanges, créant autant d’états successifs, et semble couler, de manière irréversible et inexorable à partir du commencement, du premier ‘Je suis’. S’il semble couler inexorablement, c’est que Je le crée d’instant en instant sans même s’en rendre compte. Le temps est donc essentiellement une expérience d’états ou de cycles d’existence qui se succèdent.

Naissance de l’énergie

En créant l’espace et le temps, la conscience crée une infinité de points « extérieurs » avec lesquels échanger pour expérimenter sa conscience. Elle crée donc la potentialité de l’énergie. Qu’échange-t-elle avec l’extérieur ? Elle échange de l’information que nous avons définie dans le premier livre d’approche tissulaire comme « concept qui se déplace » (Brinette, 1992, 23). L’information n’est pas de nature matérielle, elle est sens. Et le sens basique pour une conscience est contenu dans la dialectique Je/Non-Je. Souvenons-nous également que l’énergie se définit comme « information en mouvement » (Brinette, 1992, 23). L’échange de la conscience avec son extérieur mobilise donc de l’information, actualisant (ou créant) ainsi de l’énergie.

Dans notre modèle, espace, temps et énergie sont trois éléments indissociables, consécutifs et inhérents à la conscience. Ils constituent un continuum, fondement de nos univers et que les physiciens modernes connaissent et décrivent de mieux en mieux.

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