Approche tissulaire de l'ostéopathie

Mémoires

  • Intérêt de l’état méditatif de l’ostéopathe lors d’une consultation

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    Flavie TROMBERT

    Mémoire de fin d'étude, juin 2020
    CEESO Lyon

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    Tuteur de mémoire : Patrice TIDIERE DO

    Résumé

    Introduction : De nombreuses études scientifiques mettent en évidence les bienfaits de la méditation sur la qualité de la relation de soin et sur la santé. Notamment sur le syndrome d’épuisement professionnel, le stress ou encore la gestion des émotions. De nombreux ostéopathes reconnaissent l’importance que peut avoir la Présence du thérapeute dans la pratique ostéopathique. Quel est l’impact de l’état méditatif de l’ostéopathe, sur la qualité de sa prise en charge lors d’une consultation ?

    Matériel et méthode : Cinq ostéopathes ont participé de façon individuelle à un entretien d’explicitation d’une durée moyenne de 20 mn. Des codes de verbalisations ont été mis en place permettant l’authenticité de la narration. Un co-codage permettant de limiter les biais liés à la recherche qualitative a été fait.

    Résultats : Huit thèmes ont été mis en évidence : la perception, l’efficacité, l’ancrage, le non-faire, l’intention, l’apaisement, la relation thérapeutique et l’expérience méditative. L’efficacité du traitement ostéopathique est ressortie comme thème central autour duquel s’articulent les autres.

    Discussion : L’état méditatif de l’ostéopathe permet une meilleure efficacité de traitement lors d’une consultation. Le critère d’inclusion de l’étude était cependant restrictif car d’autres ostéopathes ont une pratique similaire à la méditation sans l’appeler comme telle.

    Conclusion : Dans une démarche d’amélioration constante de sa pratique ostéopathique, la méditation est un moyen d’évolution, personnelle comme professionnelle. A la suite de ce travail, une étude quantitative sur l’influence de la méditation en ostéopathie semblerait intéressante.

    Mots clés :Ostéopathie, méditation, efficacité, interoception, relation thérapeutique.

    Introduction

    État de la question

    Par sa posture professionnelle, l’ostéopathe se doit d’établir des modalités relationnelles propices à la prise en charge ostéopathique. La situation relationnelle doit être analysée en fonction du contexte et des personnes environnantes, visant au respect du patient (1).

    La posture professionnelle du thérapeute doit lui permettre de prodiguer des soins appropriés, au bon moment, en prenant en compte les besoins, préférences et valeurs du patient. C’est ce qui définit la relation de soin (2).

    Un article de 2016 précise que la relation de soin apporte un soutien au patient, sans jugement, dans un environnement sécurisant à un moment difficile de sa vie. L’empathie est une des qualités nécessaires pour instaurer une relation de soin thérapeutique de qualité (3-5). L’espace créé par cette relation donnerait un espoir au malade et serait le fondement de sa guérison (6). La qualité d’échange dans la relation de soin favorise l’activation des ressources internes de guérison et d’auto-prise en charge du patient (7, 8).

    Le Dr Corinne Isgnard Bagnis enseignante et chercheuse souligne l’importance et les bienfaits de la méditation dans la qualité de la relation de soin (9). La pratique de la méditation serait bénéfique sur le syndrome d’épuisement professionnel, le stress ou encore sur le maintien d’une juste distance émotionnelle dans la relation de soin.

    Le « bum-out » ou syndrome d’épuisement professionnel est particulièrement présent chez les professionnels de santé. L’Inspection Général des Affaires Sociales (IGAS) a montré en 2016 l’altération de la qualité des soins prodigués par un soignant en « burn-out » (10). La pratique de la méditation serait une prévention à ce syndrome et améliorerait sensiblement l’épuisement émotionnel ressentis (9,11).

    La relation d’aide implique un échange complexe caractérisé par la capacité du thérapeute à s’ajuster à son patient (12). Une juste distance dans la relation thérapeutique permet de préserver un lien empathique tout en évitant la déshumanisation de la relation (13). Trop d’affects non maîtrisés par le praticien compromettent l’équilibre de la relation de soin (5). La pratique de la méditation permet une meilleure gestion de ses émotions grâce à des changements fonctionnels cérébraux (voir le chapitre des rappels).

    L’ostéopathie est « la loi de l’esprit, de la matière et du mouvement » (14). La méditation permet une unification entre le corps et l’esprit par la présence1 du thérapeute dans l’immobilité ou dans le geste (15).

    Pour Pierre Tricot, la qualité de présence du thérapeute est essentielle dans la pratique ostéopathique. Elle permet à l’ostéopathe d’Être et non de Faire, indispensable dans la qualité palpatoire et dans l’efficacité du travail ostéopathique. Cette présence dont découlent l’attention2 et l’intention3 est un travail de ressentis de ses propres sensations corporelles (16). La présence à soi-même permet de mieux s’ajuster à l’autre et de lui porter une attention totale (17).

    L’équanimité est définie comme une tendance dis positionnelle du mental à toutes les expériences ou objets, indépendamment de leur origine ou de leur valence affective (18). Cette posture d’acceptation retrouvé dans la méditation permet de se détacher de ses émotions ou pensées et de ne pas s’y identifier (19). Par cet état, la fixation de l’attention s’en trouve automatiquement améliorée (20).

    Rollin Becker parle également de la nécessité de Présence du thérapeute dans une consultation. Elle lui permet de trouver le Fulcrum, point d’immobilité d’où naît la Puissance du mouvement. L’ostéopathe doit devenir ce Fulcrum pour être un repère stable au patient. Il parle alors de Fulcrum spirituel, ou Partenaire Silencieux (21,22).

    Dans la mise en place de la Présence, R. Becker fait référence au Za-Zen, pratique de méditation utilisant la position du lotus entier (22). Lors de ce travail, R. Becker conseille à l’ostéopathe de considérer ses émotions ou pensées comme des nuages sans y porter attention. C’est le fondement de la méditation de Pleine Conscience (12,15). Selon lui si le thérapeute cherche à nommer ses sensations il passera à côté du traitement car ne sera pas totalement Présent. 11 s’agit de vivre avec sa palpation, en temps réel, sans l’analyser (21).

    Rollin Becker propose une approche plus subjective de la relation de soin, amenant le patient et le praticien à devenir une seule et même entité : « Le praticien est un mécanisme respiratoire primaire involontaire au sein d’une physiologiecorporelle volontaire vivante. Son patient est doté des mêmes qualités Par conséquent, la palpation devient un échange vivant entre deux corps vivants. » (21).

    Pour Viola Frymann, le principe de Présence est une base à toute communication. C’est une façon d’être qui favorise une relation thérapeutique basée sur la confiance, la sérénité et l’écoute. Elle propose également de cultiver la compassion grâce à laquelle le patient pourra exprimer ses besoins les plus profonds (22).

    1La présence se définit comme le fait d’être là, en fixant son attention sur l’espace et le temps présent (16).

    2L’attention est la projection de la conscience vers l’espace physique. Elle crée ainsi un espace virtuel spécifiant les informations qui l’intéressent (16).

    3L’intention est une modulation de l’attention. C’est lui donner un sens. L’intention envoie une information dans le champ virtuel créé par l’attention (16).

     


    Table des matières

     1 INTRODUCTION

    1.1 Etat de la question
    1.2 Rappels
    1.3 Problématique et « Hypothèse »
    1.4 Intérêt de 1'étude

    2 MATERIEL ET METHODE

    2.1 Matériel
    2.2 Méthode

    3 RESULTATS

    3.1 Données générales concernant les ostéopathes
    3.2 Résultats de codage

    4 DISCUSSION

    4.1 La méthodologie par théorisation ancrée
    4.2 Justification des critères d’éligibilité
    4.3 Analyse des résultats par catégorie
    4.4 Biais de l’étude
    4.5 Comparaison du présent mémoire avec une thèse en ostéopathie

    5 CONCLUSION

    BIBLIOGRAPHIE
    REFERENCES
    TABLE DES MATIERES
    TABLE DES TABLEAUX
    TABLE DES FIGURES
    ANNEXES

    Annexe I : Questionnaire de recrutement des ostéopathes fait sur la plate-forme Google Forms
    Annexe II : Lettre d’information destinée aux ostéopathes participant à l’étude
    Annexe III : Formulaire de consentement éclairé
    Annexe IV : Retranscription écrite des entretiens
    Annexe V : Schématisation des résultats finaux du codage théorique

  • La dimension spirituelle de l’Ostéopathie

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    Alexane Bancal

    Mémoire de fin d'étude, juin 2019
    ISOSTEO Lyon

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    Tuteur de mémoire : Fanny BAILLY

    Introduction

    « Le plus grand sujet d’étude de l’homme, c’est l’homme. » [1, 120p], C’est à partir de ce précepte, qu’Andrew Taylor Still1, a donné naissance à son enfant, l’ostéopathie, le 22 juin 1874.
    Il lègue à ses successeurs une définition de l’ostéopathie comme étant « la connaissance scientifique de l’anatomie et de la physiologie utilisée par une personne intelligente et habile, qui est capable de l’appliquer à l’homme malade […] » [2, 252p], Il considère que l’ostéopathie repose sur une connaissance théorique irréprochable, permettant la recherche de la cause de la maladie, du dysfonctionnement. Il insiste fortement sur l’aspect scientifique de cette dernière, pour asseoir sa légitimité face à la médecine. Il dit à ce sujet :

    « Certains pensent que l’ostéopathie est un système de « massage », d’autres qu’il s’agit de “guérison par la foi”. Pour ma part je n’ai aucune “foi”, je désire seulement que le fondement soit la vérité. D’autres pensent qu’il s’agit d’une sorte de chamanisme magnétique. Elle est rien de tout cela ; elle est fondée sur des principes scientifiques. » [2, 252p].

    L’ostéopathie est présentée comme une philosophie de type expérimentale, de laquelle ont découlé les grands principes que sont : l’interrelation réciproque structure-fonction, l’autorégulation, la globalité, la « vie est le mouvement» et la suprématie de l’artère.

    A.T Still, laisse comme héritage à sa descendance une voie philosophique. À ce sujet, il dit à ses élèves que « c’est de la philosophie de l’ostéopathie dont l’homme a besoin. Par conséquent il est indispensable que vous connaissiez cette philosophie sinon, vous échouerez sévèrement et n’irez pas plus loin que le charlatanisme du “viser-rater”. » [1, 204p], Pour lui, la philosophie est une manière d’envisager la vie, concrète et surtout pragmatique [3], Une définition Stillienne de l’ostéopathie est essentielle pour tenter d’avoir une vision globale et profonde de cet art.
    Sa préoccupation première était que l’ostéopathie soit reconnue, qu’une place lui soit concédée par le monde médical et qu’elle soit acceptée socialement. Pour ce faire, il en a défendu corps et âme ses fondements scientifiques.

    Cela étant, à la lumière du contexte américain de l’époque, Dieu, serait à l’origine de cette naissance : « Dieu est le père de l’ostéopathie et je n’ai pas honte de l’enfant de sa pensée. » [2, 233p], Selon A.T Still, le corps humain est une machine parfaite, donc l’homme a forcément été façonné par la main divine.

    Le philosophe qu’il incarne, s’est interrogé tout au long de son parcours sur : le sens de la Vie, la place de l’Homme dans le monde, la compréhension de l’Homme, le Vivant et la Nature, l’univers, la mort, Dieu, la religion, l’esprit, la matière et le mouvement… Toutes ses préoccupations ont également laissé leurs empreintes dans la philosophie de l’ostéopathie.
    L’essence de cette pensée constitue l’identité de l’ostéopathie. Elle pourrait se résumer encore en une dualité entre la science, la matière, et, ce quelque chose d’impalpable, qui ne saurait être nommé, mais qui indéniablement résonne au plus profond de chaque être.

    Quelle est cette chose ? Comment la nommer ? Est-ce de l’ordre de la métaphysique ? Bien qu’inexplicable et invisible, les scientifiques s’accordent de plus en plus à valider l’existence de cette « chose » souvent nommée spiritualité.

    La spiritualité est communément associée aux notions de religion et de philosophie en raison de l’appropriation qui en a été faite au cours de l’histoire. En réalité, cette dernière est différenciable de ces deux aspects, bien que généralement en interaction. Comme l’explique Pierre Hadot :« Il n’est plus de très bon ton, aujourd’hui, d’employer le mot « spirituel ». Mais il faut bien se résigner à employer ce terme, parce que les autres adjectifs ou qualificatifs possibles : « psychique », « moral », « éthique »,« intellectuel », « de pensée », « de l’âme », ne recouvrent pas tous les aspects de la réalité que nous voulons décrire. » [4, 20p].

    Par ailleurs, la spiritualité a dans l’imaginaire collectif une connotation ésotérique, mystique. Le Larousse donne pour définition : « qualité de ce qui est esprit, de ce est qui dégagé de toute matérialité. » [5, 96 lp]. En pratique, « on parle de spiritualité pour la partie de la vie psychique qui semble la plus élevée : c’est notre rapport fini à l’infini, notre rapport temporel à l’éternité, notre rapport relatif à l’absolu. » [6, 954p], Michel Foucault, la définit comme étant la recherche, la pratique, et l’expérience par lesquelles le sujet opère sur lui-même les transformations nécessaires pour avoir accès à la Vérité [7], En ce sens les philosophes anciens, parlent d’exercices spirituels pour que l’Homme puisse accéder à ces transformations [4], L’étymologie la rapproche du « souffle vital » ou de la force vitale [6], notion qui renvoie à la littérature ostéopathique. Le spirituel est donc ce qui s’oppose au matériel, au corporel, au charnel. C’est ce qui appartient à l’Esprit [7], Des traductions d’A.T Still, il faut différencier deux formes d’esprits. La première : L’organisateur (Mind) qui fait référence à l’intellect et à la raison ; il est matière. La deuxième : L’Esprit de vie (Spirit) qui est divin, spirituel, soit la part de l’Homme en connexion avec son créateur [8], A.T Still parle de créateur, de Dieu, d’autres parlent d’univers, de cosmos ou d’âme du monde. La terminologie diverge en fonction des cultures, des croyances ou des époques, mais la quête pour y accéder reste toujours présente.

    Pourquoi A.T Still, le pragmatique, ne s’est-il pas détaché de cette dimension spirituelle ? Comment cette dernière a-t-elle évolué ? Et, quel en est l’intérêt pour l’ostéopathe et la prise en charge de patients ?

    Pour tenter d’en comprendre les apports dans l’exercice de l’ostéopathie, il faut en premier lieu s’intéresser à l’étude de sa genèse, pour saisir ensuite la pratique actuelle en France. À la lumière de ses éléments, il sera plus aisé d’illustrer ce que peut apporter la dimension spirituelle au thérapeute ainsi que dans la prise en charge des patients.

    1. Still AT, Gueullette J-M, Tricot P. Autobiographie du fondateur de l’ostéopathie. édition revue et corrigée. Vannes: Sully; 2017. 461 p. (120 p. 204 p. 166 p. 118 p.)
    2. Still AT. Andrew Taylor Still - Le fondateur de l’ostéopathie : Autobiographie. 3e édition. Vannes: Sully; 2008. 361 p. (252 p. 252 p. 233 p. 233 p. 215 p.)
    3. Tricot P, Gaisnon L. Vie et Oeuvre d’A.T. Still, fondateur de l’ostéopathie. Conférence présentée le 7 mars 2009 ; Société des Ostéopathes de L’Ouest. (35 p.)
    4. Hadot P. Exercices spirituels et philosophie antique. Paris: Albin Michel; 2002. 404 p. (20 p. 21 p.)
    5. Le Petit Larousse illustré. Paris: Larousse; 2010. 1811 p.
    6. Comte-Sponville A. Dictionnaire philosophique. 1 re éd. Paris: Presses Universitaires de France - PUF; 2013. (954 p.)
    7. " Spiritualité, religion, philosophie " : Café Philo Sophia [Internet]. [cité 16 avr2019]. Disponible sur: https://www.cafephilosophia.fr/sujets/spiritualite-religion-
    philosophie/


    Table des matières

    Résumé et abstract

    Introduction

    PARTIE I – État des lieux de la dimension spirituelle de l’ostéopathie – de sa naissance à nos jours

    I. La dimension spirituelle chez Andrew Taylor Still
    II. Une dimension présente chez ses successeurs

    a. Le concept de Souffle de Vie chez W.G Sutherland
    b. L’immobilité de vie chez Rollin E. Becker

    III. Une dimension sous silence : quand le « Mind » éclipse le « Spirit »

    PARTIE II – Réflexion ostéopathique sur l’intérêt de cette dimension chez le thérapeute

    I. L’état d’être ostéopathe

    a. Être présent par la posture
    b. Apprendre à s’abandonner
    c. Accéder au moment présent
    d. Acquérir des sentiments vertueux

    II. Les outils de l’ostéopathe conscient d’etre

    a. L’intention
    b. La perception, une expérience singulière
    c. La communication entre le patient et le thérapeute

    III. Ouverture vers une prise en charge globale du patient

    a. L’unité de l’Homme, une intrication corps-esprit
    b. L’action de l’ostéopathe sur l’invisible à travers le travail de la structure

    Conclusion
    Liste des références
    Annexes

    Annexes

    Annexe 1, Narratif : 5 Mai 1978 : Une nouvelle naissance
    Annexe 2, Narratif : 3 Février 2010
    Annexe 3, Narratif : la consultation de Noémie

  • La perception subtile par l’expérience partagée

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    François Bel
    DU Philosophie de l'ostéopathie - Sept 2016

    Université Catholique de Lyon
    Centre Interdisciplinaire d'Éthique

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    Initiation à la perception subtile par l’expérience partagée
    Tuteur de mémoire : Jean-Marie Gueulette

    Introduction

     Il y a peu de temps, à la fin d'une séance, une patiente dit avoir ressenti de multiples relâchements subtils et variés. Elle me demande : « Mais comment faites-vous pour enseigner cela à vos étudiants? Ce genre de toucher peut-il s'enseigner d'ailleurs? Comment faites-vous dans vos cours? Vous donnez des consignes verbales et les étudiants pratiquent seuls ? Comment faites-vous ? » Je lui réponds que c'est effectivement un défi d'enseigner cela, et que la meilleure façon de procéder c'est de tenter de le faire vivre aux étudiants en les accompagnant dans leur palpation, c'est-à-dire en touchant le patient avec eux, plutôt que d'expliquer longuement, même si c'est tout de même important de donner des consignes verbales.

    Peut-être est-ce par mes origines familiales, où l'on est soignant (médecin, sage- femme, kinésithérapeute,) ou bien enseignant, mais l'idée de transmettre de façon la plus précise l'art de soigner a toujours été une de mes préoccupations. Quand j'ai rencontré l'ostéopathie, il y a plus de 30 ans, j'ai tout de suite été impressionné et émerveillé par les sensations subtiles, hors du commun, que nous pouvions rencontrer par le toucher. Que d'émotions le premier jour où j'ai senti un crâne bouger, ou quand j'ai éprouvé qu'il fallait seulement être là, poser ses mains, pour sentir les tissus se dérouler et s'harmoniser eux- mêmes ! Cela a été possible, grâce à l'apport pédagogique d'enseignants géniaux, comme Franck Gilly par exemple, qui, posant ses mains sur les miennes m'a guidé et m'a fait vivre l'expérience du ressenti de sensations subtiles ostéopathiques hors du commun, je n'ai jamais oublié ces instants primordiaux sur mon chemin d'apprentissage de l'ostéopathie.

    Enseignant depuis plus de 20 ans, je suis particulièrement attaché à vouloir transmettre les concepts ostéopathiques et à faire ressentir aux étudiants la réalité de ceux- ci lorsqu'ils touchent un patient. Mais comment s'y prendre, pour faire percevoir à un étudiant que le concept de vitalité et d'homéostasie qui sous-tend l'efficacité thérapeutique de l'ostéopathie, est bien une réalité palpable ? Comment donc initier l'étudiant à percevoir les sensations subtiles qu'un ostéopathe expérimenté vit quotidiennement ? Cela dépasse les mots, car l'on peut bien tenter d'expliquer et d'enseigner ce qu'il faut sentir, tant que l'étudiant n'aura pas vécu cela, n'en aura pas fait l'expérience, cela restera un concept sans application réelle. Alors que, quand celui-ci en a fait l'expérience, à partir de sa subjectivité palpatoire, un nouveau monde de réalité s'ouvre à lui.

    Pour lui faire vivre cela, de multiples modes d'apprentissage sont possibles, mais celui de l'accompagnement de proximité d'un enseignant qui pose ses mains sur celles de l'étudiant pendant que celui-ci touche le patient est une expérience partagée qui fait souvent date dans le processus d'apprentissage des perceptions subtiles.

    Comme le dit Emeline, étudiante en première année « avant d'avoir fait cette expérience avec vous je pensais comprendre l'ostéopathie, mais, depuis, je peux dire que j'ai appris à vivre l'ostéopathie, et c'est fondamental ! » Il m'arrive donc fréquemment, aujourd'hui dans mon enseignement (essentiellement des techniques sur les fascias, techniques tissulaires et des techniques crâniennes ostéopathiques) de faire vivre aux étudiants cette expérience partagée. Cela conduit souvent à un changement radical de l'étudiant qui, à partir de cet instant, bascule dans une nouvelle réalité.

    « Des connaissances plutôt que de l'information1. », ainsi enseigne souvent le fondateur de l'ostéopathie crânienne, William Garner Sutherland, affirmant l'importance de l'expérience vécue pour favoriser l'apprentissage - connaître (co-naitre I). Il s'agit alors d'atteindre l'intérieur d'un savoir afin d'en être touché et de l'intégrer comme une réalité nouvelle.
    La question qui se pose dans cette étude est donc : Comment l'expérience partagée entre un enseignant-ostéopathe et un étudiant peut-elle initier ce dernier aux perceptions subtiles de l'ostéopathie ? Notre travail, se basera sur des témoignages d'étudiants et d'enseignants2, et sur une analyse philosophique et anthropologique pour comprendre ce qui se joue à cet instant. Pour cela nous avons contacté environ une centaine d'étudiant et de jeunes ostéopathes par E-mail. Une vingtaine a répondu à un questionnaire. Une cinquantaine d'enseignants a été contacté, une dizaine a répondu. Partant de ces réponses, plusieurs questions se posent : Est-ce un rite qui se met en place ? Est-ce une initiation ? Est- ce indispensable comme outil pédagogique pour faire accéder à ces sensations subtiles ?

    Nous distinguerons trois parties : la première présentera le contexte de notre étude, la seconde abordera le sujet sous l'angle de l'expérience partagée et la troisième sous celui des rites et de l'initiation. Afin de clarifier notre pensée, chaque partie débutera par une réflexion philosophique ou anthropologique pour éclaircir notre questionnement, puis, nous tenterons de rapprocher cela de notre sujet ostéopathique.

    Ainsi, nous tenterons de comprendre pourquoi Anne, étudiante en cinquième année, au mois de mai 2016, lors du dernier cours de crânien exprime avec force et conviction « Mais Monsieur, à partir du moment où vous avez posé vos mains sur les miennes, j'ai compris ce que c'était le crânien et je pense que cette pratique à deux devrait être obligatoire pour tous les étudiants ! »


    1 Sutherland WG, Enseignement dans la science de l'ostéopathie, Fort Worth, Texas, USA, Sutherland Cranial Teachings Foundation, 2002. Chap. 1, Pages 3-11.
    2 Afin de conserver l'anonymat des personnes interrogées, les noms et prénoms ont été modifiés.

    Table des matières

    Dédicaces et Remerciements
    Introduction

    Première partie : Présentation du contexte et définition de la perception subtile ostéopathique Le contexte: description de l'expérience de terrain

    La perception subtile

    Deuxième partie: est-ce une expérience partagée ?

    Définition du concept d'expérience :
    Une expérience peut-elle être partagée ?
    De la difficulté de transmettre par l'expérience
    L'expérience partagée de la perception subtile ostéopathique
    Est-ce une expérience partagée ?
    Partageable ou pas ?
    Qu'est ce qui est transmis ?

    Troisième partie : est-ce une expérience initiation ?

    Définition générale des termes, initiation, rite et rituel
    Qu'est-ce qu'une expérience initiatique ?
    Qu'est-ce qu'un rite et un rituel ?
    Est-ce une expérience initiatique ostéopathique ?
    Est-ce un rite, un rituel ?
    Est-ce une initiation ?

    Conclusion
    Bibliographie

  • Le Temps thérapeutique en ostéopathie

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    Bruno Ducoux

    DU Philosophie de l'ostéopathie - Sept 2019
    Université Catholique de Lyon
    Centre Interdisciplinaire d'Éthique

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    Tuteur de mémoire : Fabien Revol

    Introduction

    Devant les effets thérapeutiques de l’ostéopathie décrits par les patients eux-mêmes, il est légitime voire nécessaire, pour être crédible, de s’interroger sérieusement sur ce qui se passe quand l’ostéopathe est à l’œuvre avec le patient pour répondre à son désir de mieux- être. Nous définirons ce que, pour nous, ce temps dit thérapeutique englobe précisément tout en étudiant les enjeux qui s’y rattachent du côté des deux acteurs en présence que sont le patient et le thérapeute.

    De l’expérience de praticien ostéopathe que je suis, émergent des évidences palpatoires qu’il est difficile de nommer. Ainsi en est-il des sensations que « ça » bouge sous nos mains et à distance dans le corps du patient, qu’une « pause » ou un « calme » précède la quiétude et la fin d’un traitement. Ce calme perçu n’est pas somnolence palpatoire mais dynamique perceptuelle, dévoilement d’une réalité sensorielle subjective permettant au patient d’aller mieux. De nombreuses intuitions et questions montent alors des mains vers l’esprit, défiant le cadre spatial et temporel habituel. Le chercheur de vérité en vient alors à se questionner sur la réalité de ces perceptions, « sur la nature de ces changements et de leurs propriétés qui ne sont pas seulement un cadre1. »

    Depuis sa fondation en 1874, des pionniers ont éclairé le chemin de la recherche en ostéopathie. Le temps de la recherche participe « symboliquement » au temps thérapeutique car il permet au thérapeute de se renouveler, de progresser, d’enrichir ses concepts et de modifier sa façon d’aborder le patient. Il est donc proposé ici de continuer à élargir, élever et approfondir ce domaine dans un champ prometteur de la philosophie. En s’appuyant sur les réflexions issues de l’expérience, l’hypothèse d’une phénoménologie de la temporalité prend corps, révélant la fécondité de la relation thérapeutique. Dans cette interface semble s’ajouter à la direction linéaire du temps, un moment calme et favorable du présent ainsi qu’une ouverture vers une profondeur insondable. Aux trois dimensions de l’espace euclidien, « l’espace temporel » dévoile lui aussi trois directions, de ce sens mystérieux qu’est le temps. Elles apparaissent à la conscience du thérapeute à travers ses actes, au service de la Vie.

    Au cours de ce travail, la recherche dans le champ de l’ostéopathie est, dans une première partie, inscrite dans le temps chronologique. Il est ensuite proposé d’élargir et d’approfondir ce champ en le rapportant au « seul » moment présent, à la découverte d’une dimension spirituelle. En deuxième partie, une démarche réflexive sur une expérience est décrite dans ce qu’elle a permis de générer en termes de distanciation, de détachement et de dynamique commune entre le thérapeute et le patient. Dans une troisième partie, une démarche phénoménologique est proposée, pour voir comment ces expériences apparaissent à notre conscience dans toutes les dimensions du temps. Ainsi, se dévoile, dans la quiétude dynamique, une forme de créativité qui peut se révéler chemin de libération. 

    1. REVOL F., d’après audio de cours sur le thème du temps à La Tourette, Juin 2018 dans le cadre du DU de Philosophie de l’ostéopathie.


    Table des matières

    Mots clés

    Abstract

    Introduction

    I  La recherche en Ostéopathie

    I-1 Historique : le temps de la recherche
    I-2 Un élargissement du champ de la recherche en ostéopathie
    I-3 Une tradition ésotérique expérientielle participe au dévoilement du spirituel

    II Une expérience de praticien chercheur

    II-1 Narratif d’une consultation
    II-2 La démarche réflexive sur l’expérience

    III Une phénoménologie de la temporalité d’une consultation

    III-1 Une voie vers la recherche en temporalité
    III-2 La temporalité d’une consultation d’ostéopathie III-3 Créativité, fécondité de l’ostéopathie

    Conclusion

    Bibliographie

    Annexes

    Annexe 1, Narratif : 5 Mai 1978 : Une nouvelle naissance
    Annexe 2, Narratif : 3 Février 2010
    Annexe 3, Narratif : la consultation de Noémie

  • Perception ostéopathique : Proposition d’une approche rationnelle

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    Jean Fiore
    ATSA Lyon
    décembre 2018
    Tuteur de mémoire : Cyril Clouzeau

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    L’ostéopathie est aujourd’hui une actrice incontournable de la proposition de soins en Europe et en France tout particulièrement. Il n’en a pas toujours été ainsi et il n’y a pas besoin de regarder très loin en arrière pour se rappeler les moments où elle n’était pas légalement établie.

    Si des millions de patients consultent chaque année en ostéopathie c’est du fait des résultats concrets de cette thérapeutique. Ce succès est le fruit d’un apprentissage rigoureux donnant accès à une grande variété d’outils de traitement et à une capacité d’écoute en adéquation avec la prétention holistique de l’ostéopathie. L’ostéopathie a vu le jour au Etats-Unis sous l’impulsion de Andrew Taylor Still (1828-1917).

    L’interrelation entre la structure et la fonction, l’homéostasie, l’importance de la bonne circulation des fluides, l’unité de l’être humain sont les principes fondamentaux de la pratique mise en forme dans les ouvrages de Still comme principes mécaniques et philosophique de l’ostéopathie. A son époque Still a fondé l’ostéopathie pour proposer une offre de soins rationnelle en opposition à la médecine héroïque1qui était le système de pensée médical le plus répandu.

    On parle de médecine héroïque non pas pour désigner le courage des médecins qui la pratiquaient, mais du fait des souffrances qu’ils infligeaient aux patients. Aujourd’hui on assiste au phénomène inverse et le regard critique porté par la médecine sur l’ostéopathie est généralement orienté sur la question de l’efficacité et des risques que la pratique ostéopathique ferait courir aux patients. Il est compréhensible que l’engouement pour cette thérapie manuelle ait pressé l’État à définir un cadre légal pour la pratique et l’enseignement. Malgré cette reconnaissance au plus haut niveau, notre profession est encore en proie à une grande défiance de la part de la médecine allopathique. Il est donc impératif de proposer une évaluation rationnelle2 de notre pratique, de nos outils thérapeutiques et de notre principal outil d’investigation : la perception ostéopathique.

    Il est intéressant de remarquer la grande diversité qui existe entre les ostéopathes, tant sur le mode perceptif que sur l’affinité pour certaines pratiques. Pour l’étudiant il est évident que chaque professeur a sa propre approche de la discipline ostéopathique. Cette approche est certes composée d’un ensemble de connaissances communes et basée sur les mêmes principes fondamentaux, mais force est de reconnaître que sa mise en application prend des nuances différentes pour chacun de nos formateurs. Comment pourrait-il en être autrement dès lors que notre principal outil d’investigation est éminemment subjectif ?

    Dans Ostéopathie Recherche et pratique, Still écrit qu’ « il existe de nombreux moyens pour ajuster les os. Et lorsqu’un praticien n’utilise pas la même méthode qu’un autre, cela ne démontre aucunement de l’ignorance criminelle de la part de l’un ou de l’autre, mais simplement deux moyens différents pour obtenir le même résultat Chaque praticien devrait utiliser son jugement personnel et choisir sa propre méthode pour ajuster tous les os du corps. Le problème n’est pas d’imiter ce que font avec succès quelques praticiens, mais de ramener un os de l’anormal au normal. »3 Ce constat de la subjectivité perceptive est le point de départ de l’étonnement qui a présidé à la rédaction du présent mémoire. La question qui s’est imposée est la suivante :

    Est-il possible de comprendre la perception ostéopathique de manière rationnelle ?

    En effet bien que la perception soit une évidence pour celui qui perçoit (et encore cela est loin d’être toujours évident comme nous le verrons), il n’est pas possible de justifier un discours scientifique uniquement sur la base de l’expérience personnelle. « J’en suis sûr parce que je le sens » n’est pas une argumentation recevable rationnellement. Pour justifier sa place en tant que discipline médicale scientifique, l’ostéopathie doit fonder une épistémologie 4 qui lui soit propre et cela passe entre autre par l’étude de ses pratiques.

    La recherche dont cet écrit rend compte s’est articulée en trois temps, j’ai choisi de respecter cette chronologie dans la rédaction.

    Le premier temps a été consacré à la recherche d’une définition de la perception ostéopathique. Le prérequis est de définir la perception en général avant de vouloir rentrer dans la recherche de la spécificité de la perception en ostéopathie. La question de cette perception a été posée à des confrères et recueillie sous forme de témoignage pour voir si dans cette subjectivité il existe une singularité qui pourrait être représentative de notre profession. C’est ensuite les publications qui ont été interrogées. Au vu du caractère complexe du phénomène perceptif ostéopathique il est apparu utile de faire un point sur le rapport entre logique et complexité.

    En effet il existe deux comportements logiques face à la complexité pour en rendre compte de manière scientifique. Le premier est le réductionnisme5 qui est le comportement le plus répandu aujourd’hui dans le monde scientifique. Le second est la pensée complexe6 telle que décrite par Edgar Morin7.

    La seconde partie s’intéresse à l’analyse de la perception ostéopathique par une approche réductionniste. Il s’agit là de tenter de comprendre la perception ostéopathique en l’étudiant de manière segmentée, du déclenchement du capteur sensoriel jusqu’à son analyse en passant par son cheminement et son intégration.

    Au vu de l’incapacité de cette approche réductionniste à rendre compte de l’originalité et de la singularité de la perception en ostéopathie nous proposerons en troisième partie une approche complexe (aussi appelée systémique). L’émergence permet d’apporter de la rationalité dans les tentatives de mieux comprendre les phénomènes complexes. L’énoncé d’Aristote « Le tout est plus que la somme des parties8 9 » résume le phénomène qu’est l’émergence.


    1 J.M. Gueullette, L’ostéopathie une autre médecine, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2012, p. 102.

    2 Est rationnel ce qui se rapporte à la raison : Le propos scientifique ou ralionnel est celui qui peut être contrôlé et compris par n’importe qui : cela ne signifie pas autre chose que le fondement d’une affirmation dans une argumentation à laquelle le lecteur a accès et dont il peut vérifier les sources et la logique.

    3 A.T. Still, Ostéopathie, recherche et pratique. Vannes. SULLY. 2001. § 91.

    4 Larousse, épistémologie : Discipline qui prend la connaissance scientifique pour objet. https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/%C3%A9pist%C3%A9mologie/30520, Consulté le 30/06/2018.

    5 Larousse. Réductionnisme : Tendance qui consiste à réduire les phénomènes complexes à leurs composants plus simples et à considérer ces derniers comme plus fondamentaux que les phénomènes observés. http:/Avw\Y.larousse.fr/dictionnaircs/francais/r%C3%A9ductionnisme/67363. consulté le 20/06/2018.

    6 Larousse, Complexité : Caractère de ce qui est complexe, qui comporte des éléments divers qu’il est difficile de démêler. https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/complexit%C3%A9/17700, consulté le 20/06/2018.

    7 Edgar Nahoum, dit Edgar Morin, né le 8 juillet 1921 à Paris, est un sociologue et philosophe français.

    8 Le tout est autre chose que l’assemblage des parties », Aristote, La Métaphysique, t.II, (Coll. Bibliothèque des textes philosophiques), Jean Tricot (éd.), Paris, Vrin, 1986, p.474.

    9 A T. Still atstilI-pointing.jpg https://www.atsu.edu/museum-of-osteopathic-medicine/museum-at-stiIl. consulté le 20/06/2018.


    Table des matières

    Introduction

    1. Décrire la perception ostéopathique

    1.1. Généralités sur la perception commune

    1.2. Qu’est-ce qui différencie la perception commune de la perception ostéopathique ?

    1.2.1. Question à des confrères

    1.2.2. Dans la littérature

    1.2.2.1. La perception ostéopathique est plus qu’une palpation

    1.2.2.2. Perception ostéopathique et apprentissage

    1.2.2.3. Réceptivité et perception ostéopathique

    1.2.3. Présence et attention en ostéopathie : le modèle de Pierre Tricot

    1.2.3.1. La présence

    1.2.3.2. L’attention

    1.3. La perception ostéopathique : un phénomène complexe.

    1.3.1. Qu’est-ce qu’un phénomène complexe ?

    1.3.2. En quoi la perception ostéopathique est un phénomène complexe ?

    1.3.3. Quels comportements logiques adopter face à la complexité ?

    2. Approche réductionniste de la perception ostéopathique, une tentative d’objectivation

    2.1. Qu’est-ce que le réductionnisme ?

    2.2. Approche analytique de la somesthésie

    2.2.1. A propos de la somesthésie

    2.2.1.1. Anatomie, description, généralités

    2.2.1.2. Fonctions

    2.2.1.3. Histologie

    2.2.2. Physiologie de la perception

    2.2.2.1. Les capteurs sensoriels de la somesthésie

    2.2.2.2. Neurophysiologie de la perception

    2.2.3. Psychophysiologie sensitive et cognitive : mémoire et sensibilité

    2.2.3.1. Les différents types de mémoire

    2.2.4. Perception consciente et inconsciente

    2.2.4.1. L’hippocampe, lieu d’interaction entre souvenirs conscients et inconscients

    2.2.4.2. Influence de la mémoire subliminale sur la prise de décision à long terme

    2.2.5. L’hypothèse des marqueurs somatiques

    2.2.5.1. Présentation de la théorie

    2.2.5.2. Comment la subjectivité alimente la perception :

    2.2.5.3. Et les émotions ?

    2.3. Conclusion partielle.

    3. Approche systémique de la perception ostéopathique : le concept d’émergence

    3.1. Définir le concept d’émergence

    3.2. La perception ostéopathique, un phénomène émergent

    3.3. Originalité du concept d’émergence

    Conclusion

  • TMS du pianiste et Ostéopathie

    B Pointe 00

    Boris Pointe

    TMS du pianiste et Ostéopathie
    Prise en charge ostéopathique de pianistes atteints de TMS en école de musique

    Institut d’Ostéopathie de Rennes - juin 2017
    Tuteur Pédagogique : Mehdi ZRAÏBI, ostéopathe DO
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    Boris Pointe a présenté son mémoire de fin d'études ostéopathiques en juin 2017. Il est décédé accidentellement en juillet. J'ai désiré présenter ce texte sur le site de l'approche tissulaire, non seulement pour honorer sa mémoire et diffuser son travail afin le rendre disponible à qui désire le consulter, mais également parce que les troubles musculo-squelettiques constituent un problème très fréquent chez les musiciens, notamment à cause de positions et postures souvent aphysiologiques et de surmenage ostéo-musculo-articulaire et que l'ostéopathie propose souvent à ces difficultés des solutions performantes.

    B Pointe 01    « Un mouvement voulu, pensé, senti, ne s’avère possible que grâce à une bonne posture. Le geste précis, le toucher, c’est-à-dire la sonorité et la musicalité, sont le reflet de l’expression émotionnelle du musicien, qu’il ne peut obtenir que dans les meilleures conditions physiques »
    A. HAUSER-MOTTIER, Physiothérapeute et diplômée en médecine des arts.
  • Une place pour l'amour dans la prise en charge ostéopathique

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    Alizée THOMAS

    Diplôme Universitaire Philosophie de l'ostéopathie
    UCLY - Centre interdisciplinaire d'éthique Lyon

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    Tuteur de mémoire : Philippe GAGNON

    Introduction

    J'ai rencontré l’Ostéopathie en 2009 sous les mains de Madame Nathalie C. Non seulement je fus impressionnée par le fait que l’on puisse traiter rien que par les mains une douleur récalcitrante de plusieurs années, mais une aura d’empathie et de bienveillance flottait dans la salle, presque palpable. Je compris que Madame C. ne soignait pas que mes genoux, c’est à moi qu’elle s’intéressait.

    Quelques années plus tard « Ostéopathe D.O. », je me suis installée dans la foulée, heureuse de devenir à mon tour une Madame C. Après quelques mois d’exercice, quelque chose n’allait pas ; je reproduisais ce qu’on m’avait enseigné, les patients semblaient satisfaits pour la plupart, mais je me sentais davantage mécanicienne qu’ostéopathe à la manière de ce que j’avais découvert. Je pressentais ma pratique comme incomplète. Que manquait-il alors ?

    Me souvenant de la dualité corps/esprit évoquée en classes préparatoires, je me tournai d’abord vers une sphère très peu étudiée à l’école d’ostéopathie : les émotions et leurs relations avec le soma. Cette fois c’est sûr, je connaîtrais tout du patient. Et bien... non ! Certes j’en connaissais davantage (bien qu’encore trop peu soyons francs), mais cela ne créait toujours pas cette atmosphère si spéciale du cabinet de Madame C.

    En m’inscrivant au D U. de Philosophie de l’Ostéopathie je compris enfin ce qu’il me manquait : c’est l’implication personnelle - tant technique que relationnelle du praticien, qui donne du sens à la consultation. Une sorte de don de soi à l’autre. En fait, le travail venait vraiment de commencer, et je sais aujourd’hui qu’il ne trouvera jamais de fin.

    Voici ce qui m’a conduite à produire le travail qui va suivre : comment définir cette vertu relationnelle si spéciale, et quels sont les paramètres de sa mise en œuvre ?
    La relation de soin offre le terrain d’exercice de valeurs spécifiques, et les ressources bibliographiques regorgent de listes de qualités thérapeutiques. Les détailler ici se serait avéré aussi fastidieux qu’improductif, mais il me paraissait de plus en plus évident que toutes ces qualités convergeaient vers un socle commun. C’est alors que l’amour a commencé à poindre à l’horizon de mon projet de mémoire.

    Andrew Taylor Still, fondateur de l’Ostéopathie à la fin du XIXe siècle, a laissé très peu de traces quant aux concepts fondateurs et à sa pratique, laissant l’opportunité à ses successeurs de trouver une dimension personnelle à leur travail. L’Ostéopathie n’est pas une recette, elle s’élabore et s’étoffe petit à petit. C’est bien dans ce contexte que s’insère la possibilité d’une réflexion sur l’amour dans le soin.

    « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement » avançait Nicolas Boileau, « et les mots pour le dire viennent aisément ». Or, bien aisé celui qui énonce clairement ce qu’est l’amour, et bien éclairé celui qui en possède une conception évidente.

    Les grecs proposaient quatre sortes d’amour :

    - Storgê : amour d’un parent qui prend soin de son enfant.
    - Philia : amitié réciproque vouée à des objectifs communs et des plaisirs partagés.
    - Eros : désir, souvent limité dans sa définition à la passion chamelle et fusionnelle.
    - Agapè : amour universel, donné sans condition et sans attendre de retour.

    L’on pourrait se laisser aller à rapprocher l’amour dans le soin de la seule Agapè, mais commençons en introduction de ce travail, à envisager cet amour thérapeutique que nous n’avons pas encore défini, comme prenant son origine dans le point de rencontre de ces quatre dispositions.

    Agapè pose les bases d’une éthique du cœur, qui dispose le praticien à s’oublier lui-même pour se mettre au service de l’autre.

    Philia pour sa part établit une relation de réciprocité entre le patient et le praticien, œuvrant de concert à la résolution du trouble, dans un cadre empathique.

    Le désir incarné par Eros ne se limite pas en réalité à sa seule dimension charnelle ; dans un contexte de soin, il peut être désir gradé, intellectuel, générant une puissance créatrice qui anime le praticien d’une volonté motrice.

    Enfin Storgê perd son caractère filial, mais nourrit l’amour thérapeutique de la responsabilité du praticien à l’égard du patient.

    Tout au long de ce travail, il va alors s’agir de réfléchir à cet amour-don de soi du thérapeute, agissant avec son patient comme des partenaires dans un esprit empathique et compassionnel. C’est un amour empreint de liberté pourvu que le praticien mette à l’épreuve sa responsabilité, et se dirigeant vers un patient considéré toujours comme une fin, jamais comme un moyen. Ainsi se demandera-t-on : Comment, en introduisant l’amour dans le soin ostéopathique, peut-on parvenir à élucider le mystère de la souffrance d’un patient ?


    Table des matières 

    INTRODUCTION
    CHAPITRE 1 - L'amour comme vertu morale universelle

    A. L’amour assume : l’implication de Dieu
    B. L’amour sans le nommer : empathie, compassion et sollicitude

    CHAPITRE 2 - Application conceptuelle de l'amour dans le soin ostéopathique

    A.Une quête de justesse basée sur l'expérience, l'observation et le libre arbitre
    B. Le concept de globalité

    CHAPITRE 3 - Application pratique de l'amour dans le soin ostéopathique

    A. De la présence a la rencontr
    B. Le toucher

    Conclusion
    Bibliographie

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